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Malgré les pièges qui parsemaient le texte, les quelques deux cents participants, réunis mardi 23 juillet après-midi dans le parc de Tremblay-en-France, étaient heureux. « Mes difficultés ? L’orthographe et la conjugaison », reconnaît Jenna Souilah, 21 ans, étudiante en master "Education et formation" qui, dans la catégorie adultes, affichait un glorieux 0 faute ! « Je n’ai pas eu de mal aux accords ni aux mots compliqués. »

« La langue de l’âme »

Epouse de l’apiculteur de Tremblay, Gisèle Wannepain s’était déjà essayé à la dictée géante mais c’était en visioconférence en raison du confinement, conséquence du Covid. Cette fois, elle était ravie d’avoir pu s’y adonner en présentiel, même si elle reconnaît qu’il est plus difficile de se concentrer lorsqu’on est en plein air. « Ce type d’exercice a toujours été un jeu pour moi », dit-elle. « Depuis que je suis enfant, j’aime faire des dictées. »

De longues tables recouvertes de nappes blanches immaculées et autour de celles-ci : les participants (parmi eux, Virginie De Carvalho, première adjointe, Philippe Bruscolini, délégué à la Jeunesse et à l’Enseignement) - jeunes, moins jeunes, personnes âgées – de la dictée géante organisée au cœur du Parc et proposée par Rachid Santaki, « le Pivot des banlieues », romancier, journaliste, scénariste et entrepreneur. En 2013, il imagina le concept d’une dictée itinérante qui parcourrait toute la France, une manière de dictée des cités dont le but était de démocratiser les plus beaux textes de la littérature française. Succès quasi immédiat. En 2015, l’une d’elles réunit jusqu’à mille personnes. Enorme !

Grand, élancé, polo bleu de Prusse, l’ancien boxeur, né en 1973, à Saint-Ouen d’une mère française, caissière de profession et d’un père marocain, manutentionnaire, maîtrise son sujet. Et c’est un euphémisme de dire qu’il a effectué un sans-faute, le mardi 23 juillet dernier, lors de la deuxième édition de la dictée géante de Tremblay. Le vainqueur de l’an passé, Ayaan Pirkash, élève de CM 2, participait à cette dictée non notée.

Rachid Santaki était épaulée par Marisol Garrido, professeur d’espagnol depuis 25 ans en Seine-Saint-Denis, car la fameuse dictée comportait une phrase dans la langue de Don Quichotte : « « La pluma es la lengua del alma », ce qui signifie « La plume est la langue de l’âme. »

Il assure que cette deuxième édition tremblaysienne était d’un bon cru. « Il y avait beaucoup de jeunes des centres de loisirs. Pour eux, ça devait être déroutant : faire une dictée quand on profite de ses vacances scolaires, il faut tout de même le faire ! » On est en droit de doublement les applaudir.

photo dictée

Encadré dictée

Texte de la dictée

« Un jeune Tremblaysien fit découvrir à un athlète cubain un exercice typiquement français : la dictée. Malgré ses ecchymoses et sa combativité dues à la boxe, le cubain craignait la mauvaise note, ce qui le laissait sens dessus dessous. Bien que le Tremblaysien lui serinât que l’erreur permettait d’apprendre, il lui demanda d’écrire les mots : cirrhose, coccyx et dilemme. A chaque terme, le cubain était pris d’une tachycardie. Les deux individus se sont parlé, se sont amusés et se sont laissé emporter à ce petit jeu. Le Cubain lui demanda alors d’écrire : rumba, mojito ou encore embargo. Dans un cadre vert, avec des rhododendrons, des fuchsias rouge rosé et des dahlias orange, le jeune Cubain se sentit inspiré. Après ce partage d’écriture, il demanda au Tremblaysien de traduire une phrase espagnole : « La pluma es la lengua del alma » qui signifiait la plume est la langue de l’âme ».