Animateur à Tremblay, l’exigence au service des enfants
Le mercredi et pendant les vacances, matin, midi et soir, 260 animateurs accompagnent les enfants dans les 26 accueils périscolaires et les 13 accueils de loisirs de la ville.
Sommaire
Ils mettent en œuvre le Projet éducatif de territoire qui complète les apprentissages scolaires par des temps d’éducation populaire autour du vivre-ensemble, de la lutte contre le harcèlement, du respect de l’environnement, d’activités culturelles et sportives.
Cette offre municipale s’inscrit dans une démarche éducative exigeante, avec une charte de l’animateur et des équipes formées, un recrutement encadré et un pôle inclusion permettant d’accueillir des enfants à besoins particuliers. Tremblay magazine a suivi les équipes.
Reportage réalisé par Pierre Grivot et Aurélie Lamercerie • Photos : Amélie Laurin • Avril 2026

Un cadre strict pour le recrutement
Travailler comme animateur, c’est d’abord répondre à une procédure de recrutement encadrée. Surtout à l’approche de la période estivale, le service Enfance reçoit 4 à 5 CV par jour pour des postes à pourvoir ou des besoins ponctuels. Selon les profils, des candidats sont reçus en entretien par le directeur d’un accueil de loisirs sans hébergement (ALSH). « Après constitution d’un dossier administratif auprès des Ressources humaines, le service lancera la vérification du casier judiciaire B2. Puis, une fois recruté, l’animateur fera aussi l’objet d’une déclaration au Service départemental à la jeunesse, à l’engagement et aux sports », précise-t-on au service Enfance.

Préparer, échanger, se former
À la suite de leur recrutement, les animateurs sont affectés dans les structures municipales en tant que permanent ou volant en fonction des besoins et de leur disponibilité. Avant d’accueillir les enfants, ils se réunissent lors de séances de travail, comme ici à l’accueil de loisirs Malraux. « On s’était déjà vus pour préparer les activités et aujourd’hui on réalise la décoration, dont une fresque sur notre thème : koko lanta », précise Sandra Cailloux, directrice de l’ALSH mixte, entourée de 7 animateurs. En parallèle, ces professionnels suivent des formations sur « la pédagogie de l’enfance, la réglementation, la santé… ou avec des partenaires comme la médiathèque », souligne la responsable.

À Casanova, les émotions ont leur place
Être animateur, c’est être à l’écoute et recueillir la parole. À l’accueil de loisirs Casanova, les enfants ne rangent pas seulement leurs affaires : ils déposent aussi leurs ressentis. Sur un baromètre des émotions, chacun place son étiquette et fait le bilan avec les animateurs. « Chaque jour, on demande aux enfants comment ils ont aimé leur journée », explique Carole Darley, à l’initiative du projet. Ici, le bien-être se travaille toute l’année, avec des outils adaptés (pictogrammes, discussions, yoga du rire…) parfois même en langue des signes. « C’est pour qu’ils se sentent bien, qu’ils expriment et qu’ils évacuent », résume la directrice de l’ALSH.

Plouf... et confiance !
Au centre aquatique Auguste-Delaune, des ballons colorés rebondissent sur l’eau. Rires, éclaboussures, petits défis : la séance piscine des enfants des accueils de loisirs Jean-Jaurès et Marie-Curie ressemble à un jeu… mais elle est aussi un vrai temps éducatif. Dans le bassin, Maxime Mesnard, animateur, veille à tout. « Avant même d’entrer, on prépare les enfants dans le car, les vestiaires, pour qu’ils sachent qu’on vient passer un bon moment en sécurité. » Règles, confiance, dialogue : ici, le plaisir et la vigilance avancent ensemble. Avec les plus petits, brassards et mots rassurants permettent de se lancer… et de grandir.

Recycler, planter... et puis pousser
Dans le jardin de l’accueil de loisirs Robert-Desnos, la musique résonne entre les bacs de terreau, les ateliers créatifs et de recyclage. Les animatrices transforment le développement durable en aventure joyeuse : atelier tri sélectif, confection de pots de fleurs en bouteilles, créations d’oeuvres artistiques avec des éléments naturels… Ici, bouchons et boîtes à oeufs deviennent fleurs, lapins ou chats. Plus loin, le jeu « Je sens et je devine » éveille les odeurs du jardin. « Quand on touche le compost, cela apaise », ajoute l’animatrice Fatima Belkacemi. Une activité simple, qui fait germer bien plus que des plantes.

À Langevin, l'inclusion prend place
Dans la grande salle du 2e étage de l’accueil élémentaire Langevin, les enfants à besoins particuliers sont accueillis dans une ambiance joyeuse. À côté, la salle sensorielle Snoezelen offre un espace apaisant, pensé pour des temps de retour au calme et de stimulation douce. Salima Kahouadji, animatrice et AESH sur le temps scolaire, et ses collègues accompagnent ces enfants avec bienveillance. « Nous accueillons des enfants autistes, avec des troubles du comportement ou de l’attention. Chaque situation demande adaptation et formation », explique-t-elle. « On essaie de leur donner des consignes simples, claires et de proposer des activités adaptées à ces enfants, selon leurs capacités et selon le rythme de chacun », souligne Salima.

Une pause méridienne accompagnée
« Est-ce que tu peux manger un peu de légumes ? », suggère une animatrice à une enfant. À l’heure du déjeuner, l’équipe d’animation accompagne les bambins à table, ainsi que dans la cour. Dans le restaurant scolaire Langevin/Rosenberg, ils ont l’oeil sur les plateaux et le comportement des enfants. « Ils se mettent au bout de la ligne de self pour vérifier que tous les aliments soient présents. Nous incitons les enfants à goûter de tout. Ils remplissent des verres d’eau, coupent certains aliments », précise Valène Firmin, directrice de l’animation. Dans la cour, des ateliers (jardinage, tournoi de football) sont aussi prévus, en plus du temps libre, pour bien se défouler.

Nature, écran et graines d'avenir à Tati
Un mercredi après-midi, le cinéma Jacques- Tati bourdonne d’énergie : plus de 70 enfants des accueils Brossolette, Varlin et Malraux découvrent Mes voisins sauvages, un documentaire sur la nature en ville. Après la projection, place aux échanges, suivis d’un goûter et de deux ateliers dans le hall (avec un animateur de la LPO et du service des Jardins solidaires) : biodiversité, boîte à insectes, semis et bombes à graines, en lien direct avec le film. « Ce documentaire apporte des connaissances aux enfants et à nous aussi », confie Selwa Chennoufi, animatrice. Keallya, une jeune participante retient l’essentiel : « Il ne faut jamais tuer les abeilles ».

Un métier, une vocation
Dans une des salles d’activités de l’élémentaire Cotton, place à la couleur et aux espaces thématiques. Quelle fierté pour Fatima Aarba, animatrice, d’accueillir ici les enfants. Et des petits, elle en a connu à Tremblay. « Je travaille dans l’animation depuis 32 ans, c’est ma 2e année à Cotton. D’ailleurs, j’ai été scolarisée ici quand j’étais petite », confie cette Tremblaysienne, toujours autant passionnée par son travail. Elle apprécie surtout « le lien avec les enfants, de les accompagner à grandir. Je partage aussi avec eux le plaisir de lire, de chanter, de jardiner… Devenir un repère pour eux, c’est un des éléments moteur de ce métier. »
