Le 24 mars 1982, Georges Prudhomme, le maire de Tremblay – alors Tremblay-lès-Gonesse - coupait aux côtés du président de la République, François Mitterrand et de Gaston Deferre, ministre de l'intérieur et de la décentralisation, le ruban du terminal 2A de l’aéroport international Charles-de-Gaulle. Dix ans plus tôt, le 8 mars 1974, Pierre Messmer, Premier ministre de Georges Pompidou, avait inauguré en fanfare le terminal 1, élément central en forme de marguerite en béton surnommé « le camembert ».
L’ouvrage labellisé aujourd’hui « Patrimoine du XXe siècle » et situé au nord de Tremblay, est l’œuvre de l’architecte Paul Andreu. C’est la pierre angulaire du nouvel équipement phare du transport aérien. La réalisation de l’aéroport répondait à la saturation d’Orly, ouvert en 1961. L’idée d’une seconde plateforme aéroportuaire s’était imposée pour faire face à l’explosion du trafic aérien à réaction dans le monde.
La construction du terminal avait été décidée dès 1964 dans le cadre du projet « Paris-nord », sur 700 hectares de terres agricoles à exproprier dans le secteur de Roissy, l’un des six sites envisagés en Île-de-France. À l’époque où la question écologique n’était pas une priorité, des élus locaux avaient manifesté leurs craintes, surtout vis-à-vis des nuisances qu’engendrerait ce chantier pharaonique à 22 kilomètres de Paris. Ils ne s’étaient pas trompés, notamment ceux de Roissy, commune martyrisée à partir de 1967 et durant plusieurs années par le ballet incessant des engins de chantier.
Cependant, cette implantation marqua le début d’une réussite industrielle sans précédent. Roissy-Charles-de-Gaulle ouvrit au public le 13 mars 1974, et le premier avion à poser ses roues sur la piste fut un Boeing 747 de la TWA en provenance de New-York. Le 1er novembre 1974, Air France y transféra deux tiers de ses vols. L’anecdote retiendra que ce jour-là, Lino Ventura et Mohammed Ali embarquèrent dans un vol de la compagnie nationale pour les Etats-Unis.