Sommaire

Sa voix, ses mots touchent en plein cœur, à tous les coups.

Qu’est-ce qui s’est passé pour vous depuis Habitant de nulle part, originaire de partout paru en 2021, un ouvrage de poésie que vous aviez pu présenter au TLA ?

Il s’est passé un deuxième recueil, De la plume et de l’épée… Cela a donc été une longue période d’écriture durant laquelle il s’agissait aussi de faire le plein d’émotions, de spectacles, de rencontres, de conversations jusqu’à déborder de mots et ensuite je me suis enfermé avec les mots : j’ai beaucoup écrit, une centaine de poèmes pour n’en garder qu’une soixantaine.

Entre 2021 et février 2023, date à laquelle est sorti ce deuxième recueil, avez-vous voyagé ?

Très peu. J’ai voyagé en Belgique et j’ai joué One Poet Show que je continue d’ailleurs à faire évoluer. J’ai également animé beaucoup d’ateliers autour de ce spectacle, ça a été la majeure partie de mon travail avec l’écriture du recueil durant toute cette période.

Qu’est-ce qui a inspiré De la plume et de l’épée ?

Ces textes sont inspirés par ma vie, par mon parcours. Je fais cela depuis l’école primaire, accumuler des émotions, les écrire et les partager, depuis le CE2 où j’ai eu cette chance d’avoir un instituteur avec qui j’échange encore : lorsque je me suis demandé quel serait le titre, il a fait partie des personnes qui m’ont conseillé. Depuis tout petit j’accumule des émotions et des mots car j’ai cette chance d’être un enfant de l’oralité avec une mémoire très développée, on parle là d’hypermnésie.

Du coup, j’écris beaucoup dans ma tête avant d’écrire sur le papier. C’est un héritage que je dois à mes parents qui ne savaient pas lire et écrire, tout était dans leur mémoire très impressionnante, même s’ils n’étaient pas griots. J’ai également eu la chance de rencontrer des griots peuls [Souleymane Diamanka, né à Dakar en 1974, a grandi en français et au son de la langue peule grâce à des cassettes enregistrées par son père. N.D.L.R].

Votre livre nous dit quelque chose de vous, mais aussi de l’état du monde…

Il pose la question de savoir qui va gagner entre la plume et l’épée. Je me la pose depuis longtemps : mon instituteur soutient que la poésie ne sauvera pas le monde, ce à quoi je réponds que la poésie a déjà sauvé le monde, sinon nous ne serions pas là pour en parler. C’est ce que défend le livre, le fait que les mots ont un poids et si on continue à remplir des théâtre et des salles de spectacles avec des mots qui font vibrer le cœur, il y a vraiment un espoir.

Quel regard portez-vous sur la séquence plutôt tourmentée que traverse le monde, la France, actuellement ?

J’essaie de porter un regard assez serein en observant l’humanité pas seulement d’une année à l’autre, mais plutôt de générations en générations. L’on m’a appris que chaque beau changement était précédé d’une crise. Cela fonctionne aussi bien l’échelle personnelle qu’à l’échelle d’un peuple et même à celle de l’humanité. Au-dessus des nuages, il ne pleut jamais et quelque chose me pousse à croire qu’il y a moyen de prendre de la hauteur et de se dire que ce qu’on est en train de vivre, ça reste quelque chose de beau.

Plus de renseignements sur le spectacle du 27 janvier