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Avec de la confiance et du temps, certaines trajectoires de vie peuvent devenir plus porteuses. Depuis octobre 2022, la Boutique club emploi (BCE) accompagne ainsi des jeunes de Tremblay, Sevran et Villepinte dans le cadre du contrat d'engagement jeune. Ce CEJ offre, pendant six mois renouvelables, un accompagnement personnalisé, et, sous conditions de ressources, une allocation mensuelle pouvant aller jusqu'à 500 euros.

Le point commun des bénéficiaires ? Ils sont en situation de rupture, c'est-à-dire qu'ils ne sont ni en emploi ni en formation. Pour les inclure dans le dispositif, la BCE travaille en partenariat avec la Mission locale intercommunale et l'association Vivre ensemble, une structure basée à Sarcelles spécialisée dans les problématiques de logement.

Durant deux ans, les équipes de la Boutique club emploi vont aller vers ces jeunes âgés de 16 à 25 ans (29 ans pour les personnes en situation de handicap). La plupart sont inscrits à Pôle emploi ou à la Mission locale, mais ils sont sans suivi depuis au moins cinq mois. Les autres jeunes intéressés peuvent entrer dans le dispositif même s'ils ne sont pas enregistrés auprès de ces organismes, à condition de n'être ni en emploi ni en formation.

43 jeunes déjà approchés

Selon les cas (rupture familiale, décrochage scolaire, absence de permis de conduire...), ils pourront ainsi être orientés vers des parcours de la BCE (tels que Femmes d'action, Conduite vers l'emploi ou encore Parcours de dynamisation, de mobilisation et d'accès à l'emploi), mais aussi vers des dispositifs encadrés par la Mission locale ou une autre structure (Pôle municipal de santé, association Vivre ensemble, etc.).

L'objectif est de proposer un CEJ à 200 jeunes de Tremblay et des alentours. 43 ont d'ores et déjà été approchés. C'est donc sur le terrain, dans le quartier relevant de la politique de la ville, mais aussi en mobilisant son réseau, que la BCE tente de repérer les bénéficiaires potentiels.

Arnold Makwo, conseiller en insertion professionnelle et référent pour le contrat d'engagement jeune, va à leur rencontre dans le centre-ville de Tremblay : " Je m'adapte aux personnes que je vais rencontrer, je le fais au feeling pour trouver le bon moment et voir comment les aborder ", raconte l'intéressé, également conseiller municipal délégué à la Cohésion sociale. " J'explique d'abord qui je suis, pourquoi je suis là. Une discussion peut alors s'engager autour de leur situation actuelle. Les jeunes peuvent accepter dans la foulée ou quelques mois après. " Cet accompagnement se veut en tout cas souple pour atteindre un objectif durable.

Encadré 3 questions

Trois questions à Fadia Azzaoui, directrice de la Boutique Club Emploi (BCE)

Comment ce contrat d'engagement jeune et cette pratique hors les murs s'inscrivent-ils dans les missions de la Boutique club emploi ?
C'était déjà une pratique mise en place de façon ponctuelle, plutôt sur la période estivale ; aujourd'hui, avec ce dispositif, elle est formalisée. Nous avons développé cette dynamique d'" aller vers " avec l'arrivée, l'été dernier, d'une médiatrice emploi. Repérer ces publics éloignés est un défi, car cela demande d'adapter nos pratiques. Les jeunes restent en tout cas une cible majeure pour nous. Il faut travailler avec les acteurs (scolaires, associatifs, sportifs...) pour n'écarter aucune situation.

En quoi consistent ces actions ?
Il s'agit de rendre plus visibles les acteurs de l'insertion professionnelle en développant des actions hors les murs, au coeur des quartiers. C'est, pour la BCE et ses partenaires, l'occasion de repérer des publics et d'amorcer un accompagnement. Ces actions sont menées durant l'année et renforcées l'été, par exemple au parc, lors d'animations en pied d'immeuble ou encore d'événements municipaux.

Quels sont les freins à lever ?
Quand on parle d'accompagnement à certaines personnes, cela peut être rédhibitoire. Elles disent par exemple qu'elles n'ont pas le temps de se mobiliser et qu'elles veulent trouver un emploi sans accompagnement ni formation. Certains habitants sont parfois dans un système de débrouille. D'autres ont des a priori sur les dispositifs d'aide. Il est nécessaire de leur faire comprendre qu'à l'instant présent, ils ne sont pas toujours en mesure de mener à bien leur projet (par manque de qualifications, de savoir-être ou encore de confiance en eux) et qu'un accompagnement via des ateliers et des entretiens peut être bénéfique.