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« Avant l’idée de programmer une soirée Nouvelle-Calédonie, ce qui nous a tout de suite interpellés, c’est de se dire qu’on avait en France un vrai chanteur de reggae qui allait faire parler de lui », indique Guillaume Garcia, le directeur de la scène Jean-Roger-Caussimon à L’Odéon. Il s’agit bien sûr de Marcus Gad. Il vient de Nouvelle-Calédonie et devrait faire le bonheur de tous ceux qui aiment le reggae originel, ce côté sacré et rebelle d’une musique qui élève.

Sans surprise, le jeune chanteur s’est vite retrouvé à l’affiche des plus grands festivals de reggae, en ouverture des plus gros artistes jamaïcains. Avec son full band, baptisé Marcus Gad & Tribe (guitare, basse, batterie, claviers), il déboule à Tremblay juste après la résidence à L’Odéon d’une icône jamaïcaine du reggae roots, Max Romeo, qui aura ainsi préparé à Tremblay son Olympia et sa tournée d’adieu.

Un combat spirituel

Le reggae très lent et méditatif de Marcus Gad n’a rien à lui envier. « Ma musique se nourrit de mes expériences quotidiennes, confie le jeune artiste. Il y a un sujet assez récurrent qui est le lien à la nature. J’ai grandi en Nouvelle-Calédonie, plutôt près de la terre, et j’aime bien mettre mes mains dedans. L’autre partie, c’est l’aspect spirituel : je me considère comme une sorte de chercheur. Tous mes voyages, mes lectures, mes rencontres, nourrissent ma musique. »

Un premier album, Chanting, sorti en 2017, donne le la du parcours de Marcus Gad & Tribe, qui les a amenés à jouer un peu partout en Europe, à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie. « Cette musique a dépassé les frontières et les océans, puisqu’elle arrive maintenant aux États-Unis ou au Brésil », constate l’artiste. Il y a toutefois eu d’autres albums entre-temps, comme Brave New World en 2021, dont le titre fait référence au Meilleur des mondes, le roman d’Aldous Huxley. Ready for Battle, sorti en février, est le second opus signé Marcus Gad & Tribe.

« Il y a comme un ton annonciateur dans cet album qui a été écrit avant la pandémie. Le titre l’annonce : on est prêts pour le combat, un combat qui relève du spirituel pour conserver nos droits fondamentaux. C’est un appel à prendre position pour des valeurs qui sont remises en question par notre société. Nous voulons mettre en valeur le retour des jeunes à la terre, ce désir de subvenir à ses besoins. On voit que de par le monde, il y a toute une jeunesse qui se réapproprie ces valeurs-là », analyse le chanteur.

Jason Mist en trio

Et Jason Mist ? Encore un jeune artiste calédonien qu’on a pu découvrir en solo lors des Terrasses d’été de L’Odéon. « On l’a programmé en première partie de Marcus, non parce qu’il vient lui aussi de Nouvelle-Calédonie mais en raison de la spiritualité qu’ils partagent, ce côté nouvelle génération proche de la nature, avec des êtres humains qui essaient de se trouver davantage du côté de l’être que de l’avoir », avance Guillaume Garcia.

Difficile à classer, Jason Mist se présentera en trio (guitare slide, basse, batterie) pour un set rock, folk, soul empreint des rythmes de son île natale.

Marcus Gad + Jason Mist, samedi 1er avril à L’Odéon. Places de 12 à 16 euros.