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Entre elles, elles s’appellent « les drôles de dames ». Ça les fait rire. Leur complicité saute en tout cas aux yeux. Ces trois bénévoles ont contribué à relancer l’activité du Secours populaire français (SPF) de Tremblay, qui avait cessé de fonctionner pendant deux ans à cause du Covid et de son lot de restrictions.

« Oui, c’est vrai, nous avons redonné vie à cette antenne », se félicite Kahina Iftene, une Tremblaysienne de 46 ans impliquée depuis 2007 au sein du SPF et qui préside désormais le comité de Tremblay. « OEuvrer dans l’humain » est ce qui anime depuis toujours celle qui exerce à Villepinte en tant qu’accompagnante d’élèves en situation de handicap.

Juste à côté d’elle se tient Florence Lecoeur, 54 ans, habitante de Villeparisis, qui travaille à l’Afpa, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes. Aujourd'hui trésorière de l'antenne du SPF, elle est une ancienne de la Croix-Rouge : « Mais j’ai fini par arrêter, car les horaires étaient très tardifs, du fait des nombreuses maraudes. Comme j’étais donatrice du Secours populaire, j’ai décidé d’y devenir bénévole. Ça me paraît naturel, car je me dis que tomber dans la précarité, cela peut un jour m’arriver à moi aussi. »

Quant à Nelly Lechardeur, 56 ans, secrétaire du comité et chargée de clientèle à la poste de Mitry-Mory, elle assure qu’aider les autres est inscrit dans ses gènes. Cette habitante de Vaujours a auparavant fait partie des Restos du cœur et d’une association venant en aide aux sans-abri. En fait – à l’instar des trois mousquetaires –, dans cette fine équipe, elles sont quatre, puisqu’elles ont été rejointes par Morgane Wattiez, la benjamine de 23 ans, cadre de gestion à l’Afpa et aujourd’hui trésorière adjointe. La jeune femme a elle-même connu des temps difficiles. « Ma mère avait peu de moyens et nous étions à l’époque aidées par la Croix-Rouge, confie-t-elle. Je considère que c’est désormais à moi de donner du temps à ceux qui en ont besoin. »

« Libres d'organiser ce que nous voulons »

Après l'interruption des activités, il a fallu repartir quasiment de zéro. « Nous nous sommes rendues à la fédération du Secours populaire de Seine-Saint- Denis et ça a tout de suite matché. Ils tenaient à ce que le comité de Tremblay redémarre et ils nous en ont confié les clés », raconte Kahina, déjà au fait du fonctionnement de l’association et qui connaissait les familles bénéficiaires. Pendant quelque temps, les bénévoles n’avaient pas d’endroit pour se réunir, mais depuis décembre dernier, elles ont, grâce à la mairie, un local flambant neuf !

Toutes les quatre entrevoient 2023 comme une « année fertile ». Maintenant que le noyau dur est constitué, renforcé par d’autres bénévoles, les activités et les projets peuvent fleurir. Pour le moment, le comité de Tremblay a déjà mis en place une distribution alimentaire et de vêtements ; il propose également des loisirs et des sorties culturelles. « Nous sommes libres d’organiser ce que nous voulons. L’an passé, nous avions établi un partenariat avec la piscine, qui mettait gratuitement des créneaux horaires à disposition de nos bénéficiaires. Le cinéma Jacques-Tati nous a également fourni des places », détaille Florence.

« À Noël, nous avons distribué des colis festifs, et récemment, nous avons pu fournir des ordinateurs à un prix symbolique », ajoute Nelly, qui s’occupe plus particulièrement de l’accompagnement pour les démarches administratives. Cette année, le comité compte en outre proposer du soutien scolaire.

Chaleur humaine et bonne humeur

Il y a constamment du pain sur la planche pour les bénévoles. « Le nombre de bénéficiaires (150 personnes actuellement) augmente sans cesse ! Et ça ne va pas aller en s’améliorant », redoute Kahina. « Nous recevons principalement des femmes, souvent hébergées dans des hôtels sociaux et qui élèvent leurs enfants seules. S'y ajoutent des personnes sans-papiers et quelques retraités. Parfois, on doit composer avec la barrière de la langue », poursuit la bénévole en insistant sur l’importance de l’accueil.

Principaux ingrédients ? La chaleur humaine et la bonne humeur. « Beaucoup de celles et ceux qui poussent la porte de notre local sont soulagés de parler de leurs difficultés et repartent avec le sourire ; ça fait chaud au cœur », confie encore la présidente. « Il m’est arrivé de pleurer en face de situations humainement terribles, glisse de son côté la jeune Morgane. Mais cela me donne envie de continuer. Ce que nous faisons est parfois dur, mais ce n’est en aucun cas décourageant.»

Avec ses collègues, la jeune femme a accompagné des sorties à la plage : « La plupart des enfants n’avaient jamais vu la mer ! Pour eux, c’était Noël à ce moment-là… Ça faisait tellement plaisir de voir leurs yeux briller. Leur sourire nous motive et je dis à tout le monde qu’avec un peu de son temps, on peut remplir le cœur de beaucoup de gens. » Kahina, elle, a un rêve : « Qu’il y ait moins de personnes défavorisées dans notre société. Mais tant qu’il y en aura, nous nous occuperons d’elles. Car c'est notre devise : on ne lâche rien. »

Tout est donc réuni pour que le comité local du SPF entame sa renaissance, pour continuer à œuvrer en faveur des populations en difficulté.