Outre la préparation, depuis décembre, d’un grand défilé prévu en juin 2024, les deux artistes associés au TLA présenteront Cocœur, leur dernière création, le 4 février.
Encore un an et demi d'aventure pour concevoir le défilé de la jeunesse, une grande parade en 8 segments (voir interview ci-dessous) dirigée d'un point de vue chorégraphique par la compagnie La Grive de Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre.
Dans cette perspective, il s'agissait, le 14 décembre dernier, de lancer la fabrication du défilé de l'Olympiade culturelle des Jeux de Paris 2024 sous l'angle de la confection des costumes et accessoires des participants, le tout avec Yolène Guais, la costumière de La Grive. " C'est un projet qu'on envisage de manière collaborative et inclusive, avec de multiples temps d'échanges. Il y a les 150 jeunes tremblaysiens qui défileront et danseront au coeur du cortège, mais aussi toutes les énergies dont on aura besoin, notamment sur la question des costumes ", explique-t-on au théâtre Louis-Aragon.
" Besoin de beaucoup de monde "
Marie, Paz, Martine, Françoise et Marie-Thérèse, toutes retraitées actives, sont donc venues voir de quelle manière elles pourraient s'investir ici. " Je ne suis pas du tout couture mais je suis prête à participer ", indique l'une d'elles. Marie, de son côté, précise être venue " par curiosité ". Tout ce petit monde a goûté la présentation du défilé par Bastien Lefèvre.
" Le défilé, c'est la finalité, mais le chemin nous importe beaucoup ", pose le danseur et chorégraphe. " On a besoin de beaucoup de monde pour prendre du plaisir tous ensemble. " Et d'expliquer que le cortège tremblaysien sera constitué de trois parties, formant une ligne droite d'1,8 kilomètre. En comptant tous les partenaires, le défilé complet comprendra 1 200 personnes. Le premier groupe tremblaysien s'inspirera du Poids des médailles, une performance signée des deux chorégraphes.
Yolène Guais a imaginé un costume paré de rubans et de médailles qui deviennent de plus en plus lourdes. Cette tenue devrait être dupliquée pour 25 participants au cortège. Le second tableau est essentiellement composé de danseurs - au moins une centaine de jeunes ! -, tandis que le troisième groupe a trait au supporterisme versant ultra, et s'inspire de Ferveur, présenté par La Grive en décembre 2021.
Olympiade culturelle d'un côté, nouvelle création de l'autre : Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre présenteront Cocoeur au TLA, le 4 février prochain. " Pourquoi le coeur, qui est un muscle lui aussi, ne se contente-t-il pas de faire le travail d'une cuisse ? " : encore une question d'anatomie traitée avec humour et brio, comme dans Abdomen, autre pièce du duo présentée l'an dernier.
Encadré interview
Trois questions à Emmanuelle Jouan, directrice du TLA
En quoi consiste l'Olympiade culturelle ?
C'est une manifestation qui accompagne les Jeux olympiques et fait dialoguer sports et culture. C'est devenu quelque chose de très important depuis les Jeux de Londres en 2012. " Comment travailler l'art et le sport ? " : c'est la question qui s'est imposée à nous lorsque nous avons su que Paris était retenue comme ville organisatrice. Nous nous sommes réunis dans un collectif informel, La Beauté du geste, composé de 8 lieux de création de Seine-Saint-Denis*, pour porter un projet ensemble et être force de proposition à l'occasion de Paris 2024. Il en est ressorti l'envie de créer un grand défilé comprenant 8 segments, qui valorise la jeunesse et la diversité de notre territoire.
Qu'est-ce que ça représente d'avoir été labellisé Paris 2024 ?
Ça nous a pris deux ans ! Deux ans à approcher des institutions qui financent l'Olympiade culturelle. La première d'entre elles étant le comité d'organisation des Jeux de Paris 2024, puis le ministère de la Culture, le Département, la Région... Nous avons déjà reçu le conventionnement et l'argent. Cela nous met la pression car les regards sont tournés vers nous et ils sont très pointilleux. Du côté du TLA, le label Paris 2024 permet de financer une résidence longue - celle de Bastien Lefèvre et Clémentine Maubon - pour mener à bien un super projet avec les habitants.
Quels seront les temps forts ?
Le dimanche 21 mai prochain, nous présenterons tout d'abord une maquette du défilé dans les rues de Tremblay, avec l'idée d'expérimenter dans l'espace public tout ce qui a trait aux costumes, à la musique, aux chorégraphies. Sachant que pour le grand défilé de juin 2024, le segment tremblaysien sera composé de 150 personnes !
* La Beauté du geste regroupe 3 centres dramatiques nationaux (le Théâtre public de Montreuil, La Commune d'Aubervilliers et le théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis), 3 scènes conventionnées (le théâtre Louis-Aragon de Tremblay, l'Espace 1789 de Saint-Ouen, Houdremont Centre culturel / la Maison des jonglages de La Courneuve), la MC93 à Bobigny, et le Centre national de la danse de Pantin.