Des puzzles, des peluches, des poupées... : autant d'articles qu'on n'a pas l'habitude de trouver dans l'enceinte d'un lycée professionnel comme Hélène-Boucher. À moins d'une bonne raison, et c'est le cas. Plus on dénombrera ici de jouets, plus les lycéens se réjouiront en effet en songeant à leur destinataire : l'orphelinat de Tiznit, au Maroc.
Du 12 au 16 décembre, puis du 3 au 6 janvier, 2 classes de première ont mené des collectes de jouets, que les élèves achemineront ensuite sur place. Les jeunes de la filière Logistique sont à l'initiative de cette action humanitaire. S'y sont greffées leurs camarades de première Accompagnement, soins et services à la personne (ASSP), spécialisée dans la petite enfance. Ensemble, ils ont sonné la mobilisation des coeurs et des esprits pour réussir ce pari de solidarité internationale.
À chaque récré, des lycéens ont tenu le point de collecte aménagé dans le hall de l'établissement. Dans les couloirs et les escaliers, ils ont scotché des appels aux dons et des QR codes expliquant leur démarche. Les volontaires ont choisi eux-mêmes la nature du projet et la destination. Ça aurait pu être l'Ukraine ou la Palestine, mais le Maroc offre à la fois proximité et commodité d'entrée, sans oublier que c'est un pays francophone.
Tous les élèves désiraient rééditer, en allant un pas plus loin, le succès de la collecte réalisée en 2021 par une classe de terminale Logistique au profit des Restos du coeur. " Nos lycéens gèrent tout de A à Z, de la collecte des jouets jusqu'à leur expédition, en passant par la communication, le stockage, la préparation et le conditionnement - comme ils le feraient dans une entreprise de transport ", explique Kamel Zeroual, leur professeur de logistique. De quoi travailler l'autonomie et la prise de responsabilités.
Les élèves apprennent en marchant, ou plutôt en collectant. " Nous avons distribué à chaque lycéen de l'établissement un flyer que nous avons créé pour donner plus de lisibilité à nos actions ", précise Nassim, du pool communication. De quoi gagner le maximum de monde à leur cause.
Un chef-d'oeuvre pour le bac
Mais ils n'en restent pas là. " Nous avons aussi monté une petite épicerie dans le foyer. Nous y vendons, à des tout petits prix, des crêpes, des jus de fruits, des biscuits, des bonbons... Cet argent aidera au financement du voyage pour les 2 classes qui se rendront à l'orphelinat à l'automne ", reprend Nassim.
Avion, nourriture, hébergement : tout a déjà été budgété. D'autres actions type tournoi de foot, kermesse ou tombola sont envisagées. Le Carrefour Market, avenue Gilbert-Berger, les autorise aussi à vendre des gâteaux devant le magasin. Les collectes devraient s'étendre aux fournitures scolaires, aux produits d'hygiène et aux vêtements pour bébé, comme l'ont suggéré les lycéennes de la filière ASSP.
On doit à la classe et à leur professeure, Pauline Fathallah, la création d'une junior association qui réunit des fonds auprès de partenaires extérieurs (Ville de Tremblay, département, mécènes...). Car l'heure est à populariser et à faire grandir les initiatives en dehors d'Hélène-Boucher. " Au-delà de la dimension humanitaire, le projet entre dans la réalisation du "chef-d'oeuvre", une épreuve qui leur rapportera des points au bac ", rappelle la professeure. Et puis une telle expérience, consignée plus tard sur un CV, en imposera.