Un jour les livres d’histoire reviendront avec force détails sur l’ampleur de l’impact de la crise sanitaire sur notre société. Y sera-t-il également fait mention des conséquences sur la pratique sportive ? Comme tant d’autres associations le TAC pétanque a pris en pleine face la pandémie, balloté entre confinements et reprises partielles de ses activités. « Nous étions tombés de cinquante à une quinzaine d’adhérents car beaucoup d’entre eux craignaient de venir, d’autres ont arrêté définitivement mais, heureusement, nous n’avons eu aucun décès à déplorer », explique Thierry Susset, le président. Difficile d’effacer le traumatisme des mémoires.
Cependant l’éclaircie se confirme. « Nos effectifs ont commencé à remonter, et nous avons maintenant une trentaine de licenciés », précise-t-il. Mais l’objectif est de retrouver voire de dépasser l’étiage précédent. « Et d’augmenter le nombre de tireurs, notre point faible dans les concours. » Ses couleurs retrouvées, les parties ont repris de plus belle sur le terrain en sable et gravier aménagé à l’arrière de la Maison des sports.
Ce mercredi, le temps est doux et venteux à l’aplomb du cognassier où les joueurs ont posé leurs sacs de boules. C’est parti durant six bonnes heures de jeu pour les plus acharnés. Trois après-midi par semaine c’est la même liturgie au TAC pétanque, créé il y a 27 ans sur un territoire pas spécialement addict au lancer de cochonnet. « On trouve surtout des joueurs de pétanque devant le Franprix de la place Boisadan et sur la place Jean-Jaurès, mais ils ne viennent pas au club. »
À tort. Ils intégreraient une joyeuse bande pour qui la pétanque ne se limite pas à lancer de la fonte. Ici, ce sport est appréhendé comme un art de vivre. « On vient ici jouer à son rythme, entretenir sa forme physique en douceur, passer un chouette moment au grand air, se rencontrer et prendre des nouvelles les uns des autres », témoigne Michel, qui a déjà quatre saisons derrière lui.
Chacun à son allure
Nathalie, (la secrétaire du club) et son mari avaient l’habitude de sortir les boules sur leurs lieux de vacances. L’année dernière, elle a pris sa licence. « Je reste une joueuse occasionnelle et, si je suis au club trois fois par semaine c’est surtout pour faire de l’administratif, mais j’y suis bien », assure-t-elle en souriant. Elle profite de la pièce aménagée en club house au sein de la Maison des sports.
Annie a quant à elle rejoint le cercle il y a quatre ans, à l’heure de la retraite. « Je cherchais une activité amicale et qui me maintienne en forme », raconte cette ancienne manipulatrice radio à l’hôpital Ballanger. « J’ai fait la connaissance du club au Forum des sports et le courant est tout de suite passé. » Patrick l’a rejointe et occupe aujourd’hui le poste de vice-président. Le couple vient par périodes, et jamais à reculons.
Alors, un tapis de pétales de roses le TAC Pétanque ? Il peut y avoir des moments de tirage lors d’une partie, des chicaneries autour d’un point contesté. Mais l’enjeu prend rarement le pas sur le jeu. Le président insiste sur la dimension loisir et sur la convivialité. « On vient chez nous pour se faire plaisir et progresser, chacun à son allure. » Ce qui n’interdit pas le club d’inscrire cinq équipes au championnat départemental vétérans des clubs. Thierry Susset rappelle que son sport est une excellente école de patience, d’adresse et de fair-play.
Mine de rien, on y apprend aussi l’endurance, à force de jouer plusieurs heures d’affilée par un froid de canard ou sous un soleil de plomb. Quant à la pluie, les pratiquants ont la réputation d’être imperméables, comme les pêcheurs à la ligne. Et puis, le fil aimanté ne fait pas tout… À raison de 700 grammes par boule, calculez le volume de métal levé et lancé à la fin de la journée. Vous avez deux heures !