Le maire de Tremblay interpelle la présidente de la région Île-de-France sur la future offre de transport, qu’il estime insuffisante dans la commune.
Le transporteur Transdev Nord Seine-Saint-Denis a été retenu pour remplacer Keolis et exploiter, dès le 1er janvier et pour cinq ans, le réseau de bus de Paris Terres d’Envol. Une nouvelle offre de desserte sera effective à partir du 17 juillet prochain. Ce changement s’inscrit dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités promulguée en 2019 conformément à une directive européenne. Suite à cette loi, Île-de-France Mobilités (l'ex-Stif, autorité organisatrice des transports dans la région) a lancé la procédure de mise en concurrence pour les réseaux de bus de la grande couronne.
Après la présentation, en septembre, de l’offre de transport proposée par le nouvel exploitant, le maire de Tremblay, François Asensi, a adressé en octobre une lettre à la présidente d'Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse (lire le courrier). Il y exprime ses préoccupations quant aux évolutions du réseau, insistant sur le fait que « malgré les divers échanges entre nos services, certains besoins essentiels n’ont pas été suffisamment intégrés ». Il pointe également les risques d’une offre « sous-dimensionnée et donc inadaptée aux réalités vécues quotidiennement par les Tremblaysiens ».
Baisse de fréquence
La Ville demande des précisions et des changements sur plusieurs points. Tout d’abord, sur la fréquence du T’Bus, qui, selon la municipalité tremblaysienne, se trouverait dégradée : elle passerait, aux heures de pointe, de 10 minutes actuellement à 20 minutes à l'avenir ; et aux heures creuses, de 15-20 minutes aujourd'hui à une demi-heure par la suite.
Autre inquiétude : l’acheminement des élèves du collège René-Descartes et du lycée Hélène-Boucher. Une nouvelle ligne (la 642) devrait en effet reprendre une partie du parcours aujourd’hui assuré par la ligne 15 (direction Jaurès) sur le tronçon dit « Jaurès », qui va de la gare du Vert-Galant à la place Jean-Jaurès et dessert les deux établissements.
La ligne 15, qui affiche actuellement la fréquence la plus élevée, ne devrait plus parcourir ce tronçon. Le T’Bus continuerait quant à lui de desservir ces arrêts, mais uniquement aux heures de cours. Enfin, la nouvelle ligne 642 qui doit prendre le relais ne desservirait plus de grands bassins d’habitation tels que Sevran- Beaudottes, obligeant une partie des élèves à plusieurs changements.
Manque de chauffeurs
Dans son courrier, le maire s’oppose également fermement à la suppression programmée de la ligne de bus 40, créée il y a deux ans pour desservir rapidement les zones d’activités d’AeroliansParis, du Parc des expositions, de Paris Nord 2 et prochainement du Colisée. Ces changements s’inscrivent dans un contexte tendu. « Les conditions de travail et la pénibilité du métier de chauffeur de bus ont empiré avec l’ouverture à la concurrence », juge Mohamed Ghodbane, conseiller municipal délégué aux Transports et aux Mobilités à Tremblay.
« Comme partout ailleurs, nous manquons de personnels. Cette situation laisse présager une dégradation du service rendu à la population, au moment même où une augmentation tarifaire du passe Navigo est à l’étude. C’est pourquoi nous demandons à Valérie Pécresse d’augmenter la fréquence des bus afin d’offrir des conditions de transport dignes aux usagers. » La municipalité est pour l'heure en attente d’une réponse de la part de la Région.