Quelle bonne nouvelle ce retour du festival Africolor à Tremblay, n’est-ce pas Guillaume Garcia ? « C’est un festival d’importance, et nous, nous travaillons les musiques du monde, actuelles et traditionnelles : il était logique qu’on se retrouve », se réjouit le directeur de la scène Jean-Roger-Caussimon.
De fait, c’est bien Africolor qui a démarché L’Odéon au cours des Terrasses d’été. Façon de reprendre langue, façon de constater que la salle tremblaysienne avait des connexions importantes avec des artistes résidents sénégalais – son directeur a travaillé 10 ans avec le Sénégal ! Des musiciens qui appartiennent tant à l'ancienne qu'à la nouvelle école.
Fort de cet avantage, L’Odéon a pu proposer la constitution d’un groupe, et une création à partir des compositions du guitariste Magou Samb. « L’idée, c’est de faire se rencontrer Magou, artiste de musiques actuelles, et le jazzman et saxophoniste Maciek Lasserre, qui travaille depuis 20 ans sur les cuivres et percussions sénégalaises », précise Guillaume Garcia. À cet assemblage viennent se greffer des pointures du tama et du sabar (percussions traditionnelles du Sénégal) ainsi que deux rappeurs !
Afrobeat
Madjaal Sénégal Trans Groove, on demande à Magou Samb ce que ça signifie ? « Dans la tradition soufie, Madjaal, ça signifie beaucoup de choses. Dans notre affaire, c’est de la récupération et du métissage, avec une touche d’ascétisme : le fait de renoncer à l’abondance et de vivre sans penser au lendemain. »
Pour ce projet, Magou Samb aura travaillé avec les musiciens de la diaspora sénégalaise tant à Paris qu'à Bruxelles – c'est-à-dire les meilleurs. « Le bassiste Samba Laobé Ndiaye a tourné avec Papa Wemba, Youssou N’Dour, et dans une multitude de projets. C’est une référence, un monstre, rien de moins ! », ajoute Guillaume Garcia. « On s’est retrouvés à Paris et ce qui est magique, c’est que c’est la première fois qu’on va pouvoir jouer ensemble ! Et chacun va apporter sa patte », s’enthousiasme Magou Samb.
Citons Cheikh Bayefall à la batterie, Cheikh Ouza aux claviers, Mamané Thiam et Doudou Ndiaye Rose Junior aux percussions… Avec tout ce beau monde, cela fera huit musiciens sur scène. Ici, et pour faire la différence avec le groupe habituel de Magou Samb, les percussions seront à l’oeuvre : « J’apporte mon plat, mes idées, et chacun y mettra sa petite touche. On n’a pas parlé des deux rappeurs que j’invite pour Madjaal : Gaston Bandimic, qui est un des plus grands poètes du Sénégal, et Black G, qui interviendront sur quelques morceaux ! »
Vous vous demandez ce qu’on va entendre ici ? De l’Afrobeat (Magou est un fan des sons 70’s et 90’s) mâtiné de hip-hop. Les Anciens et les Modernes ? « C’est très difficile de parler de notre musique avant de l’avoir jouée », rigole Magou. On précise en effet que Madjaal se concoctera en une semaine de résidence à L’Odéon, juste avant le concert !
Madjaal Sénégal Trans Groove, vendredi 9 décembre, 20h30.