Sortir du silence face aux violences sexistes de toutes sortes, sortir du silence face aux tabous liés aux règles. Deux jours avant la journée du 25 novembre dédiée à l'élimination de la violence à l'égard des femmes, la Ville s’engage auprès des habitantes pour poursuivre le travail de libération de la parole, d'accès aux droits et de sensibilisation à la précarité menstruelle.
La mission municipale Droits des femmes, avec l’Office municipal pour la jeunesse de Tremblay (OMJT) et les maisons de quartier de la Ville, organise donc le 23 novembre de 14 heures à 18 heures, à la médiathèque Boris-Vian, une opération baptisée « Sang Tabou » pour aborder ce thème des menstruations et les représentations qui y sont associées (voir encadré).
« Il n'est plus acceptable qu'en 2022 des adolescentes se déscolarisent durant plusieurs jours car elles n'ont pas de quoi de se protéger », s’indigne Céline Fau, conseillère municipale déléguée à l’Égalité femmes-hommes et à la Lutte contre les violences familiales. « Cela affecte leur confiance en elles, mais aussi leur vie sociale. Parce qu'elles ne peuvent renouveler leurs protections aussi souvent qu'il le faudrait, des femmes de tous âges prennent par ailleurs des risques pour leur santé, comme un choc toxique ou des infections. »
Comité d'action sur le droit des femmes
Cette opération s'inscrit dans une dynamique lancée depuis plus de deux ans au sein de la collectivité. En 2020 déjà, la municipalité s'était associée avec l’association Dons solidaires, qui avait fourni plusieurs palettes de protections, remises à des habitantes durant la pandémie dans le cadre d’une veille solidaire.
En juin 2021, une journée de sensibilisation avait été organisée à l’espace Angela-Davis, avec des distributions de kits de protections, des débats et des conférences, notamment sur l’endométriose. La Ville a par ailleurs mis sur pied un comité d’action sur le droit des femmes, qui se réunit une fois par trimestre. Il favorise la collaboration entre les services municipaux, ainsi que des actions comme l'opération Sang tabou du 23 novembre.
Encadré sensibilisation
Une journée de sensibilisation
Le 23 novembre, la Ville organise une journée consacrée à la problématique de la précarité menstruelle. « Avec les associations Règles élémentaires et Marguerite & Cie, des ateliers sont prévus le 23 novembre pour contrer les tabous et les croyances à travers des supports ludiques (jeux, vidéos, quiz…) », annonce Samira Yalaoui, chargée de projet municipale aux Droits des femmes et à la lutte contre les discriminations. « Une exposition intitulée “Journal intime” retracera aussi l’histoire d’une femme, du premier jour de ses règles à sa ménopause. »
Encadré Précarité menstruelle
La précarité menstruelle, c’est quoi ?
En France, la précarité menstruelle désigne le manque d'argent ou d'informations qui empêche des centaines de milliers de femmes de se procurer tampons, serviettes hygiéniques et autres coupelles vaginales. L'impossibilité d'acheter des protections hygiéniques en nombre suffisant, concerne près de 2 millions de femmes en France, selon les chiffres de l’association Règles élémentaires.
Encadré Distributeurs
Distributeurs de protections hygiéniques en libre-service
Cette journée verra en outre l'inauguration des distributeurs de protections hygiéniques bioéthiques et gratuites dans plusieurs structures municipales. 6 appareils seront disponibles – à l’espace Louise-Michel, à l’espace Angela-Davis, à la médiathèque, à l’Escale, à la maison de quartier du Vieux-Pays et au CCAS. Proposant gratuitement des serviettes et des tampons, ces appareils se veulent aussi pédagogiques ; ils abordent par exemple le syndrome du choc toxique, une infection grave qui peut survenir si, toutes les quatre à six heures, on ne change pas de tampon ou on ne vide pas sa coupelle vaginale. Sur chacun de ces sites, une quinzaine d’agents référents seront chargés de veiller au bon fonctionnement et à l'accès au distributeur. Le 23 novembre, ils suivront aussi une formation sur l’hygiène menstruelle et les tabous liés aux règles.