Trois erreurs lexicales sont à proscrire lorsqu'on discute avec la compagnie des Archers du Vert Galant : parler de club au lieu de compagnie, de club house plutôt que de logis, et appeler " président " son capitaine... Depuis le Moyen Âge, le tir à l'arc a traversé les siècles en évoluant dans ses pratiques : la guerre, la chasse, les loisirs, le sport. Il est sorti des champs et des forêts pour perdurer grâce à des groupements de passionnés qui ont donné naissance aux compagnies. Celle de Tremblay a été fondée en 1977, un pied assumé dans le passé et un autre dans le présent.
C'est pourquoi la compagnie vit aussi au rythme d'un agenda sportif garni de compétitions régionales et nationales relevant de la Fédération française de tir à l'arc (FFTA). " Loisir ou compétition, tir traditionnel, tir olympique ou parcours : nous ne demandons à personne de choisir et tout le monde est le bienvenu ", assure Marie Pichonnet, la capitaine. La compagnie a élu domicile dans le quartier du Bois-Saint-Denis, dans un lieu dédié au tir à l'arc. Le top de ce qu'on peut trouver en Île-de- France, parole d'archers !
Et que dire de ses installations sportives homologuées ? Au pied d'une butte, une plaine de tir avec 30, 50 et 70 mètres de recul permet de s'exercer aux différentes disciplines de la FFTA. Et même au tir 3D sur des cibles animales en polystyrène plus vraies que nature.
Matériel prêté par la compagnie
Mais dans cette discipline sur laquelle, comme le tennis, le soleil ne se couche jamais, c'est le temps des (ré)inscriptions avant le début de la saison hivernale en salle, d'octobre à mars au gymnase Gabriel-Jacquart. Avec une soixantaine d'adhérents, la compagnie a repris le vent après l'épisode Covid. " Disposer d'une installation extérieure nous a permis de poursuivre nos activités et de maintenir un lien avec nos licenciés. Nous avons ainsi pu repartir d'un bon pied dès la saison dernière ", se réjouit Marie Pichonnet.
Cette bonne santé a convaincu la compagnie de postuler à l'organisation du championnat régional en salle, qui aura lieu en 2024. Dans la foulée, elle était toute disposée à accueillir les entraînements d'une délégation étrangère lors des Jeux de Paris 2024. Mais la place avait déjà été prise... Océane, 28 ans, sera encore un peu novice pour être sélectionnée. Cette employée de l'administration pénitentiaire vient juste de renouer avec le tir à l'arc, après y avoir tâté enfant.
" Je suis allée au Forum des sports, à la recherche d'une activité individuelle qui me vide la tête, dans une structure conviviale où je pourrais rencontrer des gens et ainsi m'intégrer plus rapidement en tant que nouvelle Tremblaysienne ", explique-t-elle. Comme tous les nouveaux venus, elle s'entraîne sur du matériel prêté par la compagnie. Pour l'heure, le loisir seul guide ses pas. Marylou, bientôt 11 ans, entame, elle, sa deuxième saison.
" J'arrive à bien me concentrer et je fais beaucoup de progrès ", assure-t-elle en visant une cible postée à 5 mètres. " C'est un excellent sport qui développe son écoute, lui apprend la patience et à respecter les consignes ", confirme Noël, son papa. Père et fille décochent leurs flèches ensemble le mercredi. Et pas avec des arcs en bois ! Si la compagnie entretient le lien avec le passé, c'est avec des équipements en matériaux composites.
Ils seront de sortie en mai 2023 à Mâcon, lors du grand regroupement de toutes les compagnies de l'Hexagone, qui disputeront en Bourgogne le championnat de France Beursault. Et ce, sous le regard de saint Sébastien, que les Archers du Vert-Galant honorent chaque mois de janvier. Le patron des archers peut être fier de sa compagnie !