Sommaire

Des idées, Dominique Beau­rain n’en manque jamais ! Cet ancien comptable, par la suite reconverti dans l’animation – il a notamment dirigé le centre de loisirs de la maternelle Marie-Curie –, officie depuis treize ans comme animateur au sein du Centre communal d’action sociale (CCAS). Il y a quatre ans, il décide de proposer une aventure journalis­tique à des personnes fréquentant les ateliers du CCAS. Il lance alors un appel à candidature et quatre retraitées postulent dans la foulée : Paz Garcia, ancienne orthésiste en podologie, Marie-Thérèse Landra­gin, ancienne infirmière en gériatrie, Marie-Lou Laplaige, ancienne agente administrative à la SNCF, et Jeanne Ruellan, ancienne adjointe adminis­trative à l’hôpital Robert-Ballanger.

Les quatre Trem­blaysiennes ne se connaissaient pas, mais une vraie complicité s’est depuis nouée entre elles. « Pour ma part, en accep­tant, je ne savais vraiment pas où je mettais les pieds ! Disons que je suis venue par curio­sité », se rappelle Marie-Thérèse, tandis que Marie-Lou, qui pendant ses années à la SNCF avait collaboré à La Vie du rail, confie pour sa part « être venue tout naturellement ». « L’idée de départ était assez simple : créer un petit journal destiné à mettre en valeur les nombreuses activités pro­posées par le CCAS, en racontant, à la manière d’un reportage, comment elles se passent », explique Domi­nique Beaurain.

Il fallait trouver un nom pour cette publication tri­mestrielle, disponible dans les pré­sentoirs installés dans les différents équipements municipaux. Ce sera Le Petit rapporteur, un clin d’oeil à une célèbre émission satirique, qui parle encore aujourd’hui aux aînés. Créé par Jacques Martin, ce programme fut diffusé entre 1975 et 1976 à la télévision.

Esprit d’équipe

Le premier numéro du journal paraît en septembre 2019. La petite équipe se réunit deux fois par mois, autour d’un café, pour proposer des sujets et établir un sommaire. Ici, tout le monde met la main à la pâte ! « Nous interviewons des seniors, pour savoir comment ils apprécient les activités qui leur sont proposées. Il faut alors instaurer un climat de confiance, sans jamais entrer dans l’intimité des gens. Et nous prenons des notes, comme des pros », souligne Paz. « C’est un atelier très convivial. Nous nous effor­çons d’être rigoureux sur l’orthographe, même s’il nous arrive de laisser passer des fautes ! Mais le plus important est de ne pas donner de fausses informations et de ne pas changer le sens de ce que l’on nous dit », appuie Dominique.

Le sexa­génaire insiste sur « l’esprit d’équipe » et n’est pas le dernier pour trouver le bon mot ou la blague qui détend l’at­mosphère. Le dernier numéro du Petit rapporteur, paru en juin, était un peu spécial. Titré « Histoires de vie », il recueillait la parole des anciens, comme celle de Lucien, 91 ans, qui se remémorait les premiers congés payés de 1936, ou encore ces trains qu’il voyait passer pendant la guerre, « avec ceux qui par­taient en Allemagne pour le STO* ». Georgette, 88 ans, a évoqué « l’Armis­tice, fêté avec un verre de Monbazillac » et affirmé que, « malgré la guerre, les hivers sans chauffage et les engelures », elle ne se souvient pas « avoir été mal­heureuse ».

Marie-Lou a grandement apprécié cet exercice : « Les gens se dévoilaient vraiment ! Nous avons fait attention à respecter une certaine diver­sité, en interviewant des hommes, des femmes, des couples ou des personnes seules. » La pandémie a également donné lieu à un numéro spécial. « Nous avions alors recueilli les senti­ments de personnes âgées pendant cette difficile période, c’était très émouvant », reconnaît Jeanne.

« Tout est toujours bien organisé avec Dominique ! Sans lui, rien ne serait possible », tient à souligner Marie- Thérèse. « Ah mais sans l’équipe, rien ne serait possible non plus ! » la coupe Dominique. Jeanne l’assure : « Dominique, on le suit les yeux fermés ! » La preuve, dernièrement, l’animateur du CCAS, avec ses collègues Karima et Arnaud, avait proposé une sortie surprise en car. Aucun des partici­pants ne connaissait la destination en montant le matin dans le car mais tout le monde a joué le jeu ! Ce fut une visite du château de Meung-sur- Loire suivie d’une virée en voiturette électrique aux abords du château de Chambord.

« On a fait confiance à Dominique, alors que normalement, en vieillissant, on est davantage inquiets », admet Marie-Lou. En cette rentrée, les quatre dames ont tout de même un pincement au coeur. La date du 6 septembre était cochée dans tous les agendas, surtout celui de Dominique. L’habitant des Yvelines prend en effet sa retraite. Et, il en est sûr, son équipe journalistique lui manquera grandement. « Il va nous manquer lui aussi. On espère en tout cas qu’un nouvel animateur reprendra le flambeau du Petit rapporteur ! », appelle de ses voeux la petite troupe.