Les 20 ans de L’Odéon, ça se fête, ça se partage ! Sur la place du Bicentenaire, c’est le conservatoire qui assurera les concerts de l’après-midi. Cependant que, côté Scène JRC, on aura planté le décor et déployé animations, foodtrucks+, transats, ludothèque et autres parasols tout en faisant gentiment défiler une batucada avant d’ouvrir la saison 2022-2023 avec les Zoufris Maracas (voir encadré).
Au-delà de l’anniversaire de la salle, son premier trimestre de programmation s’avance paré de belles couleurs musicales avec le concert des Asian Dub Fondation, le 8 octobre. Pourquoi donc ces Anglais-là ? « Puisqu’on a 20 ans, on a souhaité mettre en avant un groupe qui avait au moins 20 ans d’existence, justifie Guillaume Garcia, son directeur-programmateur. Ils ont fait bouger beaucoup de lignes au début des années 1990, puisqu’ils ont marié le son du sound-system avec le rap anglais de l’époque tout en y intégrant le rock et les musiques indo-pakistanaises traditionnelles. À l’époque, c’était vraiment d’avant-garde. Les programmer à Tremblay, c’est comme un clin d’oeil, une dédicace à une génération entière !»
De fait, avec sa formation en 1993, le groupe indo-pakistano-bengali de Londres a comme préfiguré l’urbanisation des musiques du monde et leur expression dans la modernité. À cette ligne musicale inédite, Asian Dub Fondation a intégré une dimension militante et engagée, anti-raciste, prônant tolérance, égalité et justice : en 1995, ils composent – a posteriori – une bande-son de La Haine, le film de Mathieu Kassovitz.
Renouveau du blues
En matière de blues, L’Odéon est reconnu comme une adresse de référence et programme ainsi la crème des artistes internationaux et les meilleurs bluesmen français en première partie : on ne déroge pas à la règle avec la soirée « New Blues Generation» (19 novembre), qui verra débouler chez nous le chanteur-harmoniciste Andrew Alli, et Stephen Hull, chanteur-guitariste.
Ces deux-là, qui incarnent parfaitement une relève en même temps qu’un renouveau du blues aux États-Unis, seront précédés par les Tourangeaux de The Jake Walkers, lesquels allient tradition et modernité avec une belle énergie… Plus classique, la traditionnelle soirée « Chicago Blues » (3 décembre) propose une affiche prompte à ravir les puristes avec Toronzo Cannon accompagné de deux jeunes talents issus de la scène de Chicago : la chanteuse-guitariste Ivy Ford et Joey J. Saye, guitariste et chanteur…
Ces 20 ans abondent en pépites musicales et s’accompagnent du retour à Tremblay du festival Africolor avec le Sénégal en porte-étendard ! « Africolor revient par le biais de Madjaal, une création initiée par L’Odéon, explique Guillaume Garcia. À Magou Samb, un artiste sénégalais qu’on accompagne depuis quelques années, on a voulu associer le jazzman Maciek Lasserre qui travaille depuis 20 ans sur les cuivres et percussions sénégalaises. C’est une rencontre entre la tradition et les modernes ! » Madjaal ? Magou, Maciek aux cuivres et les autres – la fine fleur de rappeurs dakarois en partie prenante – ça donnera huit musiciens en puissance ; une résidence d’une semaine en préalable du débarquement de tout ce beau monde sur scène, le vendredi 9 décembre.
Encadré soirée d'ouverture
Zoufris Maracas et Luiza en ouverture !
Pas de hasard dans la programmation des 20 ans de L’Odéon avec Zoufris Maracas pour ouvrir le bal. « Cela fera trois fois qu’ils viennent à Tremblay, et ils ont sorti leur troisième album en 2020 », indique Guillaume, le directeur de la salle. Concordance des temps mais pas seulement. « Au-delà, c’est un groupe qui représente bien ce que l’association aime donner à entendre, c’est-à-dire de la chanson française engagée et festive tout à la fois. » Bien vu, d’autant que les Zoufris ont cette particularité de proposer une partition colorée et estampillée musiques du monde qui renvoie à tout ce qu’on apprécie également ici : un voyage sonore entre les Balkans, l’Amérique latine, l’Andalousie, l’Afrique et la Caraïbe… Avec les textes malicieux et les sons entraînants des Sétois de Zoufris, le groove tropical et urbain de la chanteuse franco-brésilienne Luiza devrait fusionner en diable ! De fait, l’artiste émergeante, accompagnée de cinq musiciens, assurera une première partie avant de se mélanger avec les Zoufris pour une création éphémère et exclusive distillée dans le cadre du festival MAAD in 93. Tout un monde sur scène…
Zoufris Maracas + Luiza, 20 heures ; 5 € (entrée + 1 boisson)