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Inclassable et talentueux.

Bonjour Pat O'May, vos papiers s'il vous plaît !

Je suis d'origine irlandaise ; ça date de mon arrière-grand-père, qui a dû arriver en France vers 1870. Natif de Rouen, je réside en Bretagne... Ça pourrait résumer l'affaire ! Il doit rester un peu de l'ADN irlandais en moi. Il peut même se retrouver ici et là dans mon jeu de guitare. Le fait d'habiter en Bretagne, qui fait partie du même monde celtique, ce n'est peut-être pas un hasard. Même si globalement, je me définis comme universaliste.  

Le paradoxe, c'est que vous êtes une icône du rock alternatif, tout en passant sous les radars des médias grand public...

Je ne sais pas vraiment l'expliquer. Finalement, c'est peut-être que je fais une musique inclassable ! Même si j'ai commencé à jouer il y a longtemps, cela ne fait que trois ans que je me suis entouré d'une équipe pour gérer médiatiquement mon affaire, et c'est vrai qu'il se passe davantage de choses depuis. Après, ça ne m'a pas empêché de tourner quasiment dans le monde entier... Je me sens comme un enfant gâté, et cela depuis quasiment trente ans !  

Quel a été votre premier choc musical et esthétique ?

Deep Purple : c'est eux qui m'ont donné envie de jouer de la guitare... De leur côté, les Osmond Brothers (un groupe pop américain actif depuis les années 1960) m'ont sorti de Claude François et de Line Renaud !   Vous avez débuté au cours des années 1990.

Qu'est-ce qui vous a mis dans les starting-blocks d'une carrière de rock star alternative ?

Gamin, je ne pensais pas à faire carrière. Je rêvais juste de jouer, d'être guitariste - même pas chanteur. Je suis passé par divers groupes et puis j'ai eu envie de faire la musique que j'avais envie de faire. Cette liberté, je me la suis achetée en arrêtant les groupes et en me lançant dans mes projets solo.

 Votre matière initiale, c'est le hard rock et le metal, mais vous ne vous y êtes pas cantonné...

En fait, mon truc, c'est de dépasser les étiquettes et d'être en cohérence avec ma philosophie de vie : je pense qu'on est tous différents sur cette planète, et que c'est pour ça que ça va marcher ! Il ne faut pas avoir peur de ce qu'on ne connaît pas. Si bien que dans ma musique, j'ai eu envie d'aller chercher mes sources d'inspiration ailleurs. Dans le jazz-rock, chez Al Di Meola, les Pink Floyd, Jeff Beck... mais aussi au sein du groupe Ange, dont j'ai fait la première partie chez vous, à Tremblay, en 2019. Je suis également allé du côté d'Alan Stivell, bien sûr, et puis je me suis vachement nourri de musiques indiennes et asiatiques. D'où qu'elles viennent, ce sont des énergies que j'ai envie de conjuguer.

Quelques moments à retenir dans votre long et dense parcours ?

Il y a mon premier album solo en 1995, Bob Up, qui est une espèce de gros foutoir ! Mais comme je te le disais, ça a été une façon de m'offrir ma liberté, parce que je me sentais trop à l'étroit dans un groupe. Mon troisième album, Breizh-Amerika, a quant à lui été enregistré en Bretagne et mixé à New York par le guitariste new-yorkais Ron Thal. J'ai aussi participé aux opéras rock Anne de Bretagne et Excalibur. J'aime bien le côté choral. En fait, je suis fan de toutes les formes ! 

Vous êtes aussi compositeur de musiques de films et de reportages : Thalassa, c'est vous à de nombreuses reprises !

Pour Thalassa, la connexion, c'est qu'une partie des émissions se montaient en Bretagne. J'ai contribué à quasiment une centaine de numéros. Ce qui m'intéresse dans ce type de compositions, c'est la relation à la musique et à l'image, qui relève du domaine du voyage. L'idée, c'est de proposer un voyage. 

Justement, Welcome To A New World, votre dernier opus, est un concept-album qui tient aussi du parcours...

Oui : pour chaque morceau de cet album, j'ai voulu proposer un voyage. Ici, le périple dure plus d'une heure. Je me suis mis à l'écrire avant la première vague du Covid, avec l'inspiration d'une forme nouvelle, l'envie d'emmener les gens vers autre chose. Tous les morceaux ont été écrits sans douleur, dans l'ordre dans lequel ils se présentent au sein de l'album. Ce qui fait le lien ici, c'est un personnage, No Face, qui s'est enfermé dans ses peurs : au fil des morceaux, il va s'en libérer... Il y a une résonance incroyable avec ce que nous vivons depuis deux ans. 

C'est ce qu'on va entendre en concert à L'Odéon ?

Oui, c'est vraiment tout l'album qu'on vient défendre, avec John Helfy à la batterie et Christophe Babin à la basse. On va le jouer pratiquement sans pause. On vous dira juste bonsoir avant de commencer. Après, on a aussi prévu un petit rappel d'une demi-heure avec d'anciens morceaux que les gens qui nous suivent ont peut-être envie d'entendre !