Parmi eux, des spécimens uniques trouvés à la villa du Nouret, une ferme gallo-romaine située sur le territoire de l'actuelle Tremblay.
" Nos ancêtres les Gaulois habitaient des huttes en bois... ", chantait Henri Salvador avec une bonne dose de dérision. En réalité, ces aïeux ne logeaient pas seulement dans des cabanes. Selon la période, certains, largement romanisés, vivaient dans de belles demeures maçonnées, aux murs intérieurs décorés de fresques, équipées d'un complexe thermal - signe extérieur de richesse. Tout ce raffinement si près de Lutèce...
Les fouilles effectuées préalablement à la construction de l'aéroport de Roissy dans les années 1970, puis de son extension, ont confirmé la présence d'un habitat gallo-romain sous les pieds de la communauté d'agglomération de Roissy Pays de France, et sur le territoire actuel de Tremblay. Pas de quoi surprendre les archéologues et les historiens. Mais les milliers d'objets mis au jour ont confirmé qu'avant les Gallo-Romanisés, les différents sites avaient été occupés de la Préhistoire jusqu'à l'issue de l'époque moderne, à la fin du XVIIIe siècle.
Pour en savoir plus, il suffit de pousser la porte du musée Archéa, ouvert en 2010 à Louvres (Val-d'Oise). " Nous conservons plus de 50 000 objets et lots d'objets, datant pour la plupart de la période antique et médiévale ", détaille Melaine Lefeuvre, chargé des publics du musée. Silex taillés, céramiques du Néolithique, tessons de poteries, perles, pièces de monnaie, ossements humains... : Archéa propose de découvrir l'histoire du Pays de France à travers le résultat des recherches archéologiques menées depuis plus de quarante ans.
Il y a deux millénaires...
Parmi les objets, plusieurs dizaines ont été directement mis au jour à Tremblay, lors de la construction de la ligne TGV et l'extension de la plateforme aéroportuaire, entre 1991 et 2000. " Ils proviennent de fouilles menées sur le site d'une ferme gallo-romaine, la villa du Nouret, un ancien grand domaine agricole ", précise Melaine Lefeuvre. Les quinze objets les plus intéressants ont intégré l'exposition permanente. Ils datent des deux cents premières années de notre ère.
Ce sont pour la plupart des objets et outils qui témoignent de l'implantation humaine et de la vie quotidienne de nos très lointains aïeux d'il y a deux millénaires, dans un bassin pas encore parisien. Les vitrines du musée mettent ainsi en évidence de manière pédagogique une cuillère en os qui, d'après les spécialistes, devait servir à manger des oeufs. On aperçoit aussi une hipposandale (l'ancêtre du fer à cheval), une houe pour les travaux des champs, un bol de stockage, une céramique décorative lustrée, importée du centre de la France.
S'y ajoutent des fragments de verre à vitre, des perles en verre provenant sans doute d'un collier, remontées d'un puits, une pelle à fard en métal... Pas d'or ni de trésor des Templiers : " La valeur de ces objets est avant tout historique et patrimoniale ", fait valoir Melaine Lefeuvre. Les écoles et les centres de loisirs de Tremblay, qui visitent régulièrement le musée, l'ont parfaitement compris.