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Le terme de métronome est parfois galvaudé quand on parle des animateurs du jeu dans les sports collectifs. Mais pour Allan Villeminot, le demi-centre du TFHB, il colle parfaitement. Brillant depuis son arrivée en Seine-Saint-Denis l'été passé, le natif de Lyon est l'actuel meilleur buteur maison (89 unités). Il assure en outre l'animation offensive et se donne corps et âme en défense. Il fait surtout partie de ces joueurs qui ne déçoivent jamais, quoi qu'il se passe, et qui ont toujours un rendement minimum très élevé.

L'intéressé glisse : " Si je suis plutôt satisfait de ce que j'ai pu proposer depuis le début de saison, je suis quelqu'un de très autocritique. Je peux faire beaucoup mieux que cela. J'ai conscience de ma marge de progression et je veux avancer dans ce sens. Surtout, avec le coach, on met en place un projet de jeu simple, en accord avec toute l'équipe, pour atteindre nos objectifs. Je dois en être le maître d'oeuvre et c'est tout ce qui importe afin que l'on remonte en Starligue. Les statistiques personnelles comptent peu dans cette optique et jamais je ne me dirais meilleur qu'un autre. "

Le jeune homme qui a débuté à Villeurbanne, s'est révélé à Montpellier puis s'est affirmé à Cesson, est néanmoins un élément essentiel de l'équilibre des Jaune et Bleu. Compétiteur insatiable, il déteste la défaite autant qu'il est amène en dehors des terrains. " Je dois cela à mes parents, avance-t-il. Mon père, Jean-François, a fait toute sa carrière à Villeurbanne tandis que ma mère, Corinne, qui a été internationale, a évolué à Dijon, Vaulx-en-Velin et Décines. Avec mon frère [Kyllian, qui joue à Montpellier], on est donc nés dans une salle de handball ! Mon père nous a beaucoup suivis, il a été présent tout au long de notre formation. Cela pouvait valoir quelques déjeuners plus remuants que d'autres, quand tout ne s'était pas bien passé à l'entraînement ou lors des matchs. Mais ce qui a toujours été bien, même si cela prenait pas mal de temps, c'est qu'il n'y avait pas que le hand chez nous. Nos parents ne nous ont jamais poussés à y aller et y rester, au contraire. Ils voulaient que l'on s'ouvre sur tout. J'ai aussi joué au rugby, au foot, mais je suis toujours revenu au hand, car j'y avais un cercle d'amis forts Et puis il y a toujours eu l'école à côté, aussi. "


Recul salvateur

Bac S et licence de sport en poche, Allan Villeminot a une tête vraiment bien faite et il aborde sa carrière avec un recul salvateur. Sa venue dans le 93 est comme un nouveau départ pour lui qui, à seulement 26 ans, compte déjà neuf saisons de haut niveau, mais aussi des accrocs qui forgent. " J'ai été propulsé en équipe première à Montpellier quand l'affaire des paris a éclaté et ensuite, mon but a toujours été de jouer au haut niveau. Même si j'avais été à la hauteur, vu mon âge au MHB, quand Cesson m'a voulu, j'y suis allé, car les opportunités d'être pro et d'avoir des responsabilités sont rares, surtout à 20 ans. On ne te donne pas les rênes d'une équipe comme ça ! J'ai notamment vécu deux très belles saisons à environ 100 buts ; la suite a été moins bien. Le coach ne m'a plus fait jouer et je me suis rompu les ligaments croisés. J'ai "pioché" pendant un an et demi. Alors quand Tremblay m'a sollicité, j'étais très fier de pouvoir participer au projet qui est mis en place ici, avec des personnes qui sont adorables. C'est pour ça que je me donne à fond, que je prends à bras-le-corps le rôle qui m'est confié. Comme quand il faut tirer cet ultime penalty face à Dijon. Je veux rendre ce qu'on m'a donné et prouver ma valeur, aussi, car j'ai beaucoup travaillé pour en arriver là. "


Le chemin à parcourir est encore long et beau pour cet amateur de cuisine, dont l'ambition va jusqu'au maillot bleu. Pour cela, il sait qu'il faudra porter d'abord les siens jusqu'aux playoffs avant de revenir dans l'élite. Cela ne l'effraie pas. Rassurant.