Ses objectifs : prévenir les noyades et aider les enfants à être autonomes dans l’eau pour leur entrée en 6e.
Ce vendredi-là, à la piscine Auguste-Delaune, l'air et l'eau sont à 28,4 °C. Mathias, 8 ans, est dans le bassin mais il n'y barbote pas : il est en plein milieu du test Sauv'nage de l'École de natation française (ENF). Au programme pour valider ses compétences : un parcours de 50 m non chronométré, décomposé en exercices d'immersion, de flottaison, de sustentation (se tenir en équilibre) et de contournement d'obstacles. À la fin, il lui faut récupérer un bracelet déposé à une profondeur d'1,80 m.
Depuis le bord du bassin, un éducateur du TAC Natation suit attentivement sa progression, grille d'évaluation à la main. À sa sortie de l'eau, le jeune nageur peut sourire : il a réussi le test. Neuf autres enfants comme lui, de la promo des 21-25 février, l'ont passé avec brio. Cette épreuve clôturait deux stages gratuits que le TAC Natation a animés durant les vacances d'hiver. Pas moins de 40 enfants ont été accueillis la première semaine, 15 la seconde.
Ces stages s'inscrivent dans le dispositif " J'apprends à nager ", un plan national interministériel de prévention des noyades qui s'adresse aux jeunes de 6 à 12 ans et qui permet d'obtenir l'attestation " Savoir nager sécuritaire ".
Des stages au printemps
" Nous avons formé des groupes réduits, de façon que nos 7 encadrants puissent bien s'occuper de tout le monde durant les 2 séances quotidiennes d'une heure chacune, entrecoupées d'une pause déjeuner au foyer Jean-Guimier et d'une séance d'une heure de jeux gymniques dans la salle de boxe du complexe sportif ", détaille Kevin Blotas, le responsable technique du TAC Natation. " Je suis venu tous les jours et j'ai bien progressé ", opine Mathias.
Le club, qui a l'habitude d'organiser des stages pour ses adhérents durant les vacances scolaires, n'a pas été pris au dépourvu en incorporant les non-adhérents dans ses pratiques. " La nouveauté, c'est d'avoir ouvert les lignes d'eau à un public extérieur ou qui ne fréquente pas les piscines ", poursuit Kevin Blotas. Celles et ceux qui, par manque de places, n'ont pas pu prendre une licence au club peuvent donc profiter de ce dispositif pensé pour réduire les inégalités d'accès à la pratique de la natation. Et ce n'est pas un luxe en Seine-Saint-Denis. Le département est, de toute la France, le moins doté en piscines, avec seulement 36 bassins pour 1,6 million d'habitants.
En conséquence, 1 élève sur 2 ne sait pas nager en arrivant au collège. Chaque écolier qui entre en classe de 6e doit pourtant savoir lire, compter, écrire... et nager. Un état des lieux qu'a encore aggravé la crise sanitaire, avec la fermeture prolongée des piscines lors des différents confinements, stoppant l'apprentissage de la natation chez les scolaires. Et ce, alors même que les noyades représentent la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans. " Le grand bénéfice de ce dispositif, c'est que les cours sont quotidiens, alors qu'en milieu scolaire les enfants vont à la piscine au maximum une fois par semaine. En une semaine de stage, on voit vraiment les progrès ", assure le dirigeant. " Même si je nage depuis six ans, j'ai appris des nouveaux mouvements et je me sens encore plus à l'aise dans l'eau ", confirme Meïssa, 10 ans. Elle aussi a décroché " eau la main " le test Sauv'nage.
Kevin Blotas pense qu'elle est mûre pour la phase suivante, à savoir le Pass'sports de l'eau, qui fait découvrir les différentes disciplines aquatiques. C'est la deuxième des trois étapes d'un programme de formation des nageurs mis en place par la Fédération française de natation. La dernière est le Pass'compétition, pour se spécialiser dans une discipline. Devant le succès rencontré, le TAC Natation va pérenniser le stage " J'apprends à nager ". Les deux prochaines sessions se dérouleront durant les vacances de printemps, toujours à destination des enfants de 6 à 12 ans. Parents, il est temps d'y inscrire les vôtres.
Inscriptions : www.tacnatation.fr