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Retour sur cette démarche originale de « tribu éphémère », orchestrée par le trio Ostrakinda depuis janvier dernier.

Dans la grande salle Matisse de L’Odéon, mi-mars, une classe de CE2 et un CM1 des écoles Jean-Jaurès et Julius-et-Ethel- Rosenberg répètent avec Olivier Lété, le bassiste du groupe Ostrakinda. Les enfants sont debout, derrière de grandes guitares à plat qu’ils ont fabriquées avec du bois récupéré dans les sous-bois de Tremblay.

Olivier Lété donne des instructions avant le concert participatif À l’écho des clairières, prévu quelques semaines plus tard, le 15 avril, dans le cadre du 39e festival Banlieues bleue, qui couvre la Seine-Saint-Denis. « Les enfants se sont approprié leur instrument, se réjouit le bassiste. Depuis janvier, au fil des séances, je leur apprends à faire des choses précises pour participer au concert du début jusqu’à la fin. » Les élèves se sont également entraînés à l’école, dans le cadre des parcours d’éducation artistique et culturelle mis sur pied par la Ville.

Dans la salle Chagall, l’artiste Delphine Renault et des élèves terminent quant à eux, aiguille à la main, les tapisseries de cinq mètres de haut qui serviront de décor. « Les enfants adorent. Les adultes des centres sociaux et des maisons de quartier se sont eux aussi pris au jeu. C’est un prétexte à une rencontre entre générations », confie Delphine Renault.

« Faites-vous confiance »

Début avril, autre lieu, autre ambiance : dans le réfectoire du foyer d’accueil médicalisé (FAM) Cap’ devant au Vert-Galant, une dizaine de résidents en fauteuil roulant se sont installés en demi-cercle avec leur instrument – une guitare monocorde pour certains, un djembé ou un simple shaker pour d’autres.

Pour cet atelier du mardi, Olivier Lété est accompagné de l’animateur musical du FAM. Cette répétition doit servir à créer un intermède dans le spectacle. Deux jours plus tard, dans la salle Beethoven de L’Odéon, des seniors de la maison de quartier du Vert-Galant et de l’espace Louise-Michel donnent quant à eux de la voix.

Au piano, Olivier Lété, encore lui, les guide en jouant quelques notes, puis interroge le petit groupe : « C’est bon pour tout le monde ? Faites-vous confiance. C’est une musique expérimentale qui laisse la place au hasard. » D’autres ateliers ont précédé le concert du 15 avril, avec pour objectif de faire découvrir au public cette création originale.