Le manque d’information conduit parfois des patients à renoncer à se soigner, notamment faute de prise en charge par l’Assurance maladie. Pour lutter contre ce phénomène, le Pôle municipal de santé (PMS) se mobilise depuis 2020-2021 pour accompagner certains usagers dans l’ouverture de leurs droits. Une permanence d’accès aux soins de santé (Pass) ambulatoire est ainsi programmée tous les jeudis et vendredis après-midi au PMS, de 13 h 30 à 16 h 30. Grâce à ce dispositif médico-social en cours d’expérimentation, des Tremblaysiens bénéficient d’une prise en charge, comme la protection universelle maladie (ex-complémentaire maladie universelle), ou l'AME, l’aide médicale de l’État (AME).
Inscrite dans le contrat local de santé, la Pass est portée par la Ville et bénéficie d’un appui financier de l’agence régionale de santé. Une réponse essentielle face à la précarité ou aux difficultés de certains patients. « Une grande partie des personnes concernées ont été orientées par nos médecins ou nos secrétaires, confrontés à ces situations de fragilité, indique Sadia Benhamou, directrice du PMS. Malgré l’absence de prise en charge par l'Assurance maladie, nous avons soigné ces patients. Mais ils ne pouvaient pas poursuivre les soins auprès d’autres professionnels. »
Des professionnels de santé partenaires
Ouverte seulement aux Tremblaysiens, la Pass accueille – de manière individuelle et en fonction de certains critères (dont l’absence totale ou partielle de couverture sociale) – des seniors, des actifs, des personnes en situation irrégulière ou encore des jeunes ayant quitté le foyer familial. Selon un premier bilan, la permanence a reçu 216 personnes (104 femmes et 112 hommes) depuis son ouverture début 2021. Résultat : 90 bénéficiaires ont obtenu des droits (majoritairement la complémentaire santé solidaire et l’AME).
La Pass comprend un volet administratif mais aussi une partie médicale, avec une évaluation réalisée par une infirmière coordinatrice du PMS. Cette étape permet de repérer les besoins en matière de soins (médicaments, analyses…).
C’est tout l’enjeu de cette action, qui vise à couvrir une pluralité d’actes pour mieux soigner. Des conventions annuelles ont déjà été signées entre la Ville et des professionnels de santé ou du milieu paramédical (une pharmacie et un laboratoire). Un modèle de convention a d'ailleurs été adopté lors du conseil municipal du 19 mai. Grâce à un formulaire spécifique, le paiement des actes aux professionnels signataires, est différé, le temps d'ouvrir les droits de la personne.
Si l'affiliation est finalement refusée par les organismes de prise en charge, la Ville règle la facture, précise Marie-Ange Dossou, adjointe au maire déléguée à la Santé. « La municipalité a, jusqu'ici, reversé 1 547 euros pour ces frais. Il est maintenant nécessaire d’élargir le réseau des professionnels de santé partenaires, car il faut prendre les parcours de soins dans leur globalité pour permettre à chacun de se soigner correctement, quels que soient les ressources ou le statut du patient, souligne l'élue. La Ville se portant garante auprès des professionnels, une relation de confiance s’est instaurée, ce qui est rassurant pour la suite du déploiement du dispositif. »