Le salon d'Élisabeth et Jean-Michel Bichon est parfaitement organisé pour accueillir des tout-petits. Tables, chaises, jouets premier âge, coin lecture : tout est adapté, comme dans une crèche. Car dans leur maison du Vert-Galant, ces deux assistants maternels voient grandir des enfants de 3 mois à plus de 2 ans.
Comme les 120 professionnels agréés qui exercent à Tremblay, le couple travaille en gardant des enfants à son domicile. Les parents sont leurs employeurs directs. Ici l'ambiance est avant tout familiale, " comme chez des grands-parents, mais avec un autre cadre ", précise Jean-Michel Bichon.
Conformément à leur agrément, Élisabeth peut accueillir quatre enfants, Jean-Michel deux. Exercer ainsi en couple est assez rare, mais pour ces Tremblaysiens, s'occuper de petits était un choix, qu'ils ne regrettent pas. Auparavant coiffeurs, ils ont pris un tournant professionnel en se réorientant vers la petite enfance, il y a dix ans pour Élisabeth, quatre ans pour Jean-Michel. Jeux, repas, sieste, éveil... : la journée est bien rythmée, le tout dans la bienveillance et en accord avec les familles sur le plan des principes éducatifs.
" Il s'établit comme un contrat moral entre nous, une relation de confiance qui s'installe progressivement. Ces parents nous laissent quand même leur enfant ", témoigne madame Bichon, qui parle de son métier avec émotion. La plus belle récompense pour eux ? Voir des petits de 3 ans bien préparés pour leur rentrée à l'école.
Un métier pas assez considéré
Durant ces quelques mois ou années de garde, les assistants maternels vont en effet développer l'autonomie des enfants, la sociabilité, les apprentissages... La Journée nationale du 19 novembre semble néanmoins encore nécessaire pour faire connaître ce métier.
" On entend tellement de choses, soi-disant qu'on ne fait rien, que c'est de l'argent facile ", dénonce Élisabeth. Très investi, le couple a créé un groupe WhatsApp avec les familles, via lequel tous peuvent échanger. Amélie Sangil, la mère de Tom, 2 ans, apprécie la souplesse de ce mode d'accueil.
" Je travaille dans l'hôtellerie-restauration, avec des horaires pas faciles. Monsieur Bichon s'adapte à ce rythme. De plus, lui et sa femme sont à l'écoute des enfants, tout en partageant des moments en petit groupe ", confie-t-elle.
Mère de Léna, 2 ans et demi, Jennifer Neniez a pour sa part découvert ce mode de garde avec sa deuxième fille. " Nous avons senti tout de suite que l'atmosphère était accueillante. Ce travail est tellement beau : ils élèvent nos enfants. C'est dommage que parfois leur métier ne soit pas assez pris en considération. Je leur tire mon chapeau. "