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Soul-blues

Le monde se divise en deux : ceux qui connaissent déjà Johnny Rawls, et les autres, qui prendront assurément un pied acoustique monumental à l’écoute du chanteur, guitariste, compositeur, arrangeur et producteur américain. Facilitons la tâche aux néophytes : « Si on voulait coller une étiquette à ce monsieur-là, celle du soul-blues lui irait de manière évidente », défriche Guillaume Garcia, le directeur de L’Odéon. Natif du Mississippi classe 1951, Johnny Rawls a appris ses premiers accords de guitare avec son grand-père aveugle. Il maîtrise son instrument alors qu’il n’est encore qu’adolescent. Il capte vite, si bien qu’on l’envoie dans la foulée accompagner des musiciens tels que Z. Z. Hill et Joe Tex. Ça tourne bien…

Au mitan des seventies, Johnny va intégrer le groupe d’O. V. Wright, chanteur de gospel et de musique soul : ça va durer jusqu’en 1980 et durablement marquer l’ami Rawls, façon héritier-dépositaire de ce legs parfaitement soul. Sur son CV, on relève des accompagnements avec des légendes comme B. B. King ou Little Milton : il assure donc aussi diablement côté références blues. Précisons encore que Johnny a à son actif plus de 20 albums et 12 nominations aux Blues Music Awards, qu’il se produit dans les meilleurs festivals de blues internationaux… et on ressort une archive de 1996 : « Rawls a une voix puissante et émouvante qui peut rendre un matériel médiocre convaincant ! », écrivait un journaliste américain à la sortie du premier album de l'artiste. Si vous ne venez pas constater ça le samedi 9 octobre prochain, vous passerez à côté de quelque chose, parole !

Le trio Nebelmeer et le romantisme français

Il est toujours rassérénant de voir émerger des talents. Les jeunes pousses du trio Nebelmeer émargent à la fois au conservatoire et orchestre de Caen et au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Depuis la formation du trio en 2019, Arthur Decaris (violon), Albéric Boullenois (violoncelle) et Loann Fourmental (piano) ont été identifiés comme l’un des ensembles de musique de chambre les plus prometteurs de leur génération. Pensez donc qu’ils n’ont que 22 ans pour s’atteler au vaste répertoire du trio avec piano. Les garçons ont déjà été invités, l’an dernier, au Festival international de piano de La Roque d’Anthéron pour participer à des master class avec les plus grands pédagogues français.

Ils sont en passe d’enregistrer leur premier disque et d’intégrer le catalogue du label français de musique classique Mirare ! Que vont-ils nous interpréter à Tremblay ? « 2021 marque le centenaire de la mort de Camille Saint- Saëns. Son œuvre de musique de chambre a participé à la renaissance d’un genre délaissé en France », introduit-on du côté de L’Odéon. L’affiche du programme annonce : Le trio Nebelmeer et le romantisme français. Voilà une belle façon de remettre les pendules dans le tempo du Trio pour piano et cordes n° 2, op. 102, de Camille Saint-Saëns, donc. On entendra aussi le Trio pour piano et cordes, op. 3, d’Ernest Chausson. Tout cela dans un fauteuil et en entrée libre au soir du samedi 16 octobre.

Les héroïnes de l’orchestre Divertimento

Tiens, amusez-vous à tester votre culture musicale : seriez-vous capable de citer le nom d’une – ou plusieurs ! – compositrices de musique classique ? Il faut bien avouer que ça peut coincer ! L’orchestre symphonique Divertimento prodigue comme une façon de rattrapage avec Héroïnes, la belle affiche du concert du samedi 23 octobre. On ne vous fait pas l’affront de vous présenter à nouveau Divertimento, qui, et c'est heureux, se produit régulièrement à Tremblay. Précisons seulement que sous la direction de sa cheffe Zahia Ziouani, on entendra entre autres des œuvres largement méconnues de Louise Farrenc, Maria Theresia von Paradis ou encore Mélanie Bonis, décédée en 1937 à Sarcelles, à l’âge de 79 ans. Cette compositrice, qui s'est surnommée Mel Bonis afin que ses œuvres soient évaluées comme celles des hommes, a passé les dernières années de son existence alitée, recevant et composant en position allongée. Une héroïne, n’est-ce pas ?