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L’édition 2021-2022 offre un équilibre entre la programmation de productions nouvelles et le report de spectacles annulés l’an dernier.

Un été à Avignon comme une salutaire bouffée d’air pour l’équipe du TLA après la séquence des confinements-fermetures- couvre-feu, n’est-ce pas, Emmanuelle Jouan ? « Ça nous a donné une visibilité professionnelle et nationale. Tous les retours que nous avons sur ce que nous avons proposé sont très positifs, se félicite la directrice du théâtre. On sait que l’avenir risque d’être compliqué pour ce qui est des budgets attribués à la culture. La séquence à Avignon donne aussi du crédit au projet que nous défendons, si on songe au financement public. »

Une sérénité confortée et une proposition de saison 2021-2022 fondée sur le pragmatisme, mais également marquée par l’urgence de programmer des spectacles nouveaux. « C’est ce que nous avons fait, grâce à nos artistes associés, qui ont énormément travaillé durant le confinement. En même temps, on a reporté des productions de la saison dernière qui n’ont pas pu aller au bout de leur diffusion. Du coup, la prochaine saison raconte beaucoup de ce que nous avons traversé », précise Emmanuelle Jouan.

Vingt ans de hip-hop

La fabrication in situ de médias nouveaux comme Radio TLA, ou l’élargissement des résidences artistiques, résultent de cette période tourmentée qui, finalement, laisse la place à une nouvelle saison très dense. Et les artistes associés ? Mellina Boubetra et Sylvain Prunenec terminent leur travail sur le territoire tandis qu’un nouveau duo de danseurs et chorégraphes – Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre, anciens sportifs de haut niveau – déboule pour bousculer et mettre la danse dans d’autres états ! « On développe avec eux un projet qui questionne les arts et les sports », indique-t-on au TLA.

Nouveaux entrants également, Yvan Clédat et Corinne Petitpierre. Sculpteurs, performers et chorégraphes, ces deux artistes-là mettent résolument leurs corps en jeu dans chaque production... Classiquement, l’ouverture de saison débute avec le festival 3D, le 18 septembre (voir cièdessous). Parmi les évènements danse à ne manquer sous aucun prétexte, la soirée spéciale hip-hop (20 novembre) et le TLA qui remet Hamid Ben Mahi en scène : cela autour d’une proposition qui réunit deux pièces – Chronic(s) et Chronic(s) 2 – créées à vingt ans d’intervalle ! L’occasion de demander ce qui s’est passé pendant deux décennies en matière de danses urbaines.

Ballon rond

Danse toujours, Clémentine Maubon et Bastien Lefèvre lancent l’équipe de France de danse contemporaine en mode complètement foot avec une pièce qui porte bien son nom, Ferveur (11 décembre) suivie dans la foulée d’Abdomen. À la mi-temps, on goûte une lecture de l’acteur Jacques Gamblin qui livre un texte inédit sur le ballon rond... Grande soirée danse également le 21 janvier, qui affiche Ninjinska – Voilà la femme, pièce pour vingt-deux danseurs et signée Dominique Brun.

À feuilleter le programme, on reçoit la belle surprise de pouvoir entendre Louis Chedid, le 1er octobre, et Fatoumata Diawara, la nouvelle icône de la musique malienne (10 novembre), comme un cadeau : « Une salle de spectacle n’est pas un lieu sacré ! On a absolument besoin que ça circule. Tout ce qu’on fait, c’est pour le partager », rappelle la directrice du TLA. Dans cet ordre d’idées, le spectacle de l’humoriste Haroun est offert sur le plateau d’Aragon, le 28 novembre. Et les pièces de théâtre ? On reprogramme avec bonheur Les Ritals, l’adaptation-interprétation du roman de Cavanna que signe le talentueux Bruno Putzulu, accompagné sur scène par un accordéon, le 22 octobre.

On soutient aussi les metteuses en scène de talent au TLA : Lisa Guez pour Les femmes de Barbe-Bleue (27 et 28 janvier), tandis que c’est à une pièce de répertoire, Phèdre, de Racine, que s’est attelée Brigitte Jaques-Wajeman (18 février) ; et une jeune femme encore avec Illusions perdues, d’après Balzac et dont s’est saisie avec enthousiasme et réussite Pauline Bayle, on le vérifiera le 2 avril prochain. Un peu de place pour évoquer le cirque ? Oui : une grande forme – trois trampolines, six acrobates – que cette Esquive de Gaëtan Levêque (14 janvier). L’homme a beaucoup contribué à renouveler sa discipline ; il passe désormais le relais à six jeunes circassiens talentueux pour un spectacle de haut vol…

Le Festival 3D en ouverture 

Du parc de la Poudrerie au centre-ville, en passant par le canal... On reprend les bonnes habitudes, ce 18 septembre pour l’ouverture de la saison 2021-2022 : « Une semaine avant le début de 3D, on voudrait investir l’esplanade devant le théâtre et la transformer en la parant de fanions, la préparer et installer les tables pour que ce soit très beau », s’enthousiasme Emmanuelle Jouan, directrice du TLA. Il y a de quoi puisque ce samedi de retrouvailles sera ponctué par un grand banquet populaire sur ledit parvis. Vous savez, en mode festif, Yes We Dance ! Radio TLA… ! Auparavant, des spectacles gratuits émailleront l'après-midi et notamment Akzak, la grande forme que signent Héla Fattoumi et Éric Lamoureux : douze danseurs et vous, les habitants, dans l’antre joyeux du TLA....