Qu'est-ce que c'est, au juste, Chamad Shango ?
C'est un projet assez récent, lancé il y a quatre ans. Chamad ? C'est le coeur qui bat la chamade, avec l'apocope du " e " pour le côté anglais... et Shango, le dieu du tonnerre en Afrique, qui a des résonances en Amérique du Sud. Tout cela sonnait bien.
En 2000, vous remportez un Lutin du court métrage dans la catégorie " meilleure musique originale " pour Tous les i de Paris s'illuminent : pas mal, car vous n'êtes pas musicien à l'origine...
Effectivement, je pratiquais en dilettante car je viens du monde du dessin animé et de la réalisation. C'est dans cette filière que j'ai évolué depuis le début de ma carrière. J'ai complètement arrêté tout ça et je me consacre à la musique. La dimension visuelle est cependant très présente avec Chamad Shango. Le groupe s'est créé un peu par hasard. On m'avait commandé une musique pour un générique de série, dans le style électro swing, qui mélange musique des années 1920-1930 et instrumentation techno. Le projet n'a pas été retenu mais quelque temps après, je l'ai ressorti des cartons et je l'ai transformé en une chanson. Avec la violoniste Emma Sempere, la chanteuse Ory Minie et mon réflexe d'homme de l'image, on a tourné un clip dans la foulée. Ça a bien plu et c'est donc avec un répertoire d'un titre qu'on a commencé à recevoir des propositions de concerts !
Vous avez pris du temps avant de sortir votre premier album, Apokolo Libido, en 2020 !
En réalité, le répertoire s'est étoffé plutôt rapidement, si bien qu'on a fait une quinzaine de concerts avant la sortie de l'album. On s'est retrouvés dans des configurations assez différentes, aussi bien au Cognac Blues Passion que dans des festivals plus modestes. C'est très formateur.
Initialement, vous étiez donc en trio. Votre musique aussi a changé...
C'est un projet tout neuf et le son a évolué. Je jouais en concert avec une guitare acoustique et ça m'a semblé manquer de pêche. Je l'ai troquée contre une guitare électrique, qui prend plus d'espace, si bien que le violon n'avait plus trop sa place dans l'affaire. Ensuite, Ory, la chanteuse, a eu une peur panique du corona et il a bien fallu trouver quelqu'un. On est donc désormais en duo avec Geraude Ayeva Derman, une chanteuse de jazz - elle est aussi comédienne - techniquement très pointue. Aujourd'hui, Chamad Shango, c'est de la pop électro avec un petit parfum rétro jazzy. Je suis à la composition, aux arrangements, aux instruments... et Geraude, elle, bondit partout et apporte vraiment énormément au projet.
Qu'êtes-vous venus faire lors de ces deux jours, en juin dernier, à L'Odéon ?
On a tourné deux clips ! Ou plutôt des choses à mi-chemin entre le clip et la captation sur scène ; on ne sait pas encore comment appeler ça ! Ça va servir à dévoiler les premiers titres du prochain album, qu'on ne pense d'ailleurs pas sortir tout de suite. En ce moment, c'est un peu l'embouteillage sur ce terrain-là. On songe plutôt à sortir un clip et un petit single de loin en loin, puis compiler le tout après coup, un peu comme les rappeurs. On verra !
Qu'est-ce qu'on va entendre le 10 juillet ?
On va mélanger les titres qu'on faisait avant avec quelques nouveautés. Après, en concert, les morceaux ont tendance à varier quelque peu...