C'est la mi-juin, la fin d'une année scolaire. Le mercure grimpe mais on s'échauffe quand même en se présentant, en s'étirant, en se massant. Dans la salle de danse de l'espace Angela-Davis, les 22 élèves de 6eE venus du collège Pierre-de-Ronsard vont se confronter à des exercices de déplacement et de coordination dans l'espace. Moins facile qu'il n'y paraît...
Le rituel fournit une bonne entrée en matière pour un tout premier atelier chorégraphique avec des préados. Il est malin, Mohamed Lamqayssi, artiste intervenant dans ce projet inscrit dans " La culture et l'art au collège ", " un dispositif départemental dont nous nous saisissons pour mener plusieurs projets durant l'année ", explique-t-on du côté du théâtre Louis-Aragon (TLA), qui travaille de longue date avec le collège Pierre-de- Ronsard. Un beau projet, vraiment, en relation avec la pièce Akzak, l'impatience d'une jeunesse reliée, qui sera donnée en ouverture de saison pour 3D Danse Dehors Dedans, le 18 septembre prochain (voir encadré).
Une classe option EPS
" L'idée, c'est qu'avec une semaine en immersion totale avec Mohamed, qui fait partie des danseurs d'Akzak, celui-ci leur permette d'appréhender le processus de création du spectacle ", poursuit Alice Neussaint, chargée des actions artistiques au TLA. Un travail sur le rythme et la danse pour aboutir à la création d'une petite forme, le tout avec l'accompagnement des professeurs de musique et d'EPS.
" Ils ont commencé à travailler sur les rythmes en cours de musique. En éducation physique, on n'a malheureusement pas pu les préparer à cause du confinement, explique Bernard Mercadiel, le professeur d'EPS. La 6e E, c'est une classe à option EPS qui dure deux ans, avec sept heures de cours de sport par semaine. Il s'agit moins ici de mettre l'accent sur l'activité physique que sur l'ouverture sur le monde. Les élèves vont pouvoir partir au ski avec la mairie, on essaie de les sortir au maximum. Avec le projet Akzak, ils sont complètement hors de leur zone de confort et nous avons hâte de voir le résultat ! "
Se confronter au regard de l'autre
L'affaire n'est pas simple pour Adel, Louis-Marie, Lilou, Korotoum et leurs camarades... Il faut apprendre à occuper l'espace encore et toujours, se confronter au regard de l'autre, au regard sur soi. Et puis, il y a de l'impatience, comme celle de la " jeunesse reliée " de la pièce. Comment, en six séances, parvenir à quelque chose qui tienne la route ?
" Je fais tout juste connaissance avec ces 6e, explique l'artiste intervenant. J'essaie de trouver les connexions de chacun dans le groupe. C'est justement le propos d'Akzak : trouver une harmonie entre tous. C'est pourquoi je leur propose de reproduire les mouvements que chacun élabore, pour être attentif aux autres. On observe qu'il y a des groupes qui se forment, l'un qui attire plus l'attention, un autre plus relâché... Finalement, si on mixe tout cela, ça peut donner quelque chose ! ", positive Mohamed Lamqayssi.
Danseur depuis onze ans et formé à l'école de la plus ancienne compagnie de Marrakech, il sait de quoi il parle. Reste qu'il n'aura eu que six séances pour monter cette forme courte de vingt minutes, qu'on peut découvrir en vidéo via l'émission CQFD de Radio TLA (édition du 23 juin). De quoi patienter d'ici la représentation de septembre...