Entretien avec François Asensi
Vous êtes à l'initiative de ce projet culturel et sportif ; pourquoi est-il important pour le territoire et le nord-est de l'Île-de-France ?
Je suis pour un territoire solidaire, qui corrige les inégalités sociales et territoriales. La construction de cette aréna de 8 500 places dans le parc AeroliansParis y contribue. Cet équipement est en effet structurant et essentiel dans la zone d'activités Roissy/Charles-de-Gaulle, qui est un secteur dynamique en termes de développement économique et d'emploi.
J'avais été d'ailleurs le premier à proposer qu'un stade de très grande capacité puisse trouver sa place en Seine-Saint-Denis, compte tenu du fait que tous les équipements sportifs étaient situés au sud de Paris. Ce projet a donc pour but de déplacer le centre de gravité des activités culturelles et sportives vers un secteur gravement déficitaire à cet égard. Le Colisée se trouvera à l'intersection des trois départements de la Seine-et-Marne, de la Seine-Saint-Denis et du Val-d'Oise et a donc vocation à être un équipement régional.
Quels sont les atouts du projet qui a obtenu la faveur de Paris Terres d'Envol ?
Le projet qui a été retenu par le conseil de territoire est celui du groupement Legendre Project. Il offre les meilleures garanties de conformité avec le cahier des charges - en matière de consommation d'énergie, d'aménagements paysagers et de choix des matériaux de construction notamment - et correspond à la volonté du groupe S-PASS. Celui-ci assurera l'exploitation, la gestion et la programmation du Colisée et a été associé à l'ensemble de la délibération. La proposition de ce projet a été faite à l'unanimité par le jury, présidé par le président de Paris Terres d'Envol, Bruno Beschizza.
Le Colisée est un projet que j'ai proposé il y a maintenant huit ans : il a fait l'objet d'une longue et large concertation avec le mouvement sportif national, régional, départemental et naturellement tremblaysien. Avec le conseiller municipal Michel Bodart, j'ai aussi rencontré de très nombreuses fédérations de sports en salle. L'accueil réservé au projet du Colisée a vraiment été chaleureux. Ce dernier revêt un intérêt national et je me félicite que nous soyons parvenus à nous entendre par-delà les clivages politiques. Je remercie vivement Bruno Beschizza pour sa contribution et sa collaboration.
Certains s'interrogent sur l'impact environnemental. Que souhaitez-vous répondre ?
Le groupement Legendre Project propose un équipement qui intègre les objectifs de développement durable et de transition écologique. L'énergie électrique proviendra notamment de plus de 6 000 m2 de panneaux solaires. Le gros œuvre sera, lui, réalisé grâce à des briques en terre crue fabriquées par une entreprise de Sevran, qui utilisera la terre excavée du Grand Paris Express.
Plus encore, cette réalisation va faire l'économie de 300 toupies de béton, soit l'équivalent de3 900 tonnes de CO2 qui ne seront pas rejetées dans la nature. Et autour du Colisée, à l'intérieur même de la zone d'activités AeroliansParis, des projets écologiques vont voir le jour, notamment le développement de l'agriculture urbaine sur 55 hectares de terres agricoles.
Le Colisée prendra place au sein de la zone d'activités AeroliansParis ; pouvez-vous nous en dire plus ?
Le Colisée se situe dans ce parc international d'activités, à quelques centaines de mètres de la ligne 17 du Grand Paris Express et de la gare du Parc des expositions pour le RER B. Il sera le cœur battant de ce parc d'activités au sein duquel nous souhaitons encourager une vie sociale, culturelle et sportive permettant aux salariés de Roissy-CDG, de Tremblay, de Villepinte et de la région de trouver des lieux de loisirs et de détente.
Au centre du parc, il y aura des hôtels, des bars, une bodega ainsi qu'un centre de balnéothérapie à destination des habitants de la région et des touristes. Le territoire ne doit pas arrêter de vivre à la fin du travail. C'est important qu'il puisse y avoir aussi des activités le soir et des lieux où l'on fasse la fête !
Si le Colisée ouvre début 2024, peut-il devenir également un site d'entraînement pour les Jeux olympiques ?
La mise en service du Colisée est prévue pour janvier 2024, année des JO. Mais à ce jour, il ne fait pas partie des équipements dédiés à cette compétition. Pour autant, nous aviserons le Comité national olympique et sportif français des possibilités d'entraînement offertes par les deux salles du Colisée. À lui d'estimer si cela peut être un élément facilitateur pour ces Jeux.
Encadré dates
Le Colisée en quelques dates
Depuis 2012
Consultation du monde sportif
29 septembre 2014
Le projet est adopté parle conseil communautaire de Terres de France (la communauté d'agglomération qui réunissait Tremblay, Sevran et Villepinte).
14 octobre 2015
Présentation du projet au mouvement sportif et aux élus du territoire.
Septembre 2016
L'État et la Métropole du Grand Paris officialisent leur soutien au Colisée.
9 février 2017
Présentation du projet au conseil municipal de Tremblay et vote d'une subvention exceptionnelle de 3 millions d'euros à Paris Terres d'Envol, qui conduit désormais le projet.
9 décembre 2019
L'établissement public territorial Paris Terres d'Envol approuve le contrat de concession de vingt ans au groupe S-PASS, qui assurera l'exploitation et l'animation du Colisée.
12 avril 2021
Le conseil de territoire approuve à une très large majorité l'attribution du marché de conception-réalisation du Colisée au groupement Legendre Project.
Le Colisée, un équipement d’exception
D’une surface de 20 000 m2, le Colisée proposera dès 2024 des événements culturels et sportifs. Mais plus qu’une salle de spectacle, il sera un lieu de vie pour les habitants du territoire et les salariés de la plateforme aéroportuaire ainsi que ceux de la zone AeroliansParis, qui pourront profiter de ses nombreux espaces récréatifs tout au long de l’année. Cet équipement se veut également exemplaire en matière de consommation d’énergie et d’isolation thermique. L’électricité sera notamment fournie par 6 375 m2 de panneaux solaires. Le gros œuvre sera réalisé avec 75 000 briques en terre crue fabriquées par une entreprise de Sevran. Les matériaux de construction limiteront également la climatisation grâce à une ventilation naturelle. Les économies de CO2 qui seront réalisées équivalent à 50 000 tours du périphérique en voiture !