Après un budget 2020 marqué par la pandémie de Covid-19, ce premier acte budgétaire voté par le conseil municipal le 23 mars traduit des choix politiques forts en matière de services publics et d'équipements. " Ce budget s'inscrit dans un contexte particulièrement défavorable, puisque les finances municipales seront, comme en 2020, affectées cette année par la crise sanitaire, mais nous allons maintenir et développer des services publics de qualité ", assure Célia Bouhacine, conseillère municipale déléguée au Budget. " Nous continuerons à accompagner les mouvements culturel, sportif et associatif ainsi que l'ensemble de nos partenaires. Nous le ferons avec prudence et anticipation."
Ainsi, une enveloppe de plus de 27 millions d'euros (soit plus de 30% du budget de fonctionnement) est affectée aux secteurs de l'éducation, de l'enfance et de la petite enfance. Près de 13 millions d'euros sont dédiés à l'aménagement et au cadre de vie, plus de 11 millions à la vie associative et à celle des quartiers, tandis que les secteurs sportif et culturel se voient attribuer près de 16 millions d'euros. La santé n'est pas non plus oubliée (voir encadré ci-dessous).
Encadré Santé
Des moyens pour la santé
Dans le contexte actuel, et sur un territoire touché par la désertification médicale, la Ville maintient des moyens conséquents pour la santé en y consacrant plus de 2,2 millions d’euros, essentiellement affectés au fonctionnement du Pôle municipal de santé. Près de 950 000 euros sont également prévus pour faire face aux dépenses engendrées par l’épidémie de Covid-19.
Encadré ITW
Trois questions à...
Virginie De Carvalho, première adjointe au maire déléguée aux finances
La crise sanitaire a-t-elle mis les finances communales à l'épreuve ?
La pandémie a affecté le budget 2020 pour un montant de 3,5 millions d'euros.Pour moitié, il s'agit d'une baisse des recettes de la taxe de séjour, en raison de l'effondrement du tourisme d'affaires dans la zone aéroportuaire. Il faut également prendre en compte toutes les activités annulées et non facturées aux familles. Pour l'autre moitié, il s'agit de dépenses supplémentaires qui correspondent à l'équipement en masques, en gel hydroalcoolique, en matériel de protection, ou encore à l'achat de matériel informatique pour mettre en place le télétravail des agents municipaux. En 2020, nous avons aussi dépensé 540 000 euros pour aider les familles tremblaysiennes et compenser la fermeture des cantines scolaires par l'octroi de chèques alimentaires aux parents d'élèves inscrits dans les écoles de la ville.
Quelle est la particularité du budget primitif 2021 ?
Avec la crise qui perdure, nous prévoyons une nouvelle baisse des recettes, de l'ordre d'un million d'euros au minimum pour la taxe de séjour, ainsi qu'une augmentation des dépenses imprévues. Nous avons déjà voté un fonds social de 400 000 euros pour aider les Tremblaysiens les plus en difficulté. Malgré tout, c'est un bon budget parce que les dépenses sont maîtrisées grâce à une gestion sérieuse des finances de la ville depuis de nombreuses années. Sans cette exigence, nous n'aurions pas pu amortir les effets de la crise. Nos investissements restent, eux, ambitieux. Ils vont notamment servir à l'éducation, à l'entretien du patrimoine, à la voirie et aux aménagements urbains. Ainsi, nous mettons en œuvre dès ce budget 2021 le programme pour lequel les électeurs nous ont fait confiance, en tenant bien entendu compte de la crise sanitaire.
Comment la ville va-t-elle continuer à accompagner les Tremblaysiens ?
La priorité de notre action sera toujours l'accompagnement des publics les plus fragiles. Cela passe aussi par la vaccination. En 2021, notre volonté, c'est d'aider les Tremblaysiens à traverser la crise sanitaire, économique et sociale grâce à des crédits spécifiques. En outre, nous voulons maintenir un haut niveau de service public. On le voit bien aujourd'hui, le maillon local est essentiel. Quand les choses ne fonctionnent pas, c'est parce que les élus locaux ne sont pas associés aux décisions.
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Des impôts locaux qui n'augmentent pas
La Ville veille dans le même temps scrupuleusement à poursuivre sa maîtrise des coûts et des dépenses de fonctionnement, alors qu'elle connaît une érosion majeure de ses ressources fiscales en raison du désengagement de l'État (voir encadré ci-dessous). La municipalité n'augmentera pas non plus les impôts locaux des Tremblaysiens.
Ces efforts permettent à la commune de dégager un autofinancement (soit la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement) de quelque 10,8 millions d'euros. La collectivité peut donc financer des investissements importants avec un emprunt modéré, qui s'élève à 3,5 millions d'euros.
Une situation favorable qui lui permet de limiter sa dette à 6,5 millions d'euros et de poursuivre son programme d'équipement ainsi que des opérations de voirie et d'aménagement urbain : rénovation des trottoirs et de l'éclairage public, création de l'espace Ambroise-Croizat, extension de la géothermie au Parc des sports Georges-Prudhomme, réalisation de la halle sportive au stade Jean-Jaurès, création de salles de classe au sein du groupe scolaire Anatole-France, isolation thermique à l'école élémentaire Julius-et-Ethel-Rosenberg, ou encore extension de la maternelle Danielle-Casanova.
Encadré Etat
L'État n'est pas au rendez-vous
Pour la cinquième année consécutive, la ville ne bénéficiera pas de la dotation globale de fonctionnement (DGF), la principale dotation de l'État aux collectivités territoriales. En dix ans, notre commune - qui percevait encore 5,3 millions d'euros de DGF en 2010 - a perdu quelque 33 millions d'euros. Elle doit, en outre, s'acquitter d'un versement de 893 000 euros au titre de la contribution à la réduction de la dette de l'État. Par ailleurs, la ville a vu sa contribution au Fonds de solidarité des communes de la région Île-de-France croître de quelque 2 millions d'euros par an. La disparition progressive de la taxe d'habitation supprime une autre source de fiscalité directe pour la collectivité. Malgré ces pertes, la majorité municipale a décidé de n'augmenter ni les taux communaux d'imposition ni les tarifs municipaux tels que la restauration scolaire.