Se positionnant sur le côté du ballon, Anas Sadouk pivote avec son fauteuil électrique, tout en donnant de la vitesse au mouvement pour faire une passe. L'action est bien calibrée, pile dans le pare-chocs de son équipier. Durant une heure et demie, les huit résidants du foyer d'accueil médicalisé du Vert-Galant n'ont pas ménagé leurs efforts, sous l'oeil avisé de leur entraîneur, Julio Gonzales.
Après une pause d'une année en raison de la crise sanitaire, c'est avec le sourire que huit à dix footballeurs ont, depuis la mi-février, repris chaque mardi le chemin du Palais des sports. Ils vivent au foyer ou sont externes. Au fil des entraînements, Anas, Julio et leurs équipiers retrouvent leurs repères, épaulés par Antonio Barbosa, éducateur coordinateur. Avec leurs fauteuils roulants électriques équipés d'un pare-chocs, ils impressionnent par leur technique.
Esprit de compétition
Le foot fauteuil, une variante du football, est rattaché à la Fédération française handisport ; la première compétition française remonte à 1991. Une cinquantaine d’équipes sont réparties dans quatre niveaux de championnats. Avec la pandémie, les compétitions ne sont néanmoins plus d’actualité. Par le passé, l’équipe de Tremblay a gagné de nombreuses coupes et elle évolue actuellement en 4e division au niveau national. « Nous avons réussi à terminer premiers de notre poule. C’était la dernière marche pour atteindre le niveau supérieur. Mais nous n’avons pas pu confirmer ensuite », détaille Julio Gonzales, qui pratique depuis des dizaines d’années. « Avec cette pause d’une année, le niveau a un peu baissé mais l’envie est là, les joueurs sont motivés. »
Le football en fauteuil roulant électriques se pratique par équipes de quatre personnes : trois joueurs et un gardien. Le ballon est plus grand que pour les valides et les joueurs doivent en outre garder une distance de cinq mètres entre leurs fauteuils. Les actions reprennent les termes du football traditionnel. Ces règles, Mehdi Darmouli commence à bien les connaître. Président du TAC Handisport, il occupe également le poste de défenseur.
Ce supporter du PSG ne lâche rien sur le terrain. « Je pratique le foot fauteuil depuis un an. Petit, je jouais déjà au football dans une équipe à Paris. J’apprécie surtout d’être avec l’équipe », explique-t-il en écrivant via une application installée sur son téléphone puisqu’il lui est difficile de communiquer à l’oral. Le jeune homme s’entraîne également à la boccia (un sport apparenté à la pétanque) – autre discipline de handisport avec le foot fauteuil et la sarbacane, pratiqués avec le foyer du Vert-Galant.
Qu’on soit porteur de handicap ou valide, il n’y a pas de différences dans les enjeux, assure Antonio Barbosa. « Ces sportifs sont tous dans la même dynamique. Ils sont surtout là pour se dépasser, exprimer des émotions. D’ailleurs, leurs fauteuils sont spécialement réglés pour ce sport, ils permettent d’être vif », conclut l’éducateur. Avec cette motivation, il ne faudra pas attendre longtemps pour que l’équipe retrouve son niveau.