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Parmi ses souvenirs d’enfance, il y a ce toboggan – situé en bas de chez lui mais aujourd’hui disparu – sur lequel il a usé ses pantalons. Un lieu de rendezvous pour lui et ses copains, où il a passé tant de bons moments. Aboubacar Mihidjay, né en 1995 à Saint-Denis, est arrivé avec sa famille à l’âge de deux ans à Tremblay. 

Ce quatrième enfant d’une fratrie de huit, qui a beaucoup fréquenté le centre social Mikado, a obtenu un bac S au lycée Léonard-de-Vinci et pratiqué le handball, en tant que gardien. « C’était le sport n°1 ici ! Tout le monde voulait en faire, car l’équipe première rivalisait avec les plus grands », se souvient celui qui, enfant d’un papa fonctionnaire à la mairie de Paris et d’une maman mère au foyer, rêvait de devenir médecin. 

Après son bac, il tente médecine, mais échoue, se réoriente en droit et obtient un master 2 à Villetaneuse, tout en devant faire des petits boulots. Objectif : être avocat. 

En 2022, il est animateur au sein des chantiers citoyens un dispositif qui s’adresse aux jeunes de 17 ans. En contrepartie d’une gratification financière, ils effectuent des actions d’utilité publique et sociale, tout en participant à la réflexion de projets d’amélioration du cadre de vie dans la ville. « Cela a, je dirais, changé ma vie ! Moi qui pensais me consacrer uniquement au droit et à une carrière dans ce domaine, j’ai évolué dans ma réflexion. Cela m’a donné envie de créer une structure pour la jeunesse », confie le trentenaire.


Être avocat, c’est porter la voix de ceux qui n’en ont plus. C’est la noblesse de ce métier.


Une dictée géante en plein été 

En janvier 2025, il fonde, avec d’autres, l’association Sentiers de gloire, qui ne demande aujourd’hui qu’à grandir. Un nom choisi en référence à une chanson du film Les Choristes, qui s’intitule Vois sur ton chemin. « Une chanson qui pour moi incarne l’espoir et symbolise la main tendue vers l’autre. Quant au nom de notre association, le mot sentier fait penser à un chemin difficile dans la nature, le fait d’avoir du mal à se frayer un passage. Et gloire représente le niveau de bonheur que l’on peut atteindre », détaille le Tremblaysien. 

L’association a pour ambition d’amener chacun vers l’épanouissement et l’émancipation. Elle a par exemple déjà organisé des journées d’initiation au droit. « Le droit ne me sert pas uniquement pour ma carrière. J’ai envie de transmettre aux autres mes connaissances en la matière, car le droit concerne tout le monde. Il est très important de connaître ses droits », fait remarquer celui qui, le 23 août dernier, pendant l’Estivale, a eu l’idée de proposer, au parc urbain de Tremblay, une dictée géante. 

Une belle façon de se préparer tout doucement à la rentrée scolaire, sans cahier de vacances. « L’événement était ouvert à tous, aussi bien aux enfants qu’aux parents. Et cela leur permettait de partager une activité avec leurs enfants. Ça a très bien fonctionné », fait-il valoir. Le texte était tiré du roman autobiographique d’Alphonse Daudet, Le Petit chose. 

Porter la voix de ceux qui n’en ont plus

Toujours pendant l’Estivale, Sentiers de gloire a en outre organisé un quiz show, un questionnaire de culture générale, avec « de vrais buzzers », précise Aboubacar, qui souligne que ce sont là des activités « que l’on n’a pas l’habitude de voir dans notre ville ». 

Il nourrit d’ailleurs un projet : mettre en place un concours de culture générale dans tous les quartiers de la ville et – en collaboration avec les centres sociaux – organiser une grande finale avec les vainqueurs de chaque quartier, afin de créer « une ambiance très fraternelle ». 

En attendant, celui qui a beaucoup fréquenté la médiathèque espère bien avoir réussi l’examen du Barreau, qu’il passait pour la deuxième fois. « Être avocat, c’est porter la voix de ceux qui n’en ont plus. C’est la noblesse de ce métier », assure le jeune homme, qui s’apprête déjà à passer le flambeau au sein de son association : « Il y a un petit noyau de jeunes, avec une bonne maturité, qui est prêt à reprendre les rênes. Ils ont toute ma confiance. Mais je ne serai pas loin ».

Aboubacar Mihidjay en quelques dates

  • 1995 • Naissance à Saint-Denis
  • 2022 • Animateur au sein des chantiers citoyens
  • 2025 • Création de l'association Sentiers de gloire