S’il n’a jamais vécu à Tremblay, Mehdi Boumechour cultive cependant un lien très particulier avec la ville. Surtout avec l’IUT du Vieux-Pays, puisque c’est là qu’il a effectué l’essentiel de sa formation. D’abord avec l’obtention, en apprentissage, d’un DUT Gestion, logistique et transport. Puis, toujours en apprentissage, d’une Licence professionnelle logistique et pilotage des flux, parcours logistique des filières aéroportuaires. Puis d’un Master en Études internationales (commerce international, logistique, finance, marketing).
« Certains le voient peut-être comme un petit IUT de banlieue, mais l’IUT de Tremblay – qui possède une excellente qualité au niveau de l’enseignement – peut mener à des cursus très prestigieux. Il offre tout un tas de possibilités de réussir. De plus, c’est un véritable havre de paix, loin du tumulte urbain. Et il a l’avantage non négligeable de se trouver à proximité de la plate-forme aéroportuaire », fait valoir Mehdi avec son CV extrêmement fourni.
Celui qui est né en 1996 à Paris et a grandi au Blanc- Mesnil y a même, le 15 juin dernier, soutenu une thèse, dont les mots-clés étaient : transport, aérien, commerce, international et logistique. Son titre : « Étude de l’impact des facteurs politicoéconomiques sur le transport aérien de marchandises entre la France et l’Algérie : application au partenariat logistique entre Air Algérie et WFS ».
Il a obtenu la plus haute mention, avec les félicitations du jury franco-algérien. Le voilà désormais titulaire d’un double doctorat : l’un en Sciences de gestion et l’autre en Sciences économiques.
J’ai toujours été fasciné par les aéroports ! Par l’esprit du voyage et de l’évasion qui y règne.
À cheval sur deux universités
« Ce furent quatre années de travail acharné avant de soutenir ma thèse, c’était très chronophage. Et puis dans la recherche, on n’est jamais sûr de rien », assure Medhi qui a navigué entre France et Algérie, car sa thèse était menée en cotutelle avec l’université Paris 8 et l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, en Algérie.
Depuis tout petit, le franco-algérien est tout bonnement passionné par le monde de l’aviation : « J’ai toujours été fasciné par les aéroports ! Par l’esprit du voyage et de l’évasion qui y règne. Au départ, je voulais même devenir pilote d’avion, mais ma myopie m’en a empêché ».
Ce papa de trois enfants en bas âge avait commencé, après son bac, par étudier à Sciences-Po. « J’y ai fait deux ans, avec d’excellents résultats, mais je crois que je ne m’y sentais pas à ma place, même si je m’entendais bien avec tout le monde », confie-t-il.
Il travaille depuis 2020 pour le compte de la société Worldwilde Flight Services (WFS), un prestataire logistique qui oeuvre dans les aéroports et emploie quelque 100 000 salariés dans le monde. « Concrètement, lorsqu’un avion transporte des marchandises ou des bagages, WFS est souvent l’entreprise qui s’occupe des opérations au sol : déchargement, entreposage, contrôle de sécurité, préparation des expéditions et chargement sur les vols suivants », explique ce « pur produit du 93 », qui occupe un poste d’ingénieur en recherche et développement.
Détaché auprès d'Air Algérie
Tout en travaillant pour WFS, Mehdi est également détaché auprès d’Air Algérie, une compagnie publique qui connaît une croissance continue, portée par un fort trafic mondial. « Au-delà du transport de passagers, Air Algérie fait du fret aérien un axe stratégique, avec la création d’Air Algérie Cargo, chargée de développer une offre logistique adaptée aux réalités du commerce international et aux contraintes locales. Pour renforcer son efficacité, elle s’appuie sur un partenariat stratégique avec WFS, qui gère l’ensemble des opérations de fret pour Air Algérie sur le territoire français », souligne Mehdi.
Comment voit-il aujourd’hui son avenir ? « Pour l’instant, je suis très bien chez WFS, où j’ai un CDI. Mais pourquoi pas ouvrir un jour ma propre entreprise ? J’aimerais en effet à terme construire quelque chose de mes propres mains. Mais je dois encore me perfectionner ! Je vais y aller pas à pas, avant de pouvoir voler de mes propres ailes », conclut le tout juste trentenaire.
Mehdi Boumechour en quelques dates
- 1996 • Naissance à Paris
- 2014 • Diplôme du baccalauréat
- 2026 • Doctorat de sciences de gestion et doctorat de sciences économiques
