Offrir aux enfants tremblaysiens qui mangent à la cantine des fruits et légumes frais, sans pesticides. Encourager une agriculture de proximité, biologique, respectueuse de l’environnement. Pour relever ces défis, toutes les pistes sont bonnes à explorer. Le sud de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle en offre une. Ce secteur, qui comprend le parc d’affaires AeroliansParis et le vallon du Sausset, compte 55,4 hectares d’espaces naturels et agricoles potentiels.
L’aménagement de cette zone est dévolu à Grand Paris Aménagement, qui, avec ses partenaires – Paris Terres d’Envol, la ville de Tremblay, le parc d’affaires Paris Nord 2, mais aussi Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), et, plus récemment, la Métropole du Grand Paris –, a lancé une mission visant à mettre en œuvre une agriculture urbaine sur ce secteur. Un bureau d’études a été mandaté afin de concevoir un plan d’action ainsi que les modalités d’animation entre les acteurs locaux.
Créations d’emplois et alimentation saine
L’agriculture urbaine répond à une demande grandissante de la population quant à la qualité de l’alimentation et aux modes de production agricoles. Depuis de nombreuses années, des collectivités montrent la voie en augmentant la place de la nature en ville. À Tremblay, cela s’illustre par la création de 20 hectares de jardins solidaires et familiaux, mais aussi par la préservation des terres agricoles.
« Je me suis toujours opposé à un développement anarchique du foncier au sud de l’aéroport, rappelle le maire, François Asensi. En 1993, nous avons pu sanctuariser 500 hectares de terres agricoles au Vieux-Pays. Avec ce projet d’agriculture biologique, nous souhaitons faire évoluer les cultures. En septembre 2019, j’ai pris un arrêté antipesticide au Vieux-Pays et interdit l’épandage à moins de 100 mètres des habitations, de l’école André-Malraux et du ru du Sausset. Nous souhaitons préserver cet unique cours d’eau à ciel ouvert du département. Il constitue une barrière verte entre AeroliansParis, qui s’urbanise, et la commune. »
Conseillère municipale déléguée à l’Agriculture urbaine, Louiza Mounif abonde : « En soutenant ce projet, nous encourageons le développement d’une agriculture de proximité et de qualité, qui approvisionnera en circuit court la restauration scolaire et collective. C’est l’opportunité d’avoir une alimentation saine et locale qui n’est pas toujours à la portée de tous. » Amadou Cissé, adjoint au maire à l’Économie sociale et solidaire et à l’insertion, renchérit : « Ce projet de développement permettrait de créer des emplois agricoles et d’aider à l’insertion d’une part de la population locale peu qualifiée. Il peut également apporter des outils pour la formation et l’éducation des habitants. » On savait déjà que l’union faisait la force ; on sait maintenant qu’elle peut aussi amorcer un changement culturel et cultural !
Un secteur aux multiples visages
Un secteur aux multiples visages
Les 55,4 hectares concernés par le projet se situent intégralement sur le territoire de Tremblay. Cette zone, au sud de l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, est à l’interface entre un secteur dévolu au développement économique (avec Paris Nord 2 et AeroliansParis), des grandes infrastructures (aéroport, parc des expositions de Paris-Nord Villepinte…), des espaces naturels (le vallon du Sausset) et les secteurs d’habitation de Tremblay et Villepinte.
Trois scénarios envisagés
Trois scénarios envisagés
Un bureau d’études est chargé de travailler sur différents projets agricoles.
« Chaque scénario doit proposer un aménagement agricole cohérent avec les attentes et les contraintes de chacun des acteurs du territoire, et suivre leurs préconisations », précise Sébastien Becq, directeur du développement durable à la mairie de Tremblay. « Ce ne sont que des hypothèses de travail, une aide à la réflexion, mais elles nous permettent d’identifier les enjeux importants liés à l’agriculture. Tout d’abord, une forte demande de produits locaux et de nouveaux modes d’agriculture compatibles avec les enjeux climatiques ; mais aussi la nécessité d’accompagner les agriculteurs présents dans une transition de leur exploitation vers une agriculture plus soutenable. »
De plus, les questions liées à l’emploi et à la formation doivent être impérativement prises en compte dans les différents scénarios. Enfin, ceux-ci doivent englober le projet du vallon du Sausset, dont l’un des enjeux principaux est de mieux gérer le ruissellement des eaux pluviales.
Scénario 1 : champs de légumes et installation d’un paysan boulanger
Ce scénario se fonde sur la mise en place de deux productions principales. La première concerne la culture de légumes plantés en pleins champs (et non sous serres). Ces légumes pourraient être cultivés en priorité pour alimenter la restauration collective, et particulièrement les cantines scolaires des environs. La seconde production serait issue de la ferme d’un paysan-boulanger qui élabore son pain de A à Z, du semis des céréales à la vente. Ce premier scénario apparaît comme le plus sûr ; il est viable économiquement et permet l’adhésion des communes concernées. Il rassurerait aussi les agriculteurs quant à la volonté d’ancrage des pratiques sur le long terme. Il contribue par ailleurs à l’éducation des enfants et à la formation des jeunes générations.
Scénario 2 : la vente directe
Cette piste envisage la création d’une multitude de parcelles destinées à la culture maraîchère, qui permettraient la cueillette et la vente directe. Il serait aussi possible d’y installer des vergers maraîchers, une houblonnière sur une petite surface, ou encore un paysan-boulanger.
Scénario 3 : élevage et pâturage
Ce scénario regroupe des activités comme l’élevage de brebis pour la production de viande. Une prairie permanente pourrait trouver sa place autour du vallon du Sausset, à des fins de pâturage.
