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En ce qui vous concerne, comment est née votre passion pour la guitare ?

Mes deux parents sont musiciens. Je suis né à Grenoble, et dès mon plus jeune âge, des amis de mon père venaient d'Irlande et d'Écosse jouer et chanter de la musique folklorique, en s'accompagnant souvent à la guitare. J'avais 3 ans et c'est ce qui m'a donné envie de jouer de cet instrument. À 6 ans, j'ai commencé mon apprentissage au conservatoire, en région parisienne. Aujourd'hui, comme tous les autres membres de Bergamasque, j'enseigne également la guitare au conservatoire.

Dans quelles circonstances s'est constitué votre quatuor ?

Avec Clément Charpentier, Clément Mengelle et Raphaël Guichard – qui, par la suite, a été remplacé par Nestor Laurent-Perroto –, nous étions élèves au Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris Boulogne-Billancourt. Trois d’entre nous étaient dans la même promotion et nous étions tous amis, avec des âges à peu de chose près concordants.

Pourquoi le nom Bergamasque ?

C'est une référence au musicien Claude Debussy, qu'on appréciait particulièrement, ainsi qu'aux poésies de Verlaine. On voulait un nom qui évoque un univers poétique... et associer cette idée du masque de la commedia dell'arte à l'impressionnisme français. En 2020, on a d'autre part eu l'idée de créer un collectif Bergamasque, sous forme associative, centré autour du quatuor mais destiné à s'élargir à des artistes de tous bords.

Qu'est-ce qui fait la singularité de votre quatuor ?

Tout d'abord, nous sommes quatre guitares, ce qui est peu courant. La première question que nous nous sommes posée concernait d'ailleurs les arrangements : comment faire pour que ce ne soit pas monotone ? On a chacun fait ajouter, par un luthier, des cases à nos guitares pour élargir notre ambitus [l'étendue de l'instrument, de sa note la plus grave à la plus aiguë]. La guitare une et la guitare quatre jouent par exemple avec des cordes plus graves. L'autre particularité, c'est que nous ne donnons que des programmes thématiques, autour d'une époque ou encore d'une histoire qu'on souhaite raconter.

Justement, vous présentez un répertoire assez large...

Oui : on va de Bach à des compositeurs contemporains. Cela vient de nos carrières solo, dans lesquelles on couvre une large palette. Les premières années, on a joué des concertos brandebourgeois de Bach mais aussi des compositeurs tels que Michel Lysight [un compositeur belgo-canadien âgé de 63 ans]. Tout cela dans l'optique de se former, de se confronter à toutes ces époques et tous ces styles. Mais pour l'heure, on s'est recentrés sur un programme qu'on appelle Schubertiades.

Qu'est-ce que c'est, ces Schubertiades ?

C'étaient des soirées organisées par Schubert et ses amis dans des salons du Vienne des années 1820. C'est extrêmement important car la plupart des oeuvres de Schubert ont été jouées pour la première fois lors de ces concerts privés. Ce sont des pièces pour piano que nous arrangeons pour guitares.

Le succès a été quasi immédiat pour Bergamasque ?

Oui. Nous avons gagné deux concours et dans la foulée, nous avons été invités au Festival international de guitare de Paris, au Festival Debussy ou encore au Festival international de Colmar. Nous avons également joué dans le cadre de la saison Jeunes Talents, ce qui nous a permis de donner des concerts parisiens et de nous produire dans des hôpitaux et maisons de retraite. Jeunes Talents nous a permis de nous produire de 2018 à 2020.

Que va-t-on entendre à L'Odéon ?

Une Schubertiade, mais ce n'est pas que du Schubert ! On s'est en effet dit que notre travail de musiciens, c'était d'aller creuser dans l'histoire. Le programme proposé met ainsi en avant un ami de Schubert quasiment passé sous les radars aujourd'hui : Anselm Hüttenbrenner. Tous les deux ont joué à quatre mains. On a couplé ces oeuvres avec des Romances sans paroles de Mendelssohn.

Samedi 15 octobre à L'Odéon, 20h30. Entrée libre sur réservation au 01 49 63 44 18.