Quel a été votre parcours personnel (enfance, adolescence, etc.), scolaire et professionnel ?
Au lycée, je passais beaucoup de temps à faire de la musique, que ce soit le soir dans ma chambre d’internat ou en chantant dans la rue après les cours. Après avoir eu mon bac, j’ai commencé une licence de langues et d’économie. En parallèle, j’enchaînais les petits boulots. Mes journées étaient rythmées entre les cours, mon travail à McDo et les heures passées à chanter dans la rue. Puis un jour, on m’a proposé de faire de la musique mon métier. À ce moment-là, j’ai tout lâché pour me consacrer pleinement à ce rêve : vivre de ma passion.
Votre beau-père vous a appris la guitare ; était-il musicien professionnel ? Que faisait-il ?
Mon beau-père est manouche. Il m’a appris la guitare flamenco quand j’avais sept ou huit ans. Il n’était pas musicien professionnel, mais il a toujours été passionné de musique et très doué. C’est un peu grâce à lui que j’ai commencé à jouer et que la musique a pris une place aussi importante dans ma vie.
Vous avez choisi de faire une licence ; pour quelles raisons ?
J’ai fait une licence de langues et d’économie. J’aurais préféré m’orienter vers les arts, ça me semblait plus raisonnable de faire des études qui pouvaient me permettre de trouver du travail plus facilement.
À quel âge avez-vous écrit vos premières chansons; quelles étaient-elles ?
J’écrivais déjà des chansons à l’école primaire, des petits trucs du style « oulala, I love you ». J’ai toujours eu cette envie d’écrire et de faire de la musique. Je devais avoir 13 ans quand j’ai écrit ma première vraie chanson. C’était une chanson engagée sur l’écologie, dans le cadre d’un spectacle musical au collège.
Comment définiriez-vous votre style ? Folk ? Pop française ? Chanson ?
C’est une question à laquelle j’ai toujours un peu de mal à répondre, parce que ma musique mélange beaucoup de styles. Mais je pense que les termes « chanson française », « blues soul » et « folk » me définissent plutôt bien.
Quels sont vos chanteuses/chanteurs préférés et/ou groupes préférés ?
Je voue une admiration particulière à Amy Winehouse, Nina Simone et Lauryn Hill. Mais il y en a évidemment beaucoup d’autres qui m’inspirent.
« J’ai saisi cette opportunité. »
Comment, pourquoi et dans quelles conditions vous êtes vous mise en relation avec le rappeur et producteur A2H ?
Alors que je n’avais pas spécialement l’ambition de faire de la musique mon métier, j’ai posté une reprise de « Angoisse » sur les réseaux sociaux. A2H est tombé dessus et m’a demandé de lui envoyer mes propres chansons. Après les avoir écoutées, il m’a proposé de signer sur son label. À ce moment-là, mes études ne me plaisaient pas vraiment et je commençais, pour la première fois, à me demander avec inquiétude ce que j’allais faire de ma vie. Alors j’ai saisi cette opportunité.
L'excellente chanson "Angoisse" est de lui ; elle est particulièrement sombre. Pourquoi l'avoir choisie et reprise ?
Cette chanson m’a beaucoup accompagnée à un moment difficile de ma vie. Je me suis beaucoup reconnue dans ces paroles. C’est un titre que j’aurais aimé écrire , et c’est ce qui m’a donné envie de le reprendre à ma façon. Je suis très heureuse d’avoir pu l’inclure dans mon premier projet Les rêves qui parlent.
La Lisa de la chanson du même nom vous ressemble-t-elle ? Serait-ce un peu vous ?
Bien sûr, il y a une part de moi en Lisa. Mais il y a aussi une part de mes amis, de ma mère, de ma sœur, et de toutes les femmes que j’ai pu croiser dans ma vie. Le personnage de Lisa a vocation à être assez universel. Je pense qu’on a tous, quelque part, une part de Lisa en nous.
Est-ce vous qui l'avez écrite (paroles et musique) ? Dans quelles conditions ?
Oui, j’écris et je compose toutes mes chansons. Celle-ci, je l’ai écrite dans mon appartement étudiant, presque d’une traite. C’est venu assez naturellement, sans trop réfléchir.
Dans la chanson "Finalement", vous dites, en gros, "à quoi bon vivre normalement"; le pensez-vous ?
Oui, c’est clairement ma philosophie de vie. Je pense que la vie est trop courte pour ne pas être vécue pleinement. Le plus important à mes yeux, c’est de faire ce qu’on aime, quitte à prendre des risques et à sortir un peu des chemins tout tracés. Une vie où l’on se contente simplement d’un travail alimentaire me paraît assez morose. J’ai besoin de sentir que je fais quelque chose qui a du sens pour moi, quelque chose qui me fait vibrer. Je préfère essayer, me tromper parfois, mais au moins avoir la sensation d’avoir vraiment vécu les choses.
En dehors de la musique, quelles sont vos passions, vos hobbies ?
Au-delà de la musique, je suis très passionnée par l’art en général. Quand je ne fais pas de musique, je dessine beaucoup. C’est une autre façon pour moi de m’exprimer et de laisser sortir ce que j’ai en tête ou ce que je ressens.
Quels sont vos projets ?
Mon projet est assez simple : continuer à faire de la musique, à écrire, à composer et à faire des concerts. J’ai surtout envie de continuer à partager mes chansons avec les gens et à vivre pleinement cette magnifique expérience. J’aimerais aussi continuer à évoluer, explorer de nouvelles sonorités et aller toujours plus loin dans ce que je propose artistiquement. Tant que je peux créer, monter sur scène et toucher des gens avec ma musique, je considère que je suis exactement là où je dois être.
Propos recueillis par François MILAN
