Un groupe trottine sur le tatami du dojo Thierry-Ngninteng, sous le regard attentif de Patrick Aristide, éducateur sportif. Au programme : marche rapide, gainage, tirage dorsal, cardio, jeux de cohésion, simulations de chutes. Bienvenue à une séance d’activités physiques adaptées (APA) du dispositif Passerelle. Ce dispositif accompagne des adultes vers une reprise progressive de l’activité physique, après une maladie, une fracture ou une dépression.
Les séances, organisées par cycles de six mois par la Maison sport-santé du Pôle municipal de santé (PMS), avec le concours du service des sports, répondent à un objectif de santé publique : lutter contre la sédentarité et favoriser l’accès à une activité physique à visée thérapeutique et préventive.
La santé, l'affaire de tous
Les participants sont orientés après un bilan de santé global réalisé par leur médecin généraliste ou par le médecin coordinateur sport-santé du PMS. Le parcours est complété par des séances en salle de musculation et une activité aquafit à la piscine municipale. « Je me bats contre des douleurs chroniques, et ensemble c’est plus motivant », confie Nora. Sabrina apprécie l’esprit du dispositif : « Les séances ne sont pas médicalisées, tout le monde se mélange et l’ambiance est excellente ».
Passerelle propose aussi un accompagnement nutritionnel. « Je conseille les personnes pour une alimentation adaptée à leur pathologie », explique Laureline Mercuri, diététicienne au PMS. Le sport sur ordonnance constitue une autre porte d’entrée vers un parcours santé.
Lorsque les participants ressentent les bénéfices physiques et psychologiques d’une pratique régulière, il leur est proposé de rejoindre une structure sportive. « Dans le cadre de ce dispositif, j’accueille 33 volontaires pour des activités adaptées — cardio, renforcement musculaire, sophrologie, sport sur chaise », témoigne Jeanne Marlinge, présidente de l’association Rythme Amitié Souplesse.
Depuis 2014, l’association S.pas.liés propose à près de 70 personnes du Pilates, des marches en plein air, des parcours santé et des ateliers « bien vieillir ». « Nous travaillons en lien avec le TAC randonnée et des clubs de taï chi ou de yoga », précise sa présidente Patricia Haine. La santé est véritablement l’affaire de tous.
Moins d'écran, plus d'exercices !

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Le dispositif sport‑santé s’étend aux enfants de 6 à 14 ans avec une prise en charge médicale, diététique, sportive et psychologique.
En France, le surpoids touche aujourd’hui près d’un enfant sur cinq. Et environ 5 % sont en situation d’obésité. Le manque d’activité physique, le temps passé devant les écrans et des habitudes alimentaires déséquilibrées sont des causes majeures. Or, bouger régulièrement est essentiel pour bien grandir.
L’activité physique contribue non seulement à la santé du corps, mais aussi au bien-être, à la confiance en soi et à la réussite scolaire. Encourager dès leur plus jeune âge les enfants à pratiquer une activité physique adaptée, ludique et régulière est un levier essentiel pour prévenir durablement le surpoids et les pathologies associées, et favoriser une meilleure santé pour tous.
Une alimentation équilibrée
C’est donc logiquement que la Maison sport santé a décidé, après une phase test au printemps 2025, d’élargir son dispositif sport santé gratuit aux enfants, et plus particulièrement la tranche d’âge de 6 à 14 ans. « Notre première action est de sensibiliser les familles à cette problématique et cela commence par un rendez-vous avec notre médecin coordinateur du sport‑santé, qui propose une prise en charge de l’enfant à la fois médicale, diététique, sportive et désormais psychologique », explique Elsa Thomas, directrice du Pôle municipal de santé. « Je suis les enfants et je conseille les familles pour une alimentation équilibrée à la maison. Avant Noël, nous avons organisé un premier atelier cuisine avec les parents », précise Nora Thomas, diététicienne.
En parallèle, le service des sports a organisé durant les vacances scolaires un premier stage d’activités physiques et sportives au gymnase Jean‑Guimier, accompagné d’exercices à reproduire chez soi. Depuis le 1er février, des séances hebdomadaires multisports ludiques sont proposées le dimanche après-midi au dojo Thierry‑Ngninteng du gymnase Gabriel‑Jacquard.
