Site portail de la ville de Tremblay-en-france logo

Sommaire

Nous avons assisté à une répétition.

Le rythme est soutenu en cette fin de matinée de mercredi pour les 4e1 de Romain- Rolland. Dans le cocon du gymnase Cerdan, à deux pas de leur collège, les élèves de Stéphanie Carayon-Pina marchent en effet en cadence sur un morceau électro, drapeaux colorés à bout de bras. Ils sont en pleine répétition de la Grande Parade imaginée par le Théâtre Louis-Aragon et la compagnie La Grive pour l’Olympiade culturelle qui accompagne chaque Jeux Olympiques et Paralympiques.

L’enseignante d’EPS détaille pourquoi sa classe et elle, participent à ce projet géant qui va réunir des centaines de jeunes du département : « Ce sont des élèves qui sont en option sport et avec lesquels on a des pratiques sportives diverses, mais l’idée est aussi qu’ils puissent avoir une ouverture artistique et culturelle, au-delà du sport. Cette initiative, avec cette Grande Parade, va dans ce sens. Ma volonté est de les mettre dans des situations dans lesquelles ils n’ont pas l’habitude d’être et qu’ils n’auront peut-être pas l’occasion de revivre. C’est un travail qui peut les mettre en difficulté par la force des choses, surtout à cet âge-là où l’on aime que les choses soient faciles. Mais j’ai bon espoir qu’ils gardent des souvenirs de ce qu’ils ont vécu et fait avec Bastien Lefèvre qui est un chorégraphe professionnel. Ce qui est intéressant, c’est qu’ils seront partie prenante de cet événement lié aux JOP, même si on aurait aimé les emmener directement sur les sites pour assister à des épreuves. »

En tête de cortège, appliquée et concentrée, la jeune Insiya Linguy, qui pratique notamment l’athlétisme et le hip-hop, est à l’écoute. Ses activités annexes lui donnent un petit temps d’avance pour être à l’aise et réussir la chorégraphie entre virages serrés, croisements de colonnes et mises en place en quinconces, le tout en faisant virevolter son étendard au-dessus de sa tête. « Je trouve ça vraiment intéressant de participer à ce travail avec le chorégraphe, même s’il a dit qu’il serait parfois un peu autoritaire pour que l’on puisse avancer » glisse la jeune ado. « Ça n'est pas facile, mais cela change de ce que l'on fait d'habitude et on pourra participer au défilé. Ça n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de manipuler des drapeaux comme cela. J’ai hâte d’y être. »

Être prêts le jour-J

En attendant, les efforts à fournir devront être constants pour arriver prêts le jour-J. D’autant qu’il faut aboutir à une réelle harmonie, à l’intérieur des classes elles-mêmes et entre les différents groupes. Le chorégraphe de la compagnie La Grive, Bastien Lefèvre, qui ne lésine pas sur l’énergie qu’il transmet aux élèves, confesse : « J’aime profondément œuvrer avec les jeunes, c’est l’avenir. Mais c’est une “matière” complexe. Comme on les a sur la durée, on voit que des enfants qui passent de la 6e à la 5e en étant tout mignons, évoluent complètement en 4e. Les corps changent, ils deviennent des adolescents. C’est plus difficile pour certains de s’engager physiquement. Il peut y avoir des moqueries. Il y a aussi des profils plus difficiles que d’autres. Et ce qui est drôle, ajoute-t-il, c’est qu’ils peuvent être les meilleurs danseurs du monde, chez eux, et ne pas réussir à marcher simplement sur un rythme. On travaille donc tout ça, le tout dans une circulation précise, plus la manipulation des drapeaux. Cela fait trois ans que ces jeunes font des ateliers de danse contemporaine, ils se sont investis. Et cela avec toute l’équipe du TLA qui est au front pour que ça existe. C’est une aventure collective avec des valeurs que l’on retrouve dans le sport. C’est un travail de fond où la confiance est en jeu. Il faut donner beaucoup d’énergie, mais ils prennent des choses de tout cela », conclut-il.

La sensibilisation à l’égalité homme-femme, à la protection contre les violences dans le sport ou encore la lutte contre la corruption et le dopage faisant partie des messages de cette fresque, difficile d’imaginer l’inverse.