Après avoir choisi les thèmes des trois cycles du ciné-club, l’association tremblaysienne pour le cinéma (ATC) a proposé à ses adhérents une balade cinématographique à Paris. Une nouveauté mise en place par l’association depuis qu’elle est exemptée de la gestion du cinéma. « Quand j’ai vu ça, je me suis jeté dessus, avoue Nelly. C’est innovant ! »
C’est ainsi qu’ils étaient une grosse vingtaine d’adhérents à la sortie du métro Lamarck-Caulaincourt à attendre la guide, Juliette. « Pour la première, on a voulu être large » précise Yamina Rignault, la présidente de l’ATC, tout en vérifiant si tous ses adhérents étaient bien présents.
Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain

© Christophe Audebrand
Évidemment, lorsque l’on associe Montmartre et cinéma, les premières images venant à l’esprit sont celles du film Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet sorti en salles il y a 25 ans. Et les escaliers encadrant la sortie du métro en font partie.
Mais rapidement, l’histoire du cinéma dans ce quartier s’avère beaucoup plus vaste. Dès que le groupe pénètre dans le cimetière de Saint-Vincent, Marcel Carné et Roland Lesaffre sont évoqués, tout comme Gaston Mélies, frère de Georges, ou encore Anouck Aimé, qui reposent ici.

© Christophe Audebrand
Mais Juliette mentionne aussi, la République de Montmartre, fondée en 1921. À son origine celle-ci voulait, entre autres, limiter l’emprise urbaine du quartier et sauvegarder de la sorte les vignes sur la colline. Celles situées juste en face du cabaret Le Lapin Agile que l’on aperçoit dans Paris Blues, film de Martin Ritt de 1961 avec Paul Newman et Sydney Poitier incarnant des jazzmen à Paris. Le décor n’a pas changé depuis la sortie du film !
Et en continuant la rue Saint-Vincent, un petit jeu de mémoire est lancé. Mais qui chantait « En haut de la rue Saint-Vincent, un poète et une inconnue, s'aimèrent l'espace d'un instant, mais il ne l'a jamais revue », fredonne un participant ? « Cora Vaucaire » ose un second, vite salué par de nombreux « Mais oui ! ».
La Nouvelle Babylone
Le groupe s’avance vers le Sacré-Cœur où Juliette revient sur l’histoire de l’édifice, sans oublier de faire référence à la Commune de Paris, au plus grand plaisir de certains participants. Elle fait également remarquer que peu de films ont traité le sujet et de citer le film russe de 1929 réalisé par Grigori Kozintsev et Leonid Trauberg, La Nouvelle Babylone. Emmanuel saute sur l’occasion pour lui apprendre que « depuis le pont sur le canal de l’Ourcq à Tremblay, on aperçoit aussi le Sacré-Cœur ! »

© Christophe Audebrand
Il est temps de se frayer un chemin entre les touristes venus visiter la basilique et d’écouter de nombreuses anecdotes sur Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain. Et ce, avant de se mettre à l’écart de la place du Tertre et d’évoquer les liens étroits entre le cinéma et d’autres disciplines artistiques, comme la peinture, la littérature, sans oublier les acteurs et autres personnalités résidant à proximité.
C’était un rendez-vous
À quelques pas d’ici le groupe s’arrête devant Le Passe-muraille, statue réalisée par Jean Marais en hommage à Marcel Aimé et son livre éponyme. D’ici, on aperçoit le domicile de Claude Lellouche. Juliette en profite et rallume sa tablette pour diffuser un de ses courts métrages : C’était un rendez-vous. Une traversée de Paris en voiture se terminant en haut des escaliers de Montmartre, filmée en une seule prise. (à voir ici)
Le groupe redescend alors vers les Abbesses, passe au pied la maison de Dalida et s’arrête devant l’épicerie de Monsieur Collignon, qui maltraitait son employé, joué par Jamel Debbouze dans Amélie Poulain. Et fait rarissime, elle est restée fidèle au décor du film. Fin de la balade. Mais pas pour tous. Une dizaine de Tremblaysiens décide de rejoindre le café des Deux Moulins, celui-là même ou travaillait Amélie. Lui aussi est resté dans l’ambiance du film, hormis le tabac qui n’est plus là.
« Une balade fabuleuse, pour Claudine, qui lui a permis de faire des découvertes et d’avoir une autre vision de Montmartre. » « Ça donne envie d’en faire d’autres » ajoute Jean-Luc.
C’est certain, il y aura une suite…
Prochaines permanences de l'ATC au Cinéma Jacques Tati : les lundis 16 février et 2 mars de 13h30 à 16h30.
