Certaines personnes portent sur les banlieues un regard méprisant. Ils n’y voient que les voitures brûlées au cours de la nuit du Nouvel An, les agressions et les trafics de drogue. Pourtant, on y trouve des perles, des garçons détenteurs de parcours exemplaires et d’actions hautement méritoires. El Négociateur en est une.
Comme indiqué pour la parution de son livre, El Négociateur, chez Denoël, « il sillonne la France pour convaincre commerçants et entreprises de faire preuve de générosité envers les plus démunis. Il est passé maître dans l’art de la négociation. »
Résultat : il est devenu une vedette sur le réseau TikTok. Cet authentique Tremblaysien qui ne souhaite pas divulguer son âge (mais on lui donne une petite trentaine d’années), a grandi dans notre ville où il a pratiqué le basket. Il a également beaucoup fréquenté les maisons de quartiers du Vieux-Pays au Vert-Galant en passant par le Centre-ville.
Lorsque j’étais très jeune, les structures de la ville nous donnaient l’occasion de nous confronter à la diversité et à l’engagement.
Il découvre la vie associative à Tremblay
Après l’obtention d’un baccalauréat scientifique, son stage professionnel dans le cadre de la préparation du Diplôme universitaire de technologie (DUT) le conduit dans le XVIe arrondissement de Paris, « ce qui a changé mon regard et mes repères », avoue-t-il. Puis, il travaille à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle comme vendeur.
« Au bout d’un an, j’ai ressenti le besoin d’aller plus loin. J’ai intégré une classe préparatoire afin de passer le concours du CELSA, une grande école de communication, d’information et de sciences du langage. On me disait souvent que j’aimais parler ; j’ai préféré apprendre à comprendre les mots, leur usage et leur impact. »
Alors qu’il est encore très jeune, la ville de Tremblay-en-France lui permet de découvrir le milieu associatif, notamment à travers le Bureau information jeunesse et des actions menées avec le Secours populaire. Ces premières expériences l’ont marqué. Par la suite, il s’engage aux côtés de Mohamed Amine Bouadla, président fondateur de l’association Le Cœur sur la main.
Il participe d’abord aux maraudes, puis prend part à la gestion et au développement de l’association. « J’ai travaillé sur des projets, la structuration, les partenariats, les relations avec les donateurs et la recherche de nouveaux soutiens. Les actions étaient d’abord tournées vers les publics en grande précarité, avant de s’étendre à des interventions plus larges, y compris lors de situations d’urgence en France et à l’international. »
Aujourd’hui, son activité sous le nom de El Négociateur est la continuité de son engagement : transmettre des messages de solidarité et encourager les gens à s’entraider. « El Négociateur utilise ses compétences relationnelles pour essayer de résoudre des situations concrètes : précarité, accès à la nourriture, au logement ou aux vêtements. Concrètement, je crée des contenus dans lesquels je vais à la rencontre de personnes. Soit pour aider directement, soit pour demander à d’autres de m’aider à aider. »
« Une ville qui fait émerger beaucoup de talents »
Une démarche et des activités qui l’honorent et dans lesquelles Tremblay-en-France a joué un rôle essentiel. El Négociateur le reconnaît sans ambages : « Les structures de la ville nous donnaient l’occasion de nous confronter à la diversité et à l’engagement. La ville est composée de milieux sociaux très variés, que l’on retrouve dans le sport, les événements ou la vie associative. Grandir dans cet environnement donne une vraie ouverture d’esprit et une capacité à comprendre les autres. Tremblay est une très belle ville, qui a beaucoup évolué. Étant né dans les années 1990, je vois clairement les améliorations, notamment en matière d’infrastructures. Il y a aussi une vraie continuité dans son développement. Pour ma part, j’y ai vécu, travaillé et grandi. C’est également une ville qui fait émerger beaucoup de talents, dans des domaines très variés. »
Aurait-il pu devenir El Négociateur ailleurs, dans une autre ville ? Il est formel, non : « Je ne pense pas, en tout cas pas sous cette forme. Ce parcours s’est construit ici, à Tremblay-en-France, et il lui est intimement lié »
Voilà qui est dit et ce n’est pas à… négocier.
