Deux spectacles de danse sur le thème de la décolonisation, voilà ce qu’on pourra découvrir le samedi 14 février, à 19h, au théâtre Louis-Aragon (TLA). Le premier s’intitule Dalila & Mulunesh, oeuvre de la chorégraphe Betty Tchomanga. Née en 1989, d’une mère française et d’un père camerounais, cette dernière commença sa formation artistique en 2004 au Conservatoire de Bordeaux, puis au Centre national de danse contemporaine d’Angers (CNDC) en 2007.
À partir de 2019, elle se consacra à son travail d’écriture et de recherche en tant que chorégraphe. « Ses pièces travaillent la notion de transgression au sens de dépasser, traverser une limite, qu’elle soit physique ou esthétique », indiquent les organisateurs. Histoire(s) Décoloniale(s) est présentée comme une série chorégraphique en plusieurs épisodes qui débute en 2023 « et qui sera amenée à se déployer et s’enrichir au fil du temps et des rencontres », précise l’artiste.
« Des histoires qui font l’Histoire »
Avec cette série, Betty Tchomanga travaille autour des histoires et récits qui relient l’Afrique et l’Occident. « Chaque épisode aborde l’histoire coloniale et son héritage par le prisme d’une histoire singulière, d’un corps, d’un vécu. Chaque épisode est un portrait qui prend la forme d’un cours spectaculaire, à travers lequel il s’agit d’interroger la transmission du savoir et la hiérarchie des places, des contenus. »
Ainsi, elle choisit aujourd’hui de raconter la grande Histoire à travers des personnalités singulières et des vécus, commençant chaque récit par : « Je suis »… « Je suis la fille d’un homme arrivé en France en 1954 pour travailler dans les mines du nord », annonce Dalila. « Je suis la victoire de l’Empire éthiopien sur l’armée italienne », dit Mulunesh.
Au cours de cette soirée, Johana Malédon créera par ailleurs, comme le confie l’équipe de programmation du TLA : « la surprise en investissant différemment les espaces du théâtre de son énergie, de son sens de la transformation, et des mots qui s’égrènent à mesure qu’elle déploie sa danse et son identité ».
Née en Guyane française, Johana Malédon prit conscience de la couleur de sa peau, de sa culture, et de sa langue, quand elle arriva en Île-de-France il y a une dizaine d’années pour débuter sa carrière de danseuse. À ne pas manquer.
Nocturne danse #49, samedi 14 février à 19h.
