Dans une ambiance de cabaret, Brecht s’en donne à cœur joie pour dépeindre le fiasco extraordinairement comique d’un mariage qui vire au drame. Après les enthousiasmantes Trois courtes pièces de Tchekhov la saison dernière, Patrick Pineau revisite cette fois-ci l’œuvre de Brecht. Servie par une traduction inédite de Magali Rigaill, cette première mouture de la pièce qui deviendra La Noce chez les petits bourgeois exprime ici toute sa teneur comique et satirique.
Réunis à l’occasion d’un repas de noce, les mariés, parents et autres convives vont, à grands renforts de phrases assassines et de petits mots acerbes, transformer la fête en véritable scène de ménage. Les répliques cinglantes fusent, les sentiments valsent, les situations grotesques s’enchaînent tambours battants et le décor tombe en pièce.
Mais au-delà de cette succession effrénée d’événements catastrophiques, c’est bien l’effondrement d’une société que Brecht veut mettre en scène.
Il s’invite à la noce pour bousculer sans cérémonie les conventions et donner un grand coup de pied dans la fourmilière des convenances bourgeoises, faisant tomber les uns après les autres les paravents des apparences jusqu’à mettre à nu les personnages et dévoiler la vacuité et fatuité de leurs préoccupations et idéaux.
Le mariage explosif du rire et du pire !