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Des clics derrière les barreaux |
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Solidarité Le Club Informatique Pénitentiaire recherche des bénévoles pour enseigner l’informatique
à des détenus. Une activité qui donne des résultats positifs durant l’incarcération et favorise
le retour à la liberté. |
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Vous utilisez l’informatique et plus particulièrement les outils bureautiques les plus courants. Vous aimez transmettre vos connaissances, vous avez un peu de temps libre et vous souhaitez vous consacrer à une activité bénévole : alors vous avez le profil pour devenir l’un des animateurs d’ateliers informatiques pénitentiaires du CLIP. Vous êtes Tremblaysien (ne), pourquoi ne pas consacrer une ou deux demi-journées par semaine à apprendre l’informatique à des détenus de la maison d’arrêt de Villepinte ? C’est ce que propose une association nationale conventionnée avec le ministère de la Justice, le CLIP. Créé en 1985, CLIP, Club Informatique Pénitentiaire, est une association nationale loi 1901 reconnue d’intérêt général et à but non lucratif. Elle a “pour vocation de favoriser l’insertion et la réinsertion des détenus par l’apprentissage de l’informatique”. Avec ses bénévoles, étudiants, actifs ou retraités, le CLIP souhaite “participer au désenclavement de la prison en s’associant au maintien d’un lien avec la réalité de l’extérieur. Ce lien doit faciliter la réadaptation sociale et parfois même la réinsertion professionnelle”. Pour l’année 2002, le CLIP a animé des ateliers informatiques dans 33 établissements pénitentiaires de France, où 1 690 détenus ont bénéficié d’un total de 9 149 heures de formation dispensées par 103 bénévoles. Afin de préparer la sortie de prison, chaque fois que c’est possible, le CLIP met en place une validation des acquis des stagiaires par l’AFPA (Association française pour la formation pour adultes). Pour la maison d’arrêt de Villepinte, le CLIP ambitionne de remonter une équipe de six à huit bénévoles pour assurer un redémarrage de l’activité et répondre à la demande des détenus. |
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Pour devenir bénévole de CLIP |
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 Si vous voulez devenir formateur à CLIP, vous pouvez contacter l’association soit par mail (assoclip@club-internet.fr) soit par téléphone auprès d’Anne Claude Génin au siège de CLIP au 01.45.88.56.00. Vous pouvez aussi visiter le site de l’association à l’adresse : www.assoclip.org. Vous y obtiendrez la documentation nécessaire avant de pouvoir vous entretenir avec un responsable puis avec le coordinateur pour la maison d’arrêt de Villepinte, Noël Rouy. Evidemment, compte tenu des réalités d’un établissement pénitentiaire une enquête de probité et de moralité sera conduite par l’administration avant votre accréditation. |
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Transmettre ses savoirs, apprendre en retour… |
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Entretien avec Michel Houette, délégué régional Ile-de-France Centre du CLIP Quel est l’intérêt de ces formations à l’informatique pour les personnes détenues durant leur incarcération et pour leur réinsertion ? Michel Houette : Nous faisons majoritairement de la formation simple pour un public débutant à qui nous transmettons nos connaissances sur les basiques de l’informatique. Nous pouvons dire que les effets de ces formations sont de trois ordres. Premièrement, le temps que ces détenus passe dans ces ateliers est un temps actif. Et c’est une chose très importante du point de vue de l’administration pénitentiaire et des personnels de surveillance que les détenus ne soient pas constamment inactifs. C’est une activité qui s’intègre parmi d’autres, comme le sport ou le travail. Le deuxième point, c’est que nous essayons de donner à ces détenus des connaissances sur des outils qui sont désormais classiques et incontournables dans le monde professionnel qu’ils devront un jour réintégrer. Troisième intérêt, et c’est là-dessus que j’ai envie d’insister, c’est que nous nous trouvons face à des personnes, souvent jeunes, assez déstructurées, qui n’ont pas toujours la notion de l’effort, de la logique nécessaire. A la suite d’une formation, si elle est bien faite, bien acceptée, on peut arriver à ce que ces personnes - ce sont presque toujours des garçons - reprennent confiance en elles. Ils prennent conscience qu’ils peuvent faire par eux-mêmes des choses qu’ils n’osaient pas imaginer. Vous savez, il y a de la fierté chez un homme qui écrit à sa copine, sa famille ou son avocat une lettre propre, sans fautes parce qu’il aura commencé d’apprendre à se servir d’un traitement de texte. Pour ce public qui a souvent connu l’échec scolaire, c’est extrêmement positif de reprendre confiance. C’est ce mouvement positif là que nous voulons imprimer chez ces détenus. Nous ne faisons pas que du basique, nous offrons aussi des formations un peu plus élevées pour des personnes incarcérées pour des longues peines. Qu’attendez vous des bénévoles que vous recherchez ? Michel Houette : D’abord une régularité dans la disponibilité, car les ateliers informatiques prennent place dans un emploi du temps très structuré de l’établissement pénitentiaire. Bien sûr, nous demandons aussi que nos bénévoles respectent scrupuleusement les règles en vigueur dans l’établissement, même si elles leur semblent tatillonnes ou étranges. Elles ont leur justification et nous devons respecter cela. C’est la condition de la pérennité de notre intervention et c’est un élément de la sécurité.  Ensuite, nous devons respecter une totale neutralité politique, morale, confessionnelle. Nous n’avons pas à juger ces hommes ni à porter un regard sur les raisons qui les ont conduits entre les barreaux. C’est essentiel. Du point de vue pédagogique, nous aidons nos bénévoles à faire leurs premiers pas, à structurer un peu leur intervention, mais très vite, nous constatons que les canevas pédagogiques ne leur sont plus indispensables. Ils sont très vite à l’aise pour transmettre leurs connaissances. Propos recueillis par Frédéric Dayan |
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