Si on ne le savait pas encore, le médiabus de la bibliothèque Boris-Vian est jaune… Ceint de ses identifications violettes, rouges, de ses fleurs en surimpression, il suscite d’emblée la sympathie et distille un petit côté flower power… Joli paradoxe pour tant de technologie embarquée !
A son volant ce vendredi, c’est Dominique - bibliothécaire et chauffeur - qui enclenche les rapports avec un plaisir non feint. Rieur, il entend encore le bruit de l’ancien bibliobus quand celui-ci montait au Vieux-Pays. Laure, sa collègue, a également connu cette époque-là :
« Il n’y avait pas alors d’équipe constituée. Tout le personnel y allait, chacun son tour. La nouvelle organisation favorise une proximité, un rapport privilégié à l’usager. » Soit une équipe de 5 personnes affectée à ce service.
En face immergée du nice bus, Laure coordonne ce nouvel ordonnancement, Dominique alterne avec Jean-Jacques, cependant que deux autres bibliothécaires oeuvrent à la réserve - le stock, les acquisitions, les réservations - de l’engin jaune. Pour Laure et Dominique, il importe d’honorer avec une exactitude helvétique le rendez-vous de 16 heures au Bois-Saint-Denis - nouvelle station avec celle du Cours de la République - sur l’avenue Gilbert-Berger, face à l’avenue Henri IV.
« Pour ce qui est du Centre Ville, Cours de la République, il est apparu que beaucoup d’usagers du médiabus ne connaissaient pas l’existence de Boris-Vian, à deux pas de là ! Au Bois-Saint-Denis, il n’y a pas de structure culturelle dans le périmètre.» éclaire la bibliothécaire. De fait, un vendredi sur deux et jusqu’en juin, le véhicule propose une belle sélection d’ouvrages aux fins de répondre aux attentes du public.
Dominique gare l’engin entre 2 garages privés - faudrait pas que ça dépasse d’une roue ! - et l’on procède à un petit inventaire. Il y a là fictions et documentaires, de nouveaux supports aussi, tels que les cédéroms, des textes lus sur CD.
« Dès la rentrée prochaine, on pourra emprunter des DVD et des CD musicaux » assure Laure qui rappelle aussi que peuvent tenir ici jusqu’à 5 000 documents !
Tiens, des textes lus sont également disponibles. On apprend cependant qu’ils n’ont pas encore rencontrés leur public. Dommage. A charge, pour les deux animateurs de promouvoir ce support… Cédéroms adultes et jeunes, méthodes de langues, des jeux bien sûr. Pas mal ! On continue. Sur les rayonnages, des magazines :
Géo, Marianne, Phosphore, Spirou, J’aime lire, Youpi… 
Littérature adulte ? Paul Auster, il est là. Et Montalban ? L’auteur barcelonais doit être en réserve, de sorte qu’on pourra le réserver en remplissant une fiche SVP et, au prochain passage, le bouquin désiré sera certainement au fond, dans les casiers. Un pour chaque quartier desservi… C’est pas beau ça ?
Avec cette figure imposée de ne pas forcément proposer les mêmes références qu’à Boris-Vian. Des incontournables ?
« Mary Higgins Clark, le Clan des Otori (littérature jeunesse) aussi, le dernier tome sera bientôt disponible. Des mangas, car ça marche d’enfer ! », nous est-il expliqué. Le temps de vous le dire, Dominique a procédé à une petite manutention : mise en marche de la batterie d’alimentation électrique, stabilisation du bus par des vérins et installation de la rampe d’accès et de sa rambarde… pas plus de 3 minutes pour ça.
16 heures. On est dans les temps et sur le chemin de retour des écoliers, grands et petits (école Victor-Hugo, collège Descartes, Lycée Boucher), cette idée chevillée de toucher les plus petits et leurs aînés. Les premiers lecteurs potentiels arrivent doucement, hélés par Dominique qui s’est posté au rond-point alentour pour signifier la présence du médiabus. Un petit tour et puis s’en va… intimidé ce jeune garçon !
Montent deux collégiens : Nicolas doit refaire sa carte et Bastien dit user de Boris-Vian. Cette paire-là semble apprécier les ordinateurs -
« Des recherches pour les d’voirs » - entrées dans les foyers, dans les moeurs aussi.
Efficace Dominique car les jeunes filles affluent. Celles-là ne resteront pas longtemps pour n’avoir pas vu qu’il y avait du manga… ce qui n’échappe pas aux suivantes.
« On procède à une grosse commande ! », leur assure Laure. Ouais !
Tiens une habituée - déjà - et un retour de bouquin. C’est une maman, c’est une lectrice, c’est Nathalie qui furète au rayon polar. Une autre avec 2 minots, avoue passer rarement par Boris-Vian. Elle finira par s’inscrire avec son petit monde et repartira avec un beau bouquin de déco. Le fiston, lui, devinez quoi, s’est rué sur les mangas.
« Il ne lui faut pas plus d’une petite demi-heure pour dévorer ça », constate la mère. On calcule que ça fait 5 euros les 30 minutes et Laure de rappeler que l’inscription est gratuite, ici. Damien a 10 ans, il repartira avec quelques BD, il n’a jamais lu de roman… ça viendra !
16 h 40, il y a du monde, enfants et mamans pour un petit coup de feu… le pédibus passe, il y a des gens pressés ! 17 h 10. Fait un peu frisquet. Dominique revenu du rond-point actionne le mécanisme qui fera se fermer automatiquement la porte sas et augmente le chauffage et, trois minutes plus tard, c’est impérial : on est vraiment dans le médiabus.
L’heure et demi est passée bien vite, Khedîdja achève une lecture à haute voix pour ses plus jeunes enfants pour repartir avec un monceau de documents. Prochain arrêt, demain samedi, Cours de la République.