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mis en ligne le 6 janvier 2009

Grand Paris - intercommunalité : le Député-maire s'engage

Face à une crise économique majeure et à une Région capitale à la croisée des chemins, le renforcement de la coopération intercommunale des villes est une opportunité vitale pour le développement solidaire du territoire. François Asensi propose la création d’une communauté d’agglomération entre Sevran, Tremblay, Villepinte.

Le pôle gare du Vert-Galant, dernier né des équipements à vocation intercommunale réalisé par le SEAPFA.
Le pôle gare du Vert-Galant, dernier né des équipements à vocation intercommunale réalisé par le SEAPFA. © Mairie de Tremblay-en-France

Vous avez fait récemment une proposition pour la création d’une communauté d’agglomération avec les villes de Villepinte et de Sevran. Pourquoi avoir pris aujourd’hui cette position ?

«

La coopération intercommunale existe depuis près de 40 ans dans le cadre du SEAPFA (NDLR : Syndicat d’Equipement et d’Aménagement des Pays de France et de l’Aulnoye). Depuis 2001, je me suis engagé personnellement pour aller plus loin dans cette intercommunalité solidaire dont nos communes ont besoin. Un travail a été engagé dans ce sens, notamment à travers un diagnostic territorial. Si ce diagnostic a fait apparaître les vertus d’une intercommunalité en termes d’équipements sportifs et culturels, de transports, de logements… il a également mis en avant l’impossibilité pour le syndicat, dans sa forme juridique actuelle, de répondre aux besoins nécessaires de notre territoire. En 2005, avec les maires d’Aulnay, Villepinte et Sevran, nous nous engagions à travailler ensemble pour plus de coopération entre nos villes, avec la volonté d’aller vers une communauté d’agglomération. Mais les intérêts partisans ne nous ont pas permis d’aller plus loin. Les élections de mars 2008 ont toutefois apporté un message clair des citoyens : ils attendent l’intercommunalité.

»

 

Le débat sur le Grand Paris et le devenir de la Région capitale, avec pour axe majeur la plaine de France du Bourget à Roissy, a-t-il influé sur votre position en faveur d’une communauté d’agglomération ?

«

La question d’une réorganisation des territoires dans le sens d’une plus grande solidarité est un enjeu majeur du devenir de l’Ile-de-France. Répartir autrement la richesse de certains au bénéfice de tous, pour accompagner le développement solidaire des territoires, doit être au coeur de notre action, sans oublier la création de nouvelles richesses. Dans quelques semaines, le secrétaire d’Etat chargé du Développement de la région capitale, Christian Blanc, va annoncer les projets de l’Etat pour notre territoire. Si nous conservons la situation actuelle, jamais les citoyens et leurs élus ne pourront choisir leur mode de développement. Entre la spécialisation des territoires dont nous connaissons trop bien les conséquences et un développement solidaire de nos villes, mon choix est bien vite fait. Nous devons donner un signal à l’Etat. Rassemblés, nous sommes plus forts pour dire au gouvernement quelles sont nos ambitions pour notre territoire. Une communauté d’agglomération permettrait de surmultiplier et de rendre plus efficaces les moyens accordés par une juste répartition de la taxe professionnelle. En définitive, si on n’agit pas aujourd’hui, le gouvernement aura loisir de faire ce qu’il veut, sans tenir compte de l’avis et des volontés des citoyens et de leurs élus.

»

 

Le regroupement intercommunal est-il un bon rempart face à la crise ?

«

La crise sociale est présente depuis longtemps dans nos banlieues. La crise économique majeure que nous connaissons vient s’y ajouter. Leurs effets se cumulent et s’amplifient. Face à cette situation, dont on voit à peine aujourd’hui l’extrême gravité, il est de la responsabilité de tout élu de travailler à ce que personne ne reste sur le bord de la route. Le renforcement de l’intercommunalité ne peut être à lui seul un remède à la crise et répondre à toutes les attentes sociales qu’elle produit. En revanche, plus de coopération intercommunale est un moyen d’agir plus efficacement contre ses effets, grâce à l’amélioration des conditions d’habitat, à plus de transports vers les bassins d’emploi, à des dispositifs de formation...

»

 

Y’a-t-il une taille idéale pour une communauté d’agglomération ?

«

Avec deux aéroports, celui du Bourget et de Charles-de-Gaulle, plusieurs parcs d’activités, le parc des expositions du Bourget et de Paris Nord Villepinte, de puissantes bases logistiques et commerciales, des hôpitaux publics et privés desservis par le RER, des autoroutes et nationales, ce territoire qui va de Dugny en passant par le Bourget, les villes du SEAPFA à Mitry-Mory et Compans est un territoire idoine. Par sa cohérence, c’est vers quoi nous devons tendre. J’aurais souhaité que le territoire du SEAPFA soit une première étape de cette communauté d’agglomération mais plusieurs villes n’étaient pas prêtes. Dans un contexte de crise et sur fond de réforme des institutions, nous ne pouvons attendre. J’ai donc proposé un rapprochement entre Tremblay, Sevran et Villepinte, qui constituera cette première étape et qui aura vocation à s’agrandir. J’ai la volonté d’agir maintenant pour garder des moyens d’action demain.

»

 

Quel est l’enjeu d’un regroupement intercommunal ?

«

Et plus singulièrement, quel est celui qui concerne Tremblay, Sevran et Villepinte ? L’enjeu général, c’est pouvoir se donner plus de moyens d’agir avec pour objectif, comme je le disais précédemment, un développement solidaire des territoires. C’est d’ailleurs ce qui n’a cessé d’animer le regroupement intercommunal entre Tremblay, Villepinte, Sevran, Aulnay et Le Blanc-Mesnil depuis 1971. Les actions engagées par le SEAPFA et les résultats obtenus pour les habitants sont significatifs et visibles par tous : le nouveau pôle gare du Vert-Galant, l’exploitation de la géothermie, la passerelle, le parc équestre du Château bleu… Mais aujourd’hui, face aux défis de l’emploi, la formation, le logement, le transport, la santé, le respect de l’environnement, un nouvel élan est nécessaire.

»

 

En prenant position pour l’intercommunalité, il s’agissait donc de lancer un mouvement ?

«

L’intérêt général et celui des habitants demandent une communauté d’agglomération. Maintenant que nous avons lancé la dynamique, c’est dorénavant aux élus, aux militants des associations sportives et culturelles, au monde de l’entreprise et de l’économie, aux personnalités de la société civile et à tous les citoyens, de s’approprier le projet intercommunal pour en construire le contenu. La communauté d’agglomération est au service de tous. Ce sont les citoyens qui choisiront ce qu’ils veulent en faire.

»