Accueil / Ville monde / Histoire et patrimoine / Patrimoine / L'église Saint-Médard

envoyerimprimerexporter en PDF

L'église Saint-Médard

L'église Saint-Médard est un édifice original offrant un exemple de juxtaposition d'expressions architecturales d'époques différentes. Ici, la confrontation des deux styles Renaissance et classique instaure un dialogue vivant et intéressant.

Menacée d'effondrement dans sa partie occidentale au milieu du XVIII e siècle, les travaux de reconstruction de la façade ouest, des trois premières travées et du clocher furent confiés en 1781 à Cellerier(*), architecte parisien de renom. L'expression sobre, voire austère, aux lignes épurées est caractéristique de l'architecture classique de la fin du XVIIIe siècle, puisant ses sources dans l'antiquité grecque et romaine comme l'attestent la présence du fronton et de la frise sur la façade. La partie d'origine comporte l'abside, éclairée par une magnifique baie à ogive et meneaux flamboyants et les quatre dernières travées. à l'intérieur, la nef et les bas-côtés sont voûtés d'ogives avec des clefs pendantes (**) typiques de l'architecture de la Renaissance

En 1822 une sculpture du Christ en majesté, ajoutée sur le fronton de la façade, réaffirme la vocation d'édifice cultuel de l.église, transformée en Temple de la Raison pendant la Révolution. En 1875, le clocher est surmonté d'un campanile afin d.être visible de plus loin dans la plaine.

* Cellerier (1742-1814) : auteur, à Paris surtout, de nombreux hôtels particuliers et théâtres ainsi que d'une partie de l'école vétérinaire d'Alfort (1786).

** Clef de voûte pendante : élément décoratif suspendu au sommet d'une voûte.

L'église Saint-Médard
L'église Saint-Médard © Mairie de Tremblay-en-France

Ses peintures de lumière

L’iconographie religieuse développée sur les surfaces vitrées de Saint-Médard appartient au fond commun des grandes religions du Livre.
Les parties hautes des vitraux de la 9e travée sont dédiées au fondateur du monothéisme, le Moïse de la Bible et du Nouveau Testament, le Moussa du Coran.

Localisation
Localisation

Par leur style et leur localisation, les vitraux se divisent en deux groupes :

- ceux du chœur illustrent des passages de l’Ancien et du Nouveau Testament. Il est probable que l’artiste a conçu un projet original pour l’ensemble de la partie Renaissance de l’édifice. Pour cette raison, il a opté pour le style néogothique mis à la mode par les romantiques.

- ceux de l’avant-nef sont consacrés à des Saints, représentés en pied, dans un style Saint-Sulpicien. Ils ont été réalisés par l’atelier Lusson d’après des cartons utilisés en série. Les vitraux sont adaptés aux dimensions des baies par les frises qui encadrent le sujet central.

  1. Lusson-création originale de style néogothique (orange)
  2. Atelier Lusson-création en série faisant penser à la statuaire de style St-Sulpicien (bleu)
  3. Atelier Lusson-style néogothique (vert)

Description des vitraux

Fondements de la foi chrétienne

Localisation
Localisation
Fondements de la foi chrétienne
Fondements de la foi chrétienne

Vitrail à la fois le plus vaste et le mieux mis en évidence, la grande verrière est consacrée aux fondements même de la foi chrétienne.

Le côté gauche est consacré à l’institution de l’Eucharistie : la partie inférieure est illustrée par une scène de l’Ancien Testament : Melchidésech offrant à Dieu un sacrifice de pain et de vin, symbole annonçant l’Eucharistie dont on voit l’institution dans la partie haute du vitrail qui représente la Cène.Le côté droit est consacré à la crucifixion. Ici encore, l’accomplissement du Nouveau Testament est annoncé par un épisode tiré de la Bible, le sacrifice d’Abraham présenté dans la partie inférieure droite. Les multiples facettes iconographiques du double sacrifice puisent dans les cultures juive et chrétienne, mais elles sont également présentes dans la religion musulmane.

Moïse et le serpent

Localisation
Localisation
Moïse et le serpent
Moïse et le serpent

Ce vitrail est dédié à Moïse dressant le serpent d’Airain. Cet emblème a le pouvoir d’immuniser ceux qui tournent leurs regards vers lui, contre les morsures de serpents, représentation symbolique du mal. L’épisode symbolise la confiance que les chrétiens doivent avoir dans le Christ vers lequel ils doivent tourner leur regard.

La source miraculeuse

Localisation
Localisation
La source miraculeuse
La source miraculeuse

Le vitrail illustre l’épisode de l’Exode dans lequel Moïse fait jaillir, dans le désert, une source miraculeuse. L’eau jaillit abondamment, symbolisant la sollicitude de Dieu qui pourvoit aux besoins de son peuple. Veni electa mea Les vitraux de la chapelle latérale nord sont dédiés à la Sainte-Vierge.Ils sont en harmonie avec le bas-relief du XVIIe intitulé " L’adoration des Bergers " qui orne le mur. Le vitrail jouxtant la grande verrière représente le couronnement de la Vierge. L’inscription VENI ELECTA MEA rappelle que Marie est l’élue de Dieu. Le vitrail suivant est l’Annonce faite à Marie. L’artiste a interprété librement le récit de Saint Luc.

Veni electa mea

Localisation
Localisation
1-Couronnement de la vierge
1-Couronnement de la vierge
2-Annonce faite à Marie
2-Annonce faite à Marie

Les vitraux de la chapelle latérale nord sont dédiés à la Sainte-Vierge. Ils sont en harmonie avec le bas-relief du XVIIe intitulé « L’adoration des Bergers » qui orne le mur.

1 - Le vitrail jouxtant la grande verrière représente le couronnement de la Vierge. L’inscription VENI ELECTA MEA rappelle que Marie est l’élue de Dieu.

2 - Le vitrail suivant est l’Annonce faite à Marie. L’artiste a interprété librement le récit de Saint Luc.

Saint Joseph

Localisation
Localisation
1-La mort de saint Joseph
1-La mort de saint Joseph
2-Joseph charpentier
2-Joseph charpentier

La chapelle sud est dédiée à saint Joseph. Elle est en harmonie avec le bas-relief du XVIIe La Fuite en Égypte.

1 - Le vitrail gauche représente la mort de saint Joseph. La scène ne figure pas dans les textes sacrés, elle est tirée de la tradition.

2 - Le vitrail suivant évoque Joseph Charpentier et Jésus enfant, façonnant une pièce.

Saint Pierre

Localisation
Localisation
1-Vocation des premiers Apôtres
1-Vocation des premiers Apôtres
2-Le Boiteux de la Belle Porte
2-Le Boiteux de la Belle Porte
3-Libération de Saint Pierre
3-Libération de Saint Pierre
4-Crucifixion de Saint Pierre
4-Crucifixion de Saint Pierre

1 - La baie s’ouvre sur la vocation des premiers Apôtres. Jésus est représenté au milieu des premiers apôtres qu’il vient de rencontrer, alors qu’il longeait le lac de Galilée. Il lève la main droite, en signe de bénédiction et tient l’apôtre Pierre de l’autre main. Ce geste rappelle à la fois le pouvoir qui a été transmis à Pierre et le soutien que le Christ accorde à son Église.

2 - Le sujet évoque le Boiteux de la Belle Porte. Pierre qui se rend pour prier au Temple de Jérusalem, en compagnie de Jean, guérit un infirme, boiteux, à la porte de Temple dit la Belle Porte.

3 - Il est question ici de la libération miraculeuse de Saint Pierre, arrêté sur l’ordre du roi Hérode. Pierre, doublement enchaîné, dormait entre deux soldats. L’artiste représente la scène au moment où les chaînes se brisent miraculeusement.

4 - La série se termine sur la crucifixion de Saint-Pierre. Conformément à la tradition, le martyr est représenté la tête en bas. Certaines parties de ce vitrail sont très dégradées, notamment le visage du saint.

Saint Paul

Localisation
Localisation
Conversion de Saul
Conversion de Saul
Prédication de Paul et Barnabé
Prédication de Paul et Barnabé
Prédication de Paul
Prédication de Paul
Décapitation de Saint Paul
Décapitation de Saint Paul

L’apôtre des Gentils. Comme dans le bas côté nord, la série de vitraux dédiés à Saint Paul est ordonnée en quatre tableaux, disposés d’ouest en est, culminant dans le martyr de l’Apôtre.

1 - La série s’ouvre sur la conversion de Saul. L’artiste a représenté Saul vêtu d’une cuirasse dorée, symbole de sa dureté et d’un manteau de pourpre, insigne de son rang social. Sa main gauche s’appuie sur son bouclier et la droite levée, semble vouloir repousser la vision qui se révèle à lui.

2 - Le vitrail a pour sujet la prédication de Paul et Barnabé à Lystres, en Asie Mineure. Après avoir miraculeusement guéri un paralytique (Actes, XVI : 8-18), Paul et Barnabé sont pris, en raison de leur pouvoir miraculeux, pour les dieux Hermès et Zeus. Saint Paul horrifié s’adresse à la foule "Amis, qu’allez-vous faire, nous ne sommes que des hommes de la même condition que vous".

3 - Le vitrail illustre la prédication de Paul à l’Aéropage d’Athènes (Actes, XVII : 19).

4 - Le dernier vitrail de la série a pour sujet la décapitation de saint Paul. Le Saint qui eut la tête tranchée à Rome en 67, est représenté à genoux, en prière, torse nu, mains jointes.

Saint Médard et Saint Denis

Localisation
Localisation
1-Saint Médard
1-Saint Médard
2-Saint Denis
2-Saint Denis

1 - Le vitrail sud est dédié à saint Denis. Il rappelle ainsi que Tremblay a appartenu, du IXe siècle à la Révolution à l’abbaye de Saint Denis. D’après Grégoire de Tours, le Saint fut évêque de Paris vers 250.

2 - Le vitrail nord est consacré à saint Médard, dont l’église porte le nom. Saint patron de la paroisse, Médard est originaire d’Ile-de-France, où il naquit vers 456 à Salency. Il devint évêque de Noyon et de Tournai en 532. Clotaire fit transporter ses restes dans la métairie royale de Crouy, près de Soissons. Sa fête est célébrée le 8 juin et est encore marquée, au Vieux-Pays, par une fête populaire.

Les saints

Localisation
Localisation
1-Saint Louis
1-Saint Louis
2-Sainte Geneviève
2-Sainte Geneviève
3-Sainte Anne
3-Sainte Anne
4-Saint Joachim
4-Saint Joachim

Les vitraux de l’avant-nef sont consacrés à des Saints, représentés en pied dans une attitude hiératique qui fait penser à la statutaire de style Saint-Sulpicien.

Il est à noter que tous ces personnages reposent sur un piédestal. L’artiste a donc voulu évoquer des statues, plutôt que des personnages vivants.

1 - Le vitrail est dédié à saint Louis. Il ne semble pas que ce choix puisse avoir été guidé par des considérations locales.

2 - La baie sud de la deuxième travée est consacrée à sainte Geneviève. Fille de paysan, patronne de Paris, elle est célèbre pour avoir dissuadé les parisiens de fuir à l’approche des Huns en 451.

3 et 4 - La troisième travée est dédiée à deux saints présentés par la tradition comme les parents de la Vierge Marie : saint Joachim dans la baie sud et sainte Anne au nord.

L'entrée

Localisation
Localisation
Apparition du Sacré-cœur à Sainte Marguerite-Marie
Apparition du Sacré-cœur à Sainte Marguerite-Marie

La série des vitraux néogothiques réalisés par Lusson, interrompue au niveau des 4e, 3e et 2e travée, reprend au niveau de la 1ère travée, avec le baptême du Christ au sud, l’apparition du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie au nord.

Lusson, l'artiste du lieu

Bien que l'église comporte deux types de vitraux, nous n’avons pu relever que le nom d’un seul auteur LUSSON, plusieurs fois évoqué en qualité de " peintre sur verre " et dont la signature figure sur la plupart des vitraux. En 1833, le peintre verrier Antoine Lusson fonde son atelier dans la ville du Mans, centre alors très actif dans le domaine de la peinture sur verre. Celui-ci s’illustre essentiellement dans la production de vitraux archéologiques néo-gothiques et également dans la restauration des verrières des grands édifices.Son talent fut reconnu par les grands spécialistes du néo-gothique tels les architectes Lassus et Viollet-le-Duc.

Lorsque Antoine Lusson meurt en 1853, Antoine Lusson, fils, reprend l’atelier. Tous deux portant le même prénom, la difficulté d’attribuer à l’un ou à l’autre une œuvre signée et datée antérieure à 1853 a entraîné des confusions. Pour ce qui concerne les verrières de l’église Saint Médard, elles ne peuvent être attribuées qu’à Antoine Lusson, fils, puisqu’elles ont été exécutées en 1869. Il s’agit de verrières archéologiques de style non plus médiéval mais Renaissance.

Ses principales réalisations :

  • vitraux de l’église Saint Médard (1869)
  • restauration des vitraux de la cathédrale Saint Julien du Mans (1858)
  • quelques réalisations pour Notre-Dame de Paris

À sa mort en 1876, l’atelier est repris par un de ses collaborateurs mais son activité ne fit que décliner.

Le programme de restauration

L'église Saint-Médard a subi de 1987 à 1998 plusieurs tranches successives de travaux de consolidation et de restauration.

  • En 1987 : consolidation de la voûte du XVIe siècle (dont la mise sur cintre de la voûte et la pose d'agrafes métalliques) pour un coût total de 400 000 F soit 61 000 euros (dont 63% à la charge de la Ville, le solde à celle de l'Etat).
  • Suite aux tempêtes de 1989 et 1990 ayant endommagé la toiture de la nef et des collatéraux, un programme de travaux découlant de l'étude préalable de Jacques Lavedan, architecte en chef des Monuments historiques, prévoyait la restauration de l'édifice en 3 tranches.
  • 1993-1996 : 1er tranche, couverture de la nef, stabilisation de l'ouvrage par la pose de pinces en béton sur les piliers nord (travées 5 à 9). Le coût s'est élevé à environ 1 850 000 F soit 282 000 euros (38% à la charge de la Ville, le solde fut pris en charge par l'Etat, la Région et le Département).
  • 1997-1998 : 2e tranche, consolidation et réfection des toitures de la nef et des bas-côtés ainsi que des parements de la voûte du vaisseau central datant du XVIe siècle. Le coût de cette seconde tranche s'est élevé à 1 787 434 F soit 272 492 euros (dont 39% à la charge de la Ville, 35% à la charge de l'Etat, 27,3% à la charge de la Région). Ce programme de Lavedan est resté inachevé en raison du départ des architectes.

2004 - 2007 : la fin de la restauration

Faisant suite à ces campagnes successives, le dernier programme de travaux a pour objectif l'achèvement de la restauration de l'édifice. Il découle de l'étude préalable réalisée en 1999 par Daniel Lefèvre, architecte en chef des Monuments historiques. Ce programme porte sur la consolidation des fondations, les maçonneries extérieures et intérieures des parties XVIe et XVIIIe siècle, la réfection de la charpente, des couvertures et du clocher. Le programme prévoit également la restauration des vitraux, des menuiseries intérieures, des sols y compris les principes de distribution des fluides (électricité et chauffage).

Le coût global de l'opération s'élève à 2 702 000 euros dont la moitié est à la charge de la Ville. Les principaux financeurs sont l'Etat, le Département et la Région.

Voir l'intérieur de l'église à 360°
L'église Saint-Médard dans l'atlas du patrimoine de la Seine-Saint-Denis