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Le Vieux-Pays n’en finit pas de livrer son histoire
A l’occasion du chantier de raccordement à la RD40, les archéologues du département effectuent sur le site des fouilles prometteuses.

Si vous passez au Vieux-Pays, vous les apercevrez certainement, au sud du ruisseau du Sausset, à quelques dizaines de mètres des engins de chantier, affairés à fouiller minutieusement le sol. Encadrés par Christina Goncalvez, responsable du chantier, les archéologues du département sont à leur affaire. Leur travail entre dans le cadre de ce que l’on appelle l’archéologie préventive, une obligation légale qui permet de protéger les vestiges avant la réalisation de tout projet d’aménagement. Dans un premier temps, un diagnostic archéologique a donc été réalisé, en avril 2004, préalablement à la mise en route du chantier.
Comme l’explique Sandrine Lefèvre, médiatrice en archéologie au Centre d’archéologie du 93 : “cette zone était déjà connue comme étant sensible. En effet, de nombreuses prospections au sol, réalisées par l'Association Jeunesse Préhistorique et Géologique de France dans les années 1980, avaient révélé une présence humaine dès le Paléolithique et qui se poursuivait jusqu'au haut Moyen Age. Le Vieux-Pays de Tremblay est, par ailleurs, bien connu des archéologues comme étant un village médiéval habité depuis l’époque mérovingienne.” Sur les 3 km de la future voie, deux tranchées continues et parallèles ont donc été creusées à l'aide d'une pelle mécanique.
Le creusement se limitant à la profondeur où apparaissent les premiers vestiges archéologiques, soit 50 cm en moyenne. “Nous avons ainsi pu dénombrer 156 structures (NDLR : ce terme nomme tous les vestiges qui ne sont pas des objets : habitation, puits, fondations diverses…) qui se remarquent par une couleur souvent plus sombre. Chacune est fouillée afin d'en identifier la fonction et de préciser la datation à l'aide des objets qu'elle contient.” La majorité des vestiges retrouvés se concentrent au sud du ruisseau Le Sausset. La plus ancienne occupation humaine repérée par les archéologues remonte à la transition entre l’Âge du Bronze et l’Âge du Fer (environ 1 000 ans avant J.C.). Mais les faibles indices ne permettent pas encore de préciser le type d'installation dont il s’agit.
L'eau de la rivière a charrié et déposé sur ses rives anciennes une quantité importante de fragments d'amphores ce qui attesterait au moins de la proximité immédiate d’habitations protohistoriques et antiques. En fait, l’essentiel des vestiges retrouvés date du début du Moyen Âge. Il s’agit uniquement de creusements : restes de cabanes, silos (fosses de conservation des aliments), fossés, trous de poteaux (seuls témoins des habitations en bois). “Ainsi, nous pouvons attester que l'espace était habité du VIIIe au XIIe siècle sans interruption” poursuit Sandrine Lefèvre. “Malgré le nombre de structures et leur concentration, le mobilier est relativement pauvre et constitué essentiellement de fragments de poteries ce qui rend l'interprétation du site délicate.”

Devant ces résultats positifs, la fouille exhaustive de la zone sud du Sausset a été programmée, elle a débuté en octobre dernier et devrait se poursuivre jusqu’à la fin mars pour laisser la place à la route départementale. Pour l’instant, les données du diagnostic se confirment. Quelques vestiges gaulois ont été repérés, mais l’essentiel date du début du Moyen Âge (entre le Ve et le Xe siècle). Toutefois, la quantité de vestiges dépasse largement ce que pouvaient laisser imaginer les tranchées de sondage qui ne permettent d’évaluer qu’environ 10% du sous-sol. Pour respecter les délais, les archéologues devront maintenir un rythme de fouille soutenu pour réussir à étudier les 12 000 m2 de terrain.