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En s’engageant dans un vaste programme de construction de logements, Tremblay prépare l’avenir. D’ici 10 ans, la Ville entend mener à terme son projet de rénovation urbaine. Il ne s’agit pas d’apporter quelques retouches par-ci par-là. Rénover la ville c’est intervenir de manière conséquente sur le bâti pour mieux répondre aux besoins des habitants, c’est repenser la ville pour demain.
Avec la construction de 200 logements par an pendant six ans, contractualisée avec l’État en 2009, la municipalité met en œuvre sa politique de solidarité et de modernité. Elle dote le territoire d’un habitat de qualité. Et redessine une ville encore plus agréable à vivre.
François Asensi donnait le cap en ouverture du Conseil municipal du 18 février dernier : « Nous voulons proposer une offre de logement nouvelle, un habitat de qualité, avec des bâtiments à taille humaine. Nous voulons créer une ville agréable à vivre pour tous.» Les élus ont ainsi adopté une convention de partenariat avec Vilogia qui fera date. Cette société HLM s’engage à construire plus de 220 logements à très haute performance énergétique d’ici 2014 et à en démolir 174 devenus invivables aujourd’hui.
Des programmes sont d’ores et déjà engagés. Une petite opération de 18 logements locatifs fin 2011 aux Cottages. La Résidence du Vert-Galant début 2012, avec 33 logements en accession sociale à la propriété et 66 petits logements locatifs. 124 logements pour jeunes actifs et un programme de 30 logements en accession sociale à la propriété courant 2012 au Vieux-Pays. L’extension du foyer pour handicapés des Bruyères. 23 maisons individuelles et un programme de 65 logements locatifs à l’horizon 2014 dans le quartier Prévert.
Le programme du Cours de la République se terminera vers 2013 avec l’arrivée d’une centaine de nouveaux logements et des commerces rénovés. Enfin, d’autres projets de constructions sortiront de terre d’ici la fin de la décennie, afin d’assurer aux Tremblaysiens de vrais parcours résidentiels.
L’un des enjeux du renouvellement urbain est de transformer le centre-ville en un quartier de ville et non plus un quartier à part. Conçu dans les années 60, le coeur de ville abrite une grande proportion de logements HLM, des bâtiments construits d’une façon très ouverte, dont certains sont devenus vétustes ou des lieux d’insécurité.
Pendant 20 ans, la municipalité s’est attachée à moderniser la ville : rénover et construire écoles, restaurants scolaires et équipements comme le Parc des Sports ou le Jardin des Cultures ; développer la médiathèque Boris-Vian, l’Espace Mikado, la Boutique emploi ou l’Équipement jeunesse. « La diversité et la qualité de ses équipements placent Tremblay pas loin de l’excellence », affirme Patrick Bugeaud, directeur du Renouvellement urbain.
Au début des années 2000, la mairie a réalisé un premier programme de renouvellement urbain avec la création du Cours de la République et de la rue Lénine, mais aussi l’implantation de services publics comme le centre de santé municipal, le Pôle emploi, les services départementaux, la division démocratie locale… Cet aménagement a transformé en profondeur l’image et le fonctionnement du quartier et constitue un socle solide pour de nouvelles réalisations.

Plus récemment, la résidentialisation des copropriétés comme des ensembles locatifs, et la sécurisation des parkings « ont notamment permis de réduire les espaces en déshérence au sein des îlots, de réduire le territoire de la malveillance », précise Patrick Bugeaud. Pour favoriser le développement de la résidentialisation, la Ville a choisi de reconduire le dispositif de subvention aux copropriétés et aux bailleurs sociaux.
Mais l’urbanisme des années 60 a aussi produit un mélange de la propriété foncière qui créée beaucoup de confusion : « On ne sait plus quoi appartient à qui et qui entretien quoi », déplore P. Bugeaud. Et les décisions concernant les espaces verts, l’éclairage, le stationnement, la voirie s’en trouvent ralenties. La résidentialisation s’est donc accompagnée de la redéfinition des parcelles pour clarifier le fonctionnement des charges, distinguer les travaux qui relèvent des pouvoirs publics, des différents bailleurs ou des propriétaires privés.
De nouvelles rues ont été créées pour désenclaver les îlots et améliorer l’accès aux équipements. Cette intervention facilite l’entretien des groupes de logement et des espaces publics attenants. Après le quartier Prévert, en cours de réalisation, les îlots Eugénie-Cotton et Paul-Langevin seront réaménagés à la suite du Cours de la République.
« Chez moi, la résidentialisation n’avance pas assez vite, déplore une habitante du quartier. Le parking souterrain fonctionne très bien, avec vidéosurveillance et contrôle d’accès. Mais la clôture de l’immeuble traîne en longueur. Elle n’est même pas terminée qu’il y a déjà un squat tous les soirs, avec des personnes extérieures à la ville. J’en suis malade… ».
La municipalité a mis en place des rendez-vous de concertation pour que les remarques des habitants conduisent les bailleurs à ajuster les travaux. Tremblay doit surtout composer avec ses seuls moyens, comme le rappelle Madani Ardjoune, adjoint au maire chargé du Renouvellement urbain : « La commune ne bénéficie pas des financements de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) parce qu’elle dispose d’un potentiel fiscal au-dessus de la moyenne avec la proximité de l’aéroport. Du coup, quand Sevran dispose – à juste titre – de 80 millions d’euros pour rénover un quartier, Tremblay doit autofinancer 4 à 5 millions pour remodeler un îlot ». La municipalité a dû multiplier les partenariats avec les différents bailleurs pour réaliser ses projets. La progression ne peut se faire qu’îlot par îlot.

La résidentialisation n’apporte pas la solution à tout. Patrick Bugeaud met l’accent sur « le phénomène de la pelouse. Elle résiste à dix personnes qui traversent. En revanche, elle ne résiste pas à 80 passages par jour. Les tours qui accueillent 60 à 70 logements répondent aux mêmes règles. Malgré les réhabilitations des années 90, ces ensembles se sont vite retrouvés dans le même état de délabrement qu’auparavant.»
L’architecture n’est pas la première responsable. Comme le fait remarquer le Maire : « Dans les tours de la Défense, où les familles ont de bons revenus, on ne rencontre pas les mêmes phénomènes. Ce qui est en cause, c’est la concentration des familles en difficulté dans un pays traversé par une grave crise du système. »
Il faut donc bien aller plus loin ; rénover quand on le peut encore, reconstruire des logements adaptés et démolir quand il n’y a plus d’autres solutions. La nécessité du moment reste d’offrir à toutes les familles de Tremblay, quelque soit leur situation économique, la possibilité de se loger dignement et de changer de logement en fonction de leur évolution personnelle.
« La situation devient urgente, analyse Madani Ardjoune. Les quotients familiaux de la ville montrent que la précarité et la pauvreté augmentent. Les logements où plusieurs familles cohabitent sont de plus en plus fréquents en HLM. Avec de lourdes conséquences en termes d’encadrement des enfants, de réussite scolaire, d’effet d’entraînement vers les incivilités voire la délinquance, et de dégradation des habitations. »
Pour répondre à toutes les demandes des Tremblaysiens, il faut construire de manière équilibrée du logement social, du logement intermédiaire, du logement pour jeunes actifs, du logement en accession sociale et en accession à la propriété. Mais il faut aussi se résoudre à démolir certaines tours dans lesquelles la vie sociale n’est plus possible.
Comment peut-on vivre sans oser inviter ses amis à la maison parce qu’on a honte de l’urine dans l’ascenseur, des graffitis et de la saleté des escaliers, parce qu’on a peur qu’ils se fassent agresser ?
Les constructions projetées, de hauteur modeste et respectueuses de l’environnement, assureront plus de convivialité et limiteront ces incivilités qui pourrissent la vie. « Nous ne chassons personne, explique Madani Ardjoune. Les foyers les plus modestes doivent rester et vivre en toute dignité à Tremblay. Mais nous voulons que les copropriétaires et les propriétaires de pavillons apprécient leur quartier. Les uns et les autres représentent une richesse pour le monde associatif, pour les commerces, pour la ville…
Offrir à tous des conditions de logement décentes, un cadre de vie agréable et plus tranquille, c’est d’abord cela le renouvellement urbain. Reste à dynamiser l’activité commerciale du centre-ville comme le préfigure l’arrivée du nouveau parking rue Mandela et la construction d’une nouvelle galerie marchande Cours de la République. »
