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« Je n’ai pas voulu transformer votre patrimoine en logement très social. Nous avons déjà plus de 2 200 logements sociaux dans le Grand ensemble. Nous voulons préserver une mixité de population à Tremblay. La richesse d’une ville, c’est sa diversité. C’est pourquoi, nous faisons en sorte que les copropriétaires restent aussi en centre-ville ». C’est par ces mots que le maire, François Asensi, a débuté la réunion organisée par la SEMIPFA (Société d'économie mixte intercommunale du pays de France et de l’Aulnoye), le 19 novembre 2011 en mairie.
La SEMIPFA, qui a investi 32 millions d’euros pour acquérir 430 logements fin 2009, engage un processus de concertation avec les locataires de la résidence Grande Lafayette située allées Ader, Berthelot et Condorcet.
Pour préparer au mieux la future résidentialisation, qui doit amener une amélioration de la vie de la résidence, Madani Ardjoune, président de la SEMIPFA, a expliqué la démarche de concertation qui démarre pour ce projet : « Nous aurons la même démarche que pour l’îlot Prévert. Nous vous consulterons régulièrement sur les questions d’aménagement de votre quartier. La réunion d’aujourd’hui est le début d’une série d’échanges. Cette démarche participative a pour objectif de réaliser un diagnostic qui tienne compte de vos observations. Nous ne sommes pas autistes. Nous savons que vous vivez des difficultés au quotidien. Nous voulons que les gens se sentent bien dans leur résidence.»
Pour avoir une démarche cohérente d’aménagement, la SEMIPFA a demandé à Giovanni Bellavitti, l’architecte du Palais des sports et de la place des Droits de l’Homme, de faire des propositions de résidentialisation. Il a présenté au cours de la réunion diverses options d’aménagements. Celles-ci tiennent compte des problématiques du quartier : stationnement sauvage et déficitaire, difficulté de circulation piétonne et automobile à l’intérieur de la parcelle, manque de sécurité des espaces extérieurs.
Selon lui : « La résidentialisation ne peut se limiter à installer juste une clôture autour des immeubles. Il faut aussi résoudre les problèmes de stationnement, d’accès difficiles et d’espaces à l’abandon dans la résidence. À cela s’ajoute d’autres problèmes liés à la proximité de la gare du Vert-Galant, aux espaces verts peu engageants ou encore au manque de luminosité. »
Et de poursuivre : « L’idée, c’est de retravailler toute l’avenue de la Résistance en trouvant une continuité de circulation. C’est également de rétrocéder une partie de l’emprise publique à la résidence, afin d’aménager par exemple des espaces de jeux pour les enfants. D’où l’importance de bien délimiter les espaces publics et privés. »
Les autres aménagements consisteront à refaire les réseaux d’assainissement, mais aussi l’habillage des bâtiments, l’isolation phonique et thermique ainsi que les VMC. À la demande du maire, la résidence est restée raccordée au réseau de géothermie. Et la ville subventionnera les travaux afin d’éviter l’impact sur les loyers des locataires.
Les questions de tranquillité étaient aussi au coeur de la réunion. Elles ont été abordées d’emblée par les locataires : « Je voudrais plus de sécurité dans le quartier. Je me suis fait agresser allée Ader. Les caves sont cassées. »
Une autre locataire : « Cela fait 44 ans que j’habite au rez-dechaussée du 3 allée Ader. J’étais la première locataire dans mon immeuble. Lorsque je suis arrivée, c’était formidable. La résidence s’est dégradée à une vitesse vertigineuse. Les nouveaux locataires ne respectent plus rien. Il y a du bruit la nuit, des motos sur des balcons. Si on se plaint, on reçoit presque des menaces. »
Le maire a tenu à affirmer la position de la municipalité : « Sur les problèmes de tranquillité publique, notre détermination est totale. Nous ne laisserons pas certains halls aux mains des trafiquants. Nous travaillons en étroite coopération avec le préfet de Seine-Saint-Denis, les services de la police judiciaire et le procureur. Le travail mené dans le cadre de la résidentialisation doit aussi permettre de résoudre les conflits d’usage sur les espaces extérieurs. »
Une locataire excédée : « J’habite au 1 allée Ader. Lorsque je rentre le soir de mon travail, je n’ai pas de place pour garer ma voiture. Des gens de l’extérieur viennent se garer dans la résidence. Il n’y a pas de recette miracle. Le problème des parkings ne pourra se régler que si les gens font preuve de civisme. »
Un autre : « On pourrait mieux délimiter les stationnements et améliorer l’entretien des parkings. Des locataires ne se garent pas à certains endroits parce que la voirie est encombrée de verres cassés ou de détritus. » La proximité de la gare et de l’équipement sportif de Villepinte contribue au problème de stationnement sauvage et anarchique. À cela s’ajoute un déficit de 80 places sur l’ensemble de la résidence.
Le premier chantier sera consacré à la résidentialisation de l’îlot. Il devrait débuter à la rentrée 2012. Le second, en 2013, concernera la réhabilitation des bâtiments. Dans le cadre de la rénovation du Grand ensemble, une nouvelle construction de 47 logements sociaux est également prévue, au sud de l’îlot Berthelot, dans le prolongement du cours de la République. D’ici là, la concertation va se poursuivre puisque d’autres rencontres vont être organisées avec les habitants et les techniciens afin d’affiner le projet.