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mis en ligne le 13 juillet 2011

Parenthèse tremblaysienne en Avignon

Le théâtre Louis-Aragon et le forum du Blanc-Mesnil présentent à Avignon des compagnies qu’ils accueillent en résidence. Un bel exemple de collaboration et de partage, et un joli pied-de-nez aux préjugés sur la Seine-Saint-Denis.

Lointain version « plein air » © Mairie de Tremblay-en-France
Lointain version « plein air » © Mairie de Tremblay-en-France

10h. Avignon centre, rue des Études. Théâtre La Parenthèse. La fraîcheur a déjà disparu, la chaleur est encore douce, et les danseurs d’Alban Richard se préparent à présenter Lointain version « plein air », une adaptation de la création originale du chorégraphe (2007), présentée au théâtre Louis-Aragon il y a quelques années. Ses danseurs partagent le plateau avec une compagnie portée par le Forum du Blanc-Mesnil.

C’est ensemble que les deux structures, toutes deux scènes conventionnées soutenues par le Conseil général, ont monté le projet « La belle scène Saint-Denis ». Les voilà en Avignon pour partager avec le public et les professionnels, le travail d’artistes qu’elles accompagnent à l’année.

Une cour intérieure, de vieilles pierres, le parfum d’un tilleul, une matinée agréable. Un cadre original pour jouer une nuit d’amour, celle de Tristan und Isolde de l’opéra de Wagner. Alban Richard s’est en effet penché sur la scène 2 de l’acte 2 pour créer ce qu’il appelle un objet chorégraphique.

L’équipe du théâtre Aragon et celle de La Parenthèse accueillent ensemble les spectateurs qui prennent place sur les gradins. Parmi eux, quelques professionnels du milieu culturel. Sur le plateau installé dans cet espace-jardin, les corps se meuvent, le duo se rapproche, se frôle sans jamais se toucher. Tristan et Iseult c’est l’histoire d’un amour impossible. Le temps semble se suspendre. Le « tac » du métronome retentit distinctement en même temps que se joue la musique de Wagner. Belle émotion.

Vendredi c’est le chorégraphe Philippe Ménard qui prend le relais. Il présente I wanna dance all night, un solo qu’il a en partie créé au théâtre Louis-Aragon.

Un chorégraphe de renom parle de la Seine-Saint-Denis

11h30. Tout juste le temps de faire le point avec Mélanie Cholet et Max Fossati, des danseurs avec lesquels il travaille depuis plusieurs années, Alban Richard rejoint le Village du Off, un espace de rencontres et de discussions ouvert à tous. Comme de nombreux autres artistes il y est invité pour expliquer son travail, présenter son œuvre et répondre aux questions.

Quelques mois auparavant, dans le cadre de sa résidence au théâtre Louis-Aragon, il dansait dans le hall de l’Hôpital privé du Vert-Galant, il animait des ateliers auprès des Tremblaysiens. Hier à Montpellier, aujourd’hui à Avignon, demain sur la scène nationale d’Orléans, à la rentrée à Saint-Quentin-en-Yvelines… Alban Richard a déjà une belle notoriété.

À chaque lieu il adapte un projet, toujours en impliquant la population. « Je suis venu parce qu’une invitation comme celle-ci ne se refuse pas. Je suis venu pour le théâtre Louis-Aragon et pour la Seine-Saint-Denis. Cela fait maintenant plus de six ans que je travaille dans ce département. Les gens que je rencontre traversent les processus de création des œuvres que je propose. »

Quand l’animateur de la conférence lui pose la question de « ces territoires réputés difficiles », Alban répond tout simplement : « Il faut avoir confiance en l’intelligence humaine. Mon travail est radical : la musique classique, le nu… J’ai mené des ateliers avec des gens en hôpital de jour, avec des jeunes, je les confronte à mes créations, on réfléchit ensemble sur les sujets abordés. Tout le monde peut traverser ces processus. Avoir confiance c’est tout. »

Théâtre la Parenthèse © Mairie de Tremblay-en-France
Théâtre la Parenthèse © Mairie de Tremblay-en-France