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À l’intérieur des remparts de la Cité des papes, les rues qui mènent à l’Atelier 44 sont couvertes d’affiches : les quelques 1 500 propositions artistiques du festival d’Avignon, in et off, se balancent le long des murs. Il est 15h30, les trois danseuses modern’ jazz d’Anj’ Compagnie sont déjà dans les loges du petit théâtre, au 44 de la rue Thiers.
Peu importe qu’on soit dimanche, elles danseront chaque jour pendant tout le mois de juillet. Nicole Cohen est professeure de danse au centre social Louise-Michel, elle y a formé Jennifer Dragin et Aurélie Metier, devenues diplômées d’Etat et enseignantes à leur tour.
Aujourd’hui, elles présentent leur première création commune : Le Lien. « Nous sommes arrivées le 3 juillet pour travailler les lumières avec le régisseur, mettre en place les affiches du spectacle, participer à la parade d’ouverture du festival avec les autres artistes. Le plus fatigant c’était le lancement. Maintenant on prend le rythme des représentations » confie Nicole.

Elles se préparent face au miroir éclairé. Sitôt la dernière touche de maquillage appliquée, elles entament leurs étirements. « Je danse pour deux autres compagnies, bien souvent ce sont des représentations ponctuelles, ou au maximum trois à quatre soirs de suite. Avignon c’est un autre rythme. C’est tous les jours... On en profite aussi pour aller voir ce que les autres font. C’est toujours enrichissant de découvrir d’autres approches » se réjouit Jennifer.
Autre parcours pour Aurélie, mais même plaisir. « Je ne suis pas habituée à la scène. C’est la première fois que je danse pour moi. J’ai commencé à enseigner à l’âge de vingt ans. Je suis vraiment contente de me réaliser » explique-t-elle en appliquant de la crème sur sa cheville en prévention d’une tendinite qu’elle ne laissera pas gâcher ce moment.
Dehors, la fille de Nicole et une de ses élèves, de passage à Avignon, diffusent des tracts du spectacle. Un petit groupe se forme, venu découvrir Le Lien. Il est 16h28, les portes s’ouvrent au public, les danseuses sont en coulisses.

Musique, lumière, elles font leur entrée et sortiront de scène en sueur. Le sourire aux lèvres elles récoltent les impressions des spectateurs, gagnés par leur énergie et par ce quelque chose qui les unit depuis près de vingt. Un lien qui ne s’explique pas… Il se danse : le modern’ jazz.